Jacques Crahay, un patron des patrons protéiné

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L’administrateur délégué de Cosucra succédera en septembre à Yves Prete à la présidence de l’Union wallonne des Entreprises. Jacques Crahay entend placer l’humain au centre de l’économie.

Capitaine d’industrie familiarisé avec les organisations sectorielles, Jacques Crahay s’apprête à présider aux destinées du monde entrepreneurial wallon. Le conseil d’administration de l’Union wallonne des entreprises (UWE) vient en effet de le désigner président. En septembre prochain, il endossera officiellement le titre de patron des patrons wallons, succédant ainsi à Yves Prete qui achève un mandat de trois ans.

Le profil
  • Âgé de 61 ans, Jacques Crahay est ingénieur civil (UCL) de formation
  • De 1984 à 1986, il est chercheur en biologie moléculaire pour Petrofina
  • 86-88: recherche sur les protéines de pois aux Facultés agronomiques de Gembloux
  • 2001: administrateur délégué de Cosucra Groupe Warcoing
  • 2006-2010: président de Fevia Wallonie
  • 2006: président de Wagralim, le Pôle de compétitivité agroalimentaire wallon
  • Septembre 2018: président de l’UWE

Par courtoisie à l’égard de l’actuel président, Jacques Crahay s’abstient de toute déclaration d’intention pour son futur mandat. Mais celui qui incarne la cinquième génération des Crahay à la tête de la sucrerie familiale reconvertie dans les protéines végétales ne cache pas sa volonté de remettre l’humain au centre des préoccupations. "L’économie est une source de prospérité et de bien-être, mais dans l’activité économique, c’est l’humain qui doit guider notre action", souligne-t-il.

Un groupe plus agile

Chez Cosucra, Jacques Crahay s’efforce depuis trois ans de transposer cette philosophie dans l’organisation interne, en stimulant la prise de décision à tous les échelons. "L’idée, c’est d’utiliser la motivation personnelle des collaborateurs pour trouver une meilleure manière d’utiliser leurs compétences et favoriser une prise de décision plus collective. C’est un défi considérable parce que cela induit un changement culturel fondamental", explique Jacques Crahay.

Le but premier, c’est de rendre plus agile encore un groupe qui s’est pourtant déjà ajusté par deux fois aux aléas du marché.

Les créateurs de la petite sucrerie de Warcoing, entre Tournai et Mouscron, ne reconnaîtraient d’ailleurs plus la petite entreprise qu’ils ont lancée en… 1852. Le groupe Cosucra-Groupe Warcoing a manqué disparaître quand l’Europe a sabré dans les quotas sucriers. Mais il s’est relancé avec un succès qui a dépassé toutes ses espérances… en abandonnant complètement la filière "sucre".

Une première diversification dans le sirop de fructose fabriqué au départ de chicorée, durant les années 80, a été suivie dans les années 90 d’une réorientation au départ de la graine de pois, dont Cosucra récupère l’amidon et les protéines.

Aujourd’hui, la famille Crahay est à la tête d’un groupe qui emploie quelque 300 salariés et pèse 90 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et qui s’érige en leader mondial de la protéine végétale, substitut de plus en plus prisé des protéines de viande.

"Il y a de plus en plus de substituts de viande dans les grands magasins. Nous nous inscrivons dans cette tendance lourde du marché de l’alimentation, en particulier aux Etats-Unis", dit Jacques Crahay.

"Nous restons en Europe"

Le succès de Cosucra en Amérique du Nord, dopé notamment par l’essor des substituts végétaux à la viande, a poussé ses dirigeants à plancher sur une implantation aux Etats-Unis ou au Canada. Mais les coûts d’investissement, nettement plus élevés qu’en Europe, les ont incités à renoncer. Quitte à devoir face aux aléas des fluctuations de change du dollar.

Une usine rénovée

Cosucra aura parachevé début juin la deuxième partie de la rénovation de son usine entamée en 2013. Au total, elle aura consenti un investissement de 35 millions d’euros. La première tranche de 15 millions a été finalisée en juin 2015.

 

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