Jan Craps, le pilote de la plus grosse IPO de 2019

La filiale Asie-Pacifique du brasseur AB InBev est dirigée par un ingénieur commercial belge: le seul de nos compatriotes à siéger dans l’équipe de Carlos Brito.

C’est un Belge qui est aux commandes de Budweiser Brewing Company Apac, la société qui concentre les activités d’AB InBev en Asie et dans le Pacifique: Jan Craps est depuis l’an dernier le directeur de cette région qui constitue une des six "zones" dans lesquelles le premier brasseur mondial a réparti ses affaires. Il est donc le CEO de l’entreprise en train de réaliser la plus grosse introduction en Bourse de l’année. Les actions de sa filiale Budweiser Apac qu’AB InBev propose au marché seront émises dans le bas de la fourchette de prix de 40 à 47 dollars de Hong Kong (5,13-6,02 dollars US), a-t-on appris ce jeudi, ce qui lui permettra de lever entre 8,3 et 9,8 milliards de dollars US au total. De quoi réduire le poids de son endettement, égal à 102 milliards de dollars suite au rachat de SABMiller à l’automne 2016. Bref, Jan Craps risque de concentrer, ces prochaines semaines, une partie de l’attention des marchés financiers mondiaux, même si la culture maison chez AB InBev n’encourage pas ses dirigeants à jouer les vedettes.

Le profil
  • 42 ans, marié, deux enfants.
  • Diplôme d’ingénieur commercial (KU Brussel et KU Leuven), complété par un passage à l’Insead en France et à la Wharton School aux Etats-Unis.
  • A entamé sa carrière chez McKinsey en 2000.
  • Au service d’AB InBev depuis 2002.
  • Directeur d’InBev Canada en 2014.
  • Directeur de la Zone Asie-Pacifique Sud en 2016
  • Directeur de la Zone Asie-Pacifique depuis fin 2018, rebaptisée Budweiser Apac, dont il est CEO.

Né à Asse, dans le Brabant flamand, il y a 42 ans, Jan Craps a suivi une trajectoire à la progression linéaire. Après des études d’ingénieur commercial, il a fait ses premières armes au sein d’un des "Big 5" du conseil, le bureau McKinsey. Deux ans plus tard, en 2002, il est entré au service d’AB InBev (Interbrew à l’époque). Il y a additionné diverses fonctions dans le marketing et les ventes, en Belgique et en France, avant de faire le grand saut à l’international en partant pour le Canada en 2011. D’abord responsable des ventes dans la région de Québec, il a rapidement monté en grade, devenant quelques mois plus tard directeur des ventes pour le pays entier. Puis, en 2014, directeur d’InBev Canada. À 34 ans, il s’est retrouvé à la tête d’un staff de 3.000 personnes.

Cap sur le Vietnam et les Philippines?

Il n’a manifestement pas démérité à ce poste, puisque deux ans plus tard, le brasseur belgo-brésilien devenu leader mondial l’a bombardé responsable de la zone Asie-Pacifique Sud (Chine, Australie, Corée…). Une promotion qui a été synonyme pour lui d’entrée au comité de direction du groupe, sous la conduite du CEO Carlos Brito. Celle-ci a aussi marqué le retour d’un Belge dans le saint des saints du brasseur, qui n’en comptait plus dans ses rangs depuis le départ, l’année précédente, de Jo Van Biesbroeck sous d’autres cieux (le Sporting d’Anderlecht). Deux ans plus tard, Jan Craps a résisté au remaniement de la direction opéré par le groupe, qui a réduit le nombre de ses zones de neuf à six: il a hérité de la charge de la nouvelle zone Asie-Pacifique. Celle-là même qui, sous l’identité de "Budweiser Apac", exerce actuellement son capital séduction auprès des investisseurs afin qu’ils souscrivent une part de ses actions.

La première cotation à la Bourse de Hong Kong est prévue pour le 19 du mois. Le CEO belge se veut ambitieux: il lorgne plusieurs marchés d’Asie où le brasseur peut faire beaucoup mieux, et qui s’avèrent très prometteurs. Comme les Philippines ou le Vietnam, glisse Jarred Neubronner, analyste pour le bureau Euromonitor: ces deux pays enregistreront sans doute les plus fortes croissances d’ici 2023. Or AB InBev n’y figure pas dans le top 10 local…

Ses ambitions en Asie

"Il y a encore plusieurs marchés où nous ne sommes pas numéro un ou deux, surtout si on regarde vers le Japon et l’Asie du sud-est. Il y a de nombreux marchés très intéressants où nous pensons pouvoir collaborer avec les brasseurs régionaux afin de donner davantage de choix aux consommateurs."

Le dernier des Belges

En 2016, après l’absorption de SABMiller par AB InBev, Jan Craps a fait son entrée au comité de direction du groupe belgo-brésilien pour y prendre la tête de la Zone Asie-Pacifique Sud. Il est le premier Belge à siéger à la direction du brasseur depuis le départ de Jo Van Biesbroeck en 2015. Et toujours le seul de nos nationaux aujourd’hui…

Son implication

"Pourquoi je suis encore toujours dans le coup chez AB InBev? C’est une entreprise ambitieuse, qui a grandi au départ de la Belgique. Et elle a de bonnes marques de bière  la bière réunit les gens." (déclaration de Jan Craps au magazine Tendances après sa nomination en 2016).

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