Hunter Biden, un fiston sous les feux des projecteurs

Hunter Biden, à droite sur la photo. ©© Cristiano Minichiello / AGF/Cr

Le candidat démocrate aux prochaines primaires présidentielles américaines, Joe Biden, a-t-il fait pression sur l’Ukraine pour protéger son fils Hunter, comme l’affirme le camp Trump? Et Hunter Biden a-t-il vraiment quelque chose à se reprocher?

"J’ai une faveur à vous demander (…) On parle beaucoup du fils de Biden, du fait que Biden ait fait arrêter l’enquête (en Ukraine, NDLR) et beaucoup de gens cherchent à en savoir plus. Donc si vous pouvez faire quelque chose avec le ministre de la Justice (américain), ça serait formidable." Ces quelques mots de Donald Trump au président ukrainien Volodymyr Zelensky, révélés mercredi dans le memo d’un appel entre les deux hommes daté du 25 juillet, prouvent bien que le Président américain a demandé l’aide d’un dirigeant étranger pour enquêter sur son rival politique.

Le profil
  • 4 février 1970: Naissance dans le Delaware
  • 18 décembre 1972: Sa mère et sa sœur décèdent suite à un accident de voiture
  • 1996: Diplômé en droit à l’université de Yale
  • Avril 2014: Entre au conseil d’administration de Burisma, plus grand producteur privé de gaz naturel en Ukraine
  • Printemps 2019: Termine sa collaboration avec Burisma

De quoi conforter les démocrates dans leur décision de lancer une enquête pour impeachment. Mais ces paroles rapportées suscitent aussi des interrogations: de quelle enquête Donald Trump parle-t-il? En avril 2014, alors que Joe Biden était vice-président et désigné comme point de contact avec l’Ukraine par Barack Obama, son deuxième fils Hunter a accepté de siéger au conseil d’administration de l’entreprise gazière ukrainienne, Burisma. Il était pour cela rémunéré jusqu’à 50.000 dollars tandis qu’il n’avait aucune expérience en Ukraine. Il avait travaillé auparavant pour une entreprise de cartes de crédit, au département du commerce ou encore comme lobbyiste pour des universités ou des entreprises. À l’époque, la question d’un possible conflit d’intérêt a été soulevée publiquement mais l’administration Obama a balayé le problème, arguant que Hunter Biden était un citoyen privé.

Aucune preuve

Autre problème: le fondateur de Burisma, Mykola Zlochevsky, un allié politique de l’ex-président ukrainien pro-russe Viktor Yanukovych, faisait l’objet d’une enquête du procureur général ukrainien Viktor Shokin pour corruption. Joe Biden est-il intervenu pour faire arrêter cette enquête afin de protéger son fils, comme le sous-entendent Donald Trump et son avocat personnel Rudy Giuliani?

Pas du tout, selon le principal intéressé. D’abord, il n’y a aucune preuve que son fils ait été personnellement visé par cette enquête ni qu’il ait fait quoi que ce soit de répréhensible. Ensuite, l’enquête contre Burisma était dormante lorsque Viktor Shokin était en poste. Et, selon le New York Times, Joe Biden n’a rien fait pour empêcher d’autres efforts de la justice à l’encontre de Mykola Zlochevsky.

Conflit d’intérêt

Au contraire, si l’ancien vice-Président a bien fait pression, en mars 2016, pour limoger le procureur Viktor Shokin, c’est parce que ce dernier n’était justement pas assez efficace contre la corruption. Un avis partagé à l’époque par le FMI et plusieurs pays européens. Joe Biden a lui-même raconté l’anecdote l’année dernière dans un think tank à Washington: "J’ai dit: ‘Vous ne toucherez pas (les 1 milliard de dollars d’aide américaine). Je pars dans six heures. Si le procureur n’est pas viré, vous n’aurez pas l’argent’." Le remplaçant du procureur, Yuriy Lutsenko, a bouclé l’enquête contre Burisma au bout de dix mois, ce qui est soulevé aujourd’hui par le camp Trump.

Reste le problème du conflit d’intérêt. Samedi, Joe Biden a assuré ne jamais parler avec son fils de son business à l’étranger. Hunter Biden a pourtant démissionné de son poste chez Burisma au printemps dernier, reconnaissant qu’il était difficilement compatible avec la campagne présidentielle de 2020...

 

In love with la veuve
Après la mort de son frère Beau, emporté par un cancer, Hunter Biden a lié une relation amoureuse pendant trois ans avec la veuve de ce dernier.

Cocaïne story
En février 2014, Hunter Biden, réserviste de la Navy, est remercié après un test positif à la cocaïne. Il affirme qu’il a ingéré la drogue involontairement.

 

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