Jean-Pierre Mustier, l'homme qui veut créer un colosse bancaire

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Le Financial Times affirme que le patron d’UniCredit, le Français Jean-Pierre Mustier veut rapprocher sa banque de la Société Générale. L’ensemble créerait la troisième banque européenne hors Royaume-Uni en capitalisation boursière derrière l’Espagnole Santander et BNP Paribas.

Jean-Pierre Mustier a toujours été un homme de grands appétits. L’actuel patron de la banque italienne UniCredit est, toutefois, doté de l’habileté nécessaire pour les satisfaire tous.

Lorsqu’il arrive, au cours de l’été 2016, à la tête de l’institution financière de la péninsule, cette dernière est, selon l’Autorité bancaire européenne, l’une des moins performantes du continent. Mustier entame alors, avec une opiniâtreté cartésienne, un vaste programme de réorganisation. Une stratégie gagnante, menée sans états d’âme ou hésitations: la banque confirme cette année tous ses objectifs et enregistre son meilleur premier trimestre depuis 2007.

Cet "enfant prodige" de la finance française, âgé de 57 ans a, en effet, été appelé par UniCredit, justement en raison de son penchant pour une discipline qui a souvent été définie "militaire".

Le profil
  • Jean-Pierre Mustier est né à Chamalières, en France, en 1961.
  • En 1987, il entame sa carrière auprès de la SocGen, où il travaille jusqu’en 2009.
  • En 2011, il est nommé vice-directeur général du pôle "Banque de Financement et Investissement" de UniCredit.
  • De 2015 à 2016, il est associé de Tikehau Capital, une société de gestion d’actifs et d’investissement basée à Londres.
  • En 2016, il devient l’administrateur délégué de UniCredit.

Il procède avec une fermeté et un volontarisme sans faille, soutenu par un réseau de contacts névralgiques au sein du très compétitif univers de la finance internationale, et par la pleine admiration de ses pairs.

Aujourd’hui, dans un élan presque proustien, les appétits de Mustier le ramènent vers sa toute première jeunesse. Selon le "Financial Times", l’administrateur délégué d’UniCredit envisagerait, en effet, une fusion avec la SocGen, la banque française où Mustier, à seulement 26 ans, commence sa fulgurante carrière. Ce rapprochement, sur lequel le dirigeant travaillerait depuis longtemps, a fait l’objet de nombreuses spéculations au cours des dix dernières années.

Une opération délicate mais fortement voulue par Mustier qui a toujours souligné la nécessité de constituer des groupes financiers européens avec une taille et une capitalisation boursière à même de rivaliser avec les colosses bancaires nord-américains.

Avec cette éventuelle fusion, le dirigeant français retournerait en quelque sorte "à la maison". Diplômé de la prestigieuse École polytechnique et de l’École des mines de Paris, Mustier – qui affiche une personnalité où sang-froid et sensibilité se mélangent continuellement – apprend à la SocGen tous les secrets du métier. De 1987 à 2009, membre de son pôle "Banque de financement et d’investissement", il sillonne le monde, travaillant notamment aux États-Unis et en Asie.

Un "accident de parcours" freine son ascension et souligne une honnêteté intellectuelle et un courage considérables. En 2009, juste après le scandale lié au trou de presque cinq milliards d’euros causé par le trader de la SocGen, Jérôme Kerviel – qui travaille auprès de la division de Mustier et que ce dernier n’hésite pas à dénoncer – il remet sa démission.

Son aventure italienne commence quelques années plus tard. De 2011 à 2015, il dirige la division "Financement et investissement" d’UniCredit, avant de devenir associé de Tikehau Capital, une société de gestion d’actifs et d’investissement. Il ne s’agit là que d’une courte parenthèse puisque la banque italienne fait à nouveau appel à lui pour lui confier, en 2016, les rênes de l’institution.

Quand il fait retour au sein de UniCredit, "une moitié de la banque l’aime, l’autre moitié le déteste", révèle alors, à la presse, un ancien collègue.

Aujourd’hui, Mustier peut se vanter d’avoir gagné le respect de tous.

Des pâtes et de la mozzarella: Selon ceux qui le connaissent bien, Mustier raffole de pâtes et de mozzarella. Il ne s’est, toutefois, pas laissé aller à la douceur de vivre du "bel paese", puisqu’il travaille quinze heures par jour.

Une coupe militaire: À l’annonce de son retour à la tête de UniCredit, tous ceux voulant avancer dans la carrière se seraient empressés d’aller chez le coiffeur… convaincus que le nouveau, rigoureux patron aurait été sensible à une bonne coupe militaire.

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