James Pallotta, l'artisan euphorique d'une Roma qui crie victoire

©Anadolu Agency

L’histoire d’amour entre le club romain et son président se consolide après le triomphe contre le Barça.

James Pallotta a conservé les meilleures qualités de l’enfance.

Fraîchement arrivé de Boston pour assister à l’incroyable victoire de son club, l’A.S. Roma, contre Barcelone, en quarts de finale de la Ligue des champions, il a affiché une joie débridée. Ainsi, juste après minuit, le dirigeant sportif américain s’est jeté dans une fontaine de la célèbre Piazza del Popolo, dans la capitale italienne, acclamé par une foule de tifosi en délire.

Un geste interdit et puni par une amende de 500 euros. Mais Pallotta a su se faire immédiatement pardonner. Avec un air bon enfant, il s’est rendu au Capitole pour remercier la maire de l’amende et promettre 230.000 euros pour la restauration d’une autre fontaine, celle devant le Panthéon.

Romain d’adoption

Rien ne pourrait, en effet, ternir aujourd’hui l’histoire d’amour entre ce milliardaire, fils d’émigrés italiens, et sa nouvelle ville d’adoption. "Aimez cette ville comme je l’aime", a-t-il lancé juste après la victoire contre le Barça.

CV express
  • James Pallotta est né en 1958, à Stoneham, de parents italiens émigrés aux États-Unis.
  • En 1981, il obtient un MBA auprès de la prestigieuse Northeastern University de Boston.
  • En 1993, il est chargé d’ouvrir les bureaux de la société Tudor Investments, à Boston.
  • En 2002, il devient un associé minoritaire de la Boston Basketball Partners, la société propriétaire des Boston Celtics.
  • En 2008, grâce aussi à l’élan donné par sa co-présidence, les Boston Celtics remportent le titre NBA.
  • En 2011, il devient, avec un groupe d’investisseurs américains, l’actionnaire majoritaire du Club A.S. Roma.
  • Le 27 août 2012, il est nommé Président de la Roma.
  • En avril 2018, son club remporte une exceptionnelle victoire contre le Barça en quarts de finale de la Ligue des champions.

Au cours de sa présidence, commencée en 2012, la Roma est entrée dans le cercle des clubs de football les plus riches du monde (485 millions d’euros), grimpant à la 17e place du dernier classement établi par Forbes.

Or, ce passionné de basket est arrivé dans le secteur du football avec l’ignorance et l’enthousiasme des néophytes. En 2011, il devient, avec trois autres entrepreneurs américains, tous fils d’émigrés italiens ou irlandais, l’actionnaire majoritaire du club historique de Rome.

Gestion du risque

Du secteur du football, Pallotta aime précisément les zones grises et les aléas. Le financier et philanthrope né en 1958 à Stoneham, une petite ville du Massachussetts, a, en effet, bâti sa fortune sur la gestion du risque. En 2004, alors que les marchés surfaient sur la vague de l’énième bulle financière, Pallotta gérait déjà avec succès un fonds d’investissement au nom symbolique: le Raptor Global. Cette société garantissait alors à ses épargnants un retour sur investissement de l’ordre de 20%.

Audacieux, hyperactif et imprévisible, Pallotta est, avant tout, un entrepreneur au sens des affaires aiguisé par l’expérience. Le mariage avec l’A.S. Roma ne représente donc pas seulement le retour aux sources d’un Italien né de l’autre côté de l’Atlantique mais aussi et surtout une excellente opportunité économique et commerciale.

Un travail acharné, de courageuses stratégies de marketing, de nouvelles sponsorisations, et des accords commerciaux de taille ont ponctué ses premières heureuses années de présidence.

La citadelle

"L’A.S. Roma deviendra une grande marque du sport à l’échelle mondiale. Et pour accélérer cet élan, il nous faut un nouveau stade qui augmente nos ressources et nos revenus", avait-il expliqué à la presse, avec l’optimisme qui l’anime toujours, en 2012.

Son objectif ultime reste, en effet, la construction d’un grand stade romain, une véritable "citadelle" du sport, comprenant magasins, hôtels, centres de congrès. Un investissement grandiose qui bénéficiera d’au moins 800 millions d’euros d’investissements étrangers et qui viendra certainement confirmer son statut d’enfant chéri de la ville éternelle.

Lire également

Contenu sponsorisé

Partner content