Jean-Paul Prieels, l'ange gardien des biotechs

Ancien vice-président de la recherche chez GSK, Jean-Paul Prieels fait son entrée dans le conseil d’administration d’Asit Biotech. À 73 ans, il prépare aussi le lancement d’un nouveau fonds d’investissement pour les spin-offs.

Un renfort appréciable pour Asit biotech: la société spécialisée dans le traitement des allergies par immunothérapie a annoncé que Jean-Paul Prieels, ancien vice-président de la recherche chez GSK, avait été nommé administrateur indépendant de l’entreprise. Moins connu du grand public que son ancien patron Jean Stéphenne, Jean-Paul Prieels est pourtant lui aussi un acteur incontournable de la scène biotech belge et même internationale depuis son départ de l’entreprise pharmaceutique britannique en 2011. On trouve en effet son nom dans huit sociétés biotechs belges et européennes, dont Bone Therapeutics, Ncardia ou PDC*line pharma, que ce soit au conseil d’administration ou comme conseiller scientifique. Mais son impressionnant curriculum vitae fait aussi état de son passage, notamment, chez Promethera, MaSTherCell, Leukocare ou Euroscreen (Ogeda).

Le profil
  • 1975: PhD en biochimie à l’ULB.
  • 1983: Après avoir fait de la recherche à l’ULB, il débute sa carrière dans l’industrie chez Petrofina en tant que biotechnology manager.
  • 1987: Il rejoint GlaxoSmithKline Biologicals où il termine senior vice-président de la recherche.
  • 2011: Quitte GSK et devien cofondateur et premier CEO de MaStherCell.
  • 2015: Entre au sein de Bone Therapeutics, NCardia, Leukocare, Nouscom, Themis...

"Ma vision et mon ambition, c’est d’aider les gens et les projets qui me semblent intéressants, en leur apportant ma connaissance dans le domaine de la biotech et en les faisant profiter de mon réseau", avoue cet hyperactif de 73 ans. "C’est du coaching. J’ai fait aussi de la consultance, mais je n’aime le faire qu’avec des gens que j’apprécie et pour des projets que j’aime bien. Je ne le fais pas pour gagner ma vie, je n’ai pas vraiment besoin de cela. Enfin, j’ai aussi un peu investi, mais à mon échelle. Je ne fais pas partie des riches familles belges."

Lever le pied

GSK ayant un peu travaillé sur les allergies avant d’abandonner ce segment, Jean-Paul Prieels connaissait Asit Biotech avant d’être approché par le nouveau CEO, Michel Baijot.

"Quand il est arrivé, il m’a d’abord demandé de devenir advisor. J’ai reçu les documents scientifiques et participé aux discussions. J’ai trouvé que le scientifique britannique qui a étudié le mécanisme d’action était quelqu’un qui savait ce qu’il faisait. J’ai été conquis par leur approche scientifique. Si je peux les aider, c’est volontiers. C’est un projet qui va sans doute demander beaucoup de travail au niveau réglementaire et pour la mise sur le marché. Mais je suis assez confiant dans la façon dont le design clinique a été élaboré. Ils sont dans de bonnes conditions pour réussir ce qu’ils n’avaient pas réussi avant."

Cofondateur de MaSTherCell

Jean-Paul Prieels a été en 2011 cofondateur et premier CEO de MaStherCell."Cela a été ma première aventure après GSK", se souvient-il. Pour rappel, MaSTherCell, qui appartient au groupe Orgenesis, est l’une des plus belles réussites de la biotech wallonneen termes d’emplois.

Conseiller à la SFPI

Jean-Paul Prieels est conseiller à la SFPI (Société fédérale de participations et d’investissement). Dans ce cadre, il réalise des "due diligence" (vérification préalable), la SFPI lui demandant parfois de siéger au conseil de certaines sociétés participées.Cela a été le cas pour Bone Therapeutics ou Ncardia.

Paradoxalement, malgré ce nouveau mandat, Jean-Paul Prieels indique qu’il essaie quand même de lever le pied au niveau charge de travail. "J’essaie de me désengager progressivement" poursuit-il. "Mais si j’ai le désir personnels de réduire mes activités, j’ai aussi le désir scientifique de comprendre et d’améliorer mes connaissances".

D’autant qu’à ses yeux, la science et la recherche, ce n’est pas vraiment du boulot: "J’ai eu le bonheur ou la chance d’avoir toujours pu faire ce que je voulais dans ma vie active: de la recherche et du développement à l’université de Bruxelles, quelques postdocs, puis de la recherche chez Petrofina et ensuite chez GSK. On n’a pas l’impression de travailler."

En réalité, l’homme n’a pas trop l’intention de se ranger. Entre deux explications, il avoue travailler très activement à la création d’un nouveau fonds d’investissement de 75 à 90 millions d’euros, destiné aux spin-offs en phase initiale dans le secteur de la biotechnologie. Il s’est pour cela associé à deux anciens acolytes de chez GSK, Vincent Brichard et Jean Smal, et à un ancien manager du fonds Novartis, Markus Goebel.

Il existe certes déjà en Belgique et en Wallonie des fonds d’investissement "early stage", reconnaît Jean-Paul Prieels. "Mais la différence fondamentale, c’est qu’il sera basé sur la grande expérience de ses quatre créateurs, souligne-t-il. En Belgique, la majorité des boards en biotech sont composés d’investisseurs financiers. Ce qui nous a amenés à nous lancer dans l’aventure, c’est que nous étions tous les trois contactés régulièrement par des sociétés pour des problèmes qui auraient pu être facilement anticipés. On jouait les pompiers de service. Si on gérait cela autrement, on pourrait arriver à faire les choses beaucoup mieux. Et donc à sortir les sociétés en phase initiale plus rapidement. On s’occupera d’un maximum de dix entreprises pour lesquelles on fera du coaching; on comblera éventuellement les trous de certaines fonctions, on fera un design convenable et on fixera les bons objectifs. Bref, on rendra la mariée la plus belle possible pour que les investisseurs et les sociétés pharmas voient que le travail a été bien fait."

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