Jean-Sébastien Decaux, du haut de l'affiche à la philanthropie

Patron entre autres de la filiale belgo-luxembourgeoise, le fils cadet du créateur de l’abribus quitte ses fonctions opérationnelles pour s’occuper des bonnes œuvres de la famille.

Dans la famille Decaux, je demande Jean-Sébastien. Le benjamin des trois fils de feu Jean-Claude Decaux, inventeur de l’abribus, a créé la surprise lundi. Le leader mondial de la publicité extérieure (3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaifres en 2018) a annoncé que le quadra (il aura bientôt 43 ans) allait quitter ses fonctions opérationnelles pour se consacrer aux activités philanthropiques de la famille.

Le 31 décembre, Jean-Sébastien Decaux quittera donc le directoire de JCDecaux et la direction des activités de l’afficheur en Europe du Sud (Italie, Espagne et Portugal), en Belgique, au Luxembourg, en Israël et en Afrique. Il reste cependant actionnaire de l’entreprise dont il détient près de 22% des parts à égalité avec ses frères, Jean-François, l’aîné de la fratrie, et Jean-Charles, le solde (34%) étant en Bourse. Il deviendra en outre membre du conseil de surveillance.

Dans l’ombre de la fratrie

Le profil
  • Naissance en 1976.
  • Ecole de commerce à Tucson (Arizona).
  • Entre dans le groupe familial JCDecaux à 21 ans comme commercial en Angleterre.
  • Patron de la filiale belgo-luxembourgeoise à 27 ans.
  • Actuellement directeur général Europe du Sud, Afrique, Belgique, Luxembourg et Israël. Membre du directoire.

Dix-huit ans plus jeune que son aîné, Jean-Sébastien Decaux a longtemps vécu dans l’ombre de ses deux grands frères qui pilotent l’entreprise en tandem depuis belle lurette. D’aucuns pourraient y voir une forme de rébellion de la part du cadet lassé d’attendre son tour pour accéder au sommet de la société. Il semble qu’il n’en soit rien. On dit la famille soudée et le changement de cap opéré comme étant le fruit de sa seule volonté.

Jean-Sébastien Decaux a en tout cas été formé dans le moule familial, ayant érigé en vertus cardinales le culte du travail, de la qualité et de la propreté. Après avoir raté Sciences po, il a été envoyé par son paternel se former dans une business school à Tucson, en Arizona. A son retour, alors que rien ne l’y oblige, il décide d’effectuer son service militaire.

Au bas de l’échelle

Pas comme troufion dans une caserne de province mais dans la fine fleur de l’armée française, chez les Chasseurs alpins. De quoi lui forger le caractère, de le confronter à la vraie vie et de lui permettre de connaître une première expérience de management. "C’est là que j’ai appris à rentrer dans un système, à respecter l’ordre établi", confiait-il lors de sa prise de fonction en Belgique il y a un peu plus de 15 ans.

Pour l’aguerrir Jean-Claude Decaux a en effet envoyé son plus jeune fils parcourir l’Europe. Jean-Sébastien a ainsi débuté au bas de l’échelle comme simple représentant en Angleterre dans les supermarchés Tesco. Ensuite, c’est en Italie qu’il s’est fixé pour vendre le mobilier urbain aux villes de la Botte. A 27 ans à peine il prend la direction des activités en Belgique – le premier pays où JCDecaux s’est développé hors de France, en 1967 –, fonction qu’il partage avec la direction du marché italien. C’est notamment sous son règne que seront introduits chez nous les villo, les vélos partagés.

On se souvient d’un jeune homme tiré à quatre épingles, parlant plus vite que son ombre plutôt sûr de lui, très conscient du nom qu’il porte: "Dans ma position, on est analysé, jugé, on a plus de devoirs que de droits, mais cela vous responsabilise davantage. Je considère plus cela comme une chance que comme une contrainte", expliquait-il à l’époque.

Par la suite Jean-Sébastien Decaux élargira son périmètre de responsabilités au sud de l’Europe, à Israël et à l’Afrique avant donc de changer de cap pour se consacrer aux activités sociétales de sa famille, axées sur la santé et la préservation du patrimoine. Comme d’autres grands groupes industriels français, JCDecaux s’est ainsi engagé à verser 20 millions d’euros pour la restauration de Notre-Dame-de-Paris, ravagée par les flammes au printemps dernier.

Fortune professionnelle

Selon le magazine Challenges, la fortune professionnelle de la famille Decaux atteint les 4,4 milliards d’euros. Ce qui la place à la 24e place du top 500 des Français les plus riches.

Holding belge

Les liens de Jean-Sébastien Decaux avec la Belgique ne sont pas que managériaux. Ils sont aussi patrimoniaux. Il est ainsi gérant du Holding des Dhuits, logé au siège de JCDecaux Belux à Bruxelles et affichant près de 129 millions d’euros de fonds propres à l’issue de l’exercice 2018.

Passion pour le vélo

Parmi les loisirs de Jean-Sébastien Decaux figurent la voile et, surtout le vélo. Une passion qu’il partageait avec son père lors de sorties longues de plusieurs heures le samedi matin autour de la propriété familiale près de Paris.

 

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