Ismaël Emelien, l'homme qui conseille et exécute

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Le Monde dit de lui que c’est l’un des "trois hommes qui dirigent la France". On le retrouve aujourd’hui au générique de l’affaire Benalla.

Jour après jour le film de l’affaire Benalla déroule son lancinant générique. Ce jeudi, le rôle principal a été attribué à Ismaël Emelien. Un jeune homme de 31 ans qui ne déteste rien tant que le feu des projecteurs. C’est raté.

Le profil
  • 1987: Naissance à Grenoble
  • 2010: Diplômé de Sciences Po
  • 2013: Directeur conseil de l’agence Havas
  • 2014: Rejoint le cabinet d’Emmanuel Macron (ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique)
  • 2016: Quitte le ministère et rejoint En Marche!
  • 2017: Participe à la campagne présidentielle avant d’intégrer l’Élysée comme conseiller spécial

Le palais de l’Élysée a confirmé ce jeudi des informations diffusées par l’antenne de BFM selon lesquelles il a été l’un des récipiendaires des vidéos de surveillance montrant Alexandre Benalla – chargé de mission à l’Élysée au moment des faits – malmenant violemment un jeune homme le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris. Toucher de près ou de loin à cette affaire qui empoisonne la vie politique française revient à dire adieu à son anonymat.

De surcroît, selon un désormais célèbre article 40, toute autorité constituée se doit de signaler à l’autorité judiciaire des faits délictueux dont elle a eu connaissance. Ce qu’il n’a pas fait, comme beaucoup d’autres. C’est ainsi que depuis ce jeudi, et puisque qu’il pourrait être entendu par la commission d’enquête parlementaire ou même accusé de recel, Ismaël Emelien suscite une certaine curiosité.

Havas comme premier tremplin

Dans une édition du Monde datée d’août 2017, il était considéré comme faisant partie du trio qui allait diriger la France avec le président fraîchement élu et Alexis Kohler, le secrétaire général du palais. Une consécration pour ce jeune homme né à Grenoble en 1987 et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. Dès 2006, il prend sa carte du PS afin de soutenir Dominique Strauss-Kahn, sur lequel il mise. Il poursuit ensuite ses études au Caire et s’installe quelque temps en Syrie afin de diriger la succursale d’une entreprise fondée par son père. Il passe ensuite par Havas, un groupe de communication bien connu pour ses accointances avec l’univers politique. C’est d’ailleurs à partir de ce tremplin qu’il rejoint le cabinet du ministre Emmanuel Macron. Il aura là l’occasion de se lier davantage avec le futur président en rejoignant dans la foulée l’équipe du mouvement En Marche! Et c’est tout naturellement, si l’on peut dire, qu’il intègre par la suite l’Élysée au titre de conseiller spécial du Président, un chef qui se méfie des administrations, préférant les circuits courts au service d’une autorité verticale.

À son actif, c’est lui qui a conçu le fameux "make our planet great again", une punchline à succès qu’Emmanuel Macron lancera en réplique à un président américain, chantre déclaré de l’Amérique d’abord ("make America great again"). Il est la plume accessoire du nouveau président, l’un de ses premiers conseils sinon le premier, mais, tempère-t-il: "Je propose, il décide, j’exécute."

Selon RTL, il est réputé aimer tout à la fois la méditation, la boxe et le Gin Tonic, trois éléments bien différents si ce n’est la détente ou le défoulement comme dénominateur commun. On le dit aussi sans pitié, mais à ce niveau de pouvoir, être charitable reviendrait à vouloir atteindre l’Everest en tongs et sans oxygène. Il lui manque encore l’expérience qui lui aurait donné le réflexe de ne pas se saisir des bandes vidéo sacrilèges. Gageons que ça viendra vite. Son allure de gendre idéal peine à masquer le fonceur.

Vade retro vidéo

Dans son édition datée de ce vendredi, Le Monde offre pas moins de deux pages à Alexandre Benalla, l’homme par qui le scandale est arrivé. Selon lui, les vidéos il ne les a "pas demandées". C’est "quelqu’un" de la préfecture de police qui l’a appelé le soir-même et les lui a fait livrer dans un restaurant où il dînait. "Je n'ai pas le sentiment d'avoir trahi le président de la République, j'ai le sentiment d'avoir fait une grosse bêtise. Et d'avoir commis une faute. Mais cette faute, elle est plus d'un point de vue politique: je n'aurais jamais dû aller sur cette manifestation en tant qu'observateur, puis j'aurais peut-être dû rester en retrait", affirme-t-il au sujet des faits de violence envers un manifestant le 1er mai pour lesquels il est inculpé.

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