Jean-Paul Agon, le patron serein

Depuis hier, L’Oréal et Nestlé ont officiellement mis fin à leur pacte d’actionnaires. Le deuxième plus gros actionnaire de L’Oréal est donc totalement libre de ses mouvements. Une situation qui n’inquiète visiblement peu Jean-Paul Agon, le PDG de la marque de cosmétique.

C’est une union qui faisait date. Depuis presque un demi-siècle, Nestlé et L’Oréal avaient mis en place un pacte d’actionnariat. Avec une participation contrôlée du groupe suisse dans son capital, L’Oréal se protégeait ainsi d’un éventuel rachat hostile. Mais, six mois après la mort de Liliane Bettencourt, propriétaire du géant des cosmétiques, l’accord n’est plus.

Nestlé peut donc d’agir comme bon lui semble, et pourquoi pas, revendre sa participation de 23.17%. Si une telle vente est peu probable actuellement, la situation crisperait probablement plus d’un chef d’entreprise. Jean-Paul Agon, le PDG de L’Oréal semble, lui, prendre la nouvelle avec une certaine sérénité. "Le 21 mars, il ne se passera sans doute rien", expliquait-il d’ailleurs il y a quelques semaines à l’hebdomadaire français Challenges. Le patron assure que son groupe serait de toute façon en mesure de racheter les actions du groupe helvétique, si celui-ci venait à vendre (il détient pour 1,8 milliard d’euros en trésorerie).

Le profil
  • Naissance en 1956, d’une mère architecte et d’un père actif dans le secteur pharmaceutique.
  • En 1978, Jean-Paul Agon est diplômé d’HEC et est repéré par la firme de cosmétique qui l’engage directement à 22 ans.
  • A 25 ans, il est appelé pour prendre la direction des produits pour le grand public de la filiale grecque.
  • En 2006, Jean-Paul Agon devient le Directeur général de L’Oréal.
  • Depuis sept ans, il est désormais Président-Directeur général de la marque française.

Expert en situations critiques

Si le PDG affiche une telle assurance, c’est probablement parce que des situations stressantes, il en a connu d’autres dans sa carrière. Produit 100% maison de la maison L’Oréal, Jean-Paul Agon a fait l’entièreté de sa carrière pour le groupe. Repéré dès la fin de ses études, il a occupé des postes à responsabilités partout dans le monde.

L’occasion pour lui de se spécialiser dans la gestion de situations délicates. Il prend ainsi ses premières responsabilités à seulement 25 ans. Il est alors envoyé à la tête de la filiale grecque, qui vit des jours compliqués. Cinq personnes refusent le poste avant lui. Pas de quoi effrayer le jeune homme qui parviendra à redresser la barre en quatre années seulement.

©Bloomberg

Jean-Paul Agon prend ensuite la direction de l’Asie en 1997, alors en pleine crise économique. Il sera ensuite muté en 2001, de l’autre côte du Pacifique, pour prendre cette fois la tête de L’Oréal USA. Trois jours après sa nomination, deux avions viennent s’écraser dans les tours du World Trade Center.

Soutien du gouvernement

Une sérénité qui s’explique aussi par l’allier de poids. Jean-Paul Agon peut en effet compter sur le soutien de son gouvernement, qui verrait d’un mauvais œil une OPA sur son fleuron. "La présence d’un géant mondial comme L’Oréal, sa détention par des capitaux français, le fait que son siège, sa culture puissent être français, sont des éléments qui comptent", expliquait récemment Édouard Philippe. Un ancrage français que le Premier ministre n’est pas le seul à revendiquer. "On ne peut pas être non français, L’Oréal est patrimonial à 1.000% pour la France. Antoine Riboud (fondateur de Danone, NDLR) avait dit que Danone  était notre cathédrale de Chartres, alors L’Oréal, c’est Notre-Dame de Paris!", lançait Jean Paul Agon en février dernier.

Engagement

En 2011, il est l’un des 16 grands patrons signataires d’une tribune en faveur d’une "contribution exceptionnelle" des Français les plus favorisés. Il s’opposera néanmoins à la taxe de 75% sur les revenus de plus d’un million d’euros. "Si une telle taxe est mise en place, ce sera très, très difficile d’attirer les talents en France", expliquait-il.

Décoré par le président

Le PDG à la tête de L’Oréal depuis 2011 a été décoré au titre d’Officier National de la Légion d’Honneur en février 2016. Une décoration remise par le Ministre de l’Économie de l’époque, un certain Emmanuel Macron.

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