Ilham Kadri, une touche féminine pour Solvay

©Solvay

En choisissant Ilham Kadri pour succéder à Jean-Pierre Clamadieu au poste de CEO, le conseil d’administration de Solvay a opté pour une femme aux racines africaines et dotée d’un solide bagage scientifique et industriel.

Après Aloïs Michielsen et Christian Jourquin, premiers non-membres de la famille Solvay à diriger le groupe, le conseil d’administration avait tourné en 2011 ses regards hors de nos frontières. Le Français Jean-Pierre Clamadieu avait alors été appelé à tenir les rênes du chimiste belge.

Le profil
  • 1969: Ilham Kadri naît au Maroc
  • Mariée et mère d’un enfant
  • 1997: docteur en physico-chimie macromoléculaire
  • 2002: responsable produits et marketing chez UCB en Belgique
  • 2009: travaille pour Dow Chemical (division Matériaux avancés)
  • 2013: vice-présidente de Sealed Air Corporation et présidente de Diversey Care
  • 2017: présidente de Diversey, rachetée par Bain Capital
  • 1er janvier 2019: intègre le comité exécutif de Solvay
  • 1er mars 2019: CEO de Solvay

Cette fois, les administrateurs ont été un cran plus loin. Leur choix, qu’à vrai dire personne n’attendait, s’est en effet porté sur Ilham Kadri, une Franco-Marocaine de 49 ans qui préside depuis 2013 aux destinées de la société américaine Diversey, spécialisée dans les technologies et services pour l’hygiène.

Les différents scénarios échafaudés depuis l’annonce du départ de Jean-Pierre Clamadieu, en février dernier, ont donc été battus en brèche. Tout juste le conseil d’administration préserve-t-il l’axe belgo-français en se tournant vers Ilham Kadri. Et encore: née à Casablanca et multi-diplômée scientifique, cette quadrilingue (arabe, français, anglais, espagnol) qui vit actuellement en Caroline du Nord est dotée d’un pedigree professionnel essentiellement anglo-saxon.

Scolarisée au Maroc, Ilham Kadri effectue ses études universitaires en physique et en chimie à l’université Lyon 1, à l’École d’application des hauts polymères de Strasbourg et à l’Université Laval, au Québec. Avant de décrocher un doctorat en physico-chimie macromoléculaire à l’université Louis Pasteur de Strasbourg.

Déjà passée en Belgique

Pour la petite histoire, c’est en Belgique qu’Ilham Kadri débute sa carrière professionnelle. Elle y travaille en 1997 chez Shell, où elle participe à la mise au point d’un bouchon de flacon en mousse thermoplastique permettant d’éviter la propagation de champignons et de bactéries.

On retrouve une autre trace d’elle chez nous en 2002 chez UCB, où elle co-gère la création de la division des processus d’innovation, avant de rallier la société américaine Cytec au moment de sa revente par UCB. Pour la petite histoire, on rappellera que cette société a depuis lors été rachetée par… Solvay.

Sa carrière se poursuit aux Etats-Unis. En 2007, Ilham Kadri assume la direction marketing de la division peinture et construction de la société Rohm and Haas, rachetée deux ans plus tard par Dow Chemical. La Franco-Marocaine prend alors la direction du département Moyen-Orient/Afrique de la division Matériaux avancés. Elle s’y fait un nom en développant un projet de construction de la première usine de dessalement d’eau de mer, par osmose inverse, en Arabie Saoudite.

En 2013, Ilham Kadri retourne aux Etats-Unis où elle rejoint Sealed Air, la maison-mère de Diversey, qu’elle replace sur les rails de la croissance. Elle orchestre la scission de Diversey et l’acquisition de cette filiale par le fonds d’investissement Bain Capital en 2017.

Le 1er janvier prochain, Ilham Kadri posera un nouveau jalon de sa carrière en intégrant le groupe Solvay. Deux mois plus tard, elle prendra effectivement son poste après une période de transition cornaquée par Jean-Pierre Clamadieu.

Chez Solvay, on est persuadé d’avoir effectué la bonne pioche. "Elle est passionnée par la science et l’innovation, ce qui est vraiment au cœur de l’ADN de notre histoire et de notre groupe aujourd’hui", affirme le président du groupe, Nicolas Boël.

La cause des femmes

Ilham Kadri s’est toujours impliquée dans la lutte contre l’illettrisme féminin et pour la promotion du leadership des femmes dans les domaines scientifique et des affaires au Moyen Orient, en Arabie saoudite et en Afrique. Elle dépeint l’éducation qu’elle a reçue comme sa "3e issue". Une réponse à l’appel de sa grand-mère marocaine, qui lui conseillait de donner à sa vie une autre issue que les deux seules auxquelles sont prédestinées les femmes: la maison de leur mari et la tombe…

 

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