Jeffrey Katzenberg: le pilier d'Hollywood s'attaque à la TV

Après avoir façonné pendant 40 ans le cinéma américain en produisant de véritables monuments, le magnat s’attellera désormais à réinventer la télé avec des formats d’une dizaine de minutes calibrés pour mobile.

Deux hauts profils pour inventer le format de demain dans le monde de la vidéo, tel est le pari de Meg Whitman, ex-CEO d’eBay puis d’Hewlett-Packard, et du magnat américain du cinéma, Jeffrey Katzenberg, avec NewTV. Pour y parvenir, l’équipe a frappé à la porte des plus grands, levant en conséquence la somme d’un milliard de dollars auprès de Disney  , Fox  , NBCUniversal, Sony Pictures  , Warner Media  , Paramount Pictures, Liberty  , Goldman Sachs  , JP Morgan  , ou encore des héritiers du géant de la distribution Walmart  , signe du sérieux du projet, qui entend produire des vidéos d’une dizaine de minutes pour mobile.

Vingt-quatre ans après avoir fondé le studio DreamWorks, il s’agit là de la réalisation d’un rêve nouveau pour Jeffrey Katzenberg, loin d’en être à son coup d’essai.

Le profil
  • Né en 1950 à New York, il ne passe qu’un an sur les bancs de l’université.
  • Il commence sa carrière dans le cinéma en 1974 chez Paramount Pictures, dont il devient le président des images animées et de la TV dès 1976.
  • En 1984, il rejoint Walt Disney Studios, dont il présidera la division animation pendant 10 ans.
  • Là, il fonde DreamWorks Pictures avec Steven Spielberg et David Geffen.
  • En 2017, il lance WndrCo, un incubateur pour des projets majeurs dans les médias et technologies.

School drop-out

Né en 1950 à New York d’une mère artiste et d’un père agent de change, il étudiera un an à l’université de la ville, avant de décrocher. En cause? "La police était partie en grève, une première à New York. J’ai donc eu un déclic et pensé que je pourrais faire mieux que d’être assis sur les bancs de l’unif", expliquera l’intéressé plus tard, en juin de cette année, lors d’une conférence à Stanford. Il se tourne alors vers la politique, assistant le maire et participant à autant de meetings que faire se peut du haut de ses 19 ans – ce qui lui vaudra le sobriquet de "Squirt" ("Morveux"), imaginé par le staff de campagne du politicien.

Place ensuite à des petits boulots pendant un temps, avant une entrée, en 1974, chez Paramount Pictures, sa première incursion dans le monde du cinéma. Après avoir démarré tout en bas de l’échelle, au courrier, il gravit les échelons jusqu’à devenir, en 1976, président des images animées et de la TV, sous l’influence du big boss de l’époque, Michael Eisner.

Viré… deux fois

Viré de Disney, Jeffrey Katzenberg s'est relancé avec l'aventure Dreamworks, aux côtés de David Geffen (à droite) et Steven Spielberg ( avec l'appareil photo). ©REUTERS

Lorsque celui-ci quitte l’entreprise pour prendre la tête de Walt Disney Studios, il embarque avec lui dans ses bagages le jeune talent, qui devient alors "junior partner". En charge de la division animation, il en fait passer les revenus de 320 millions de dollars à 3,7 milliards, taillant là où bon lui semble dans les coûts. De son ère, l’on retiendra des films bien connus comme La Petite Sirène, Aladdin, La Belle et la Bête ou encore Le Roi Lion.

Longtemps réputé comme un bourreau de travail, Jeffrey Katzenberg a travaillé pour humaniser son image. ©REUTERS

L’aventure s’arrête après 10 ans, moment où il est viré suite à des passations de pouvoir en interne. Place alors à l’ère DreamWorks, du nom du studio qu’il cofonde en 1994 avec d’autres stars du secteur que sont Steven Spielberg et David Geffen, dans l’idée d’en faire un grand studio multimédia. Des différentes activités initiées (musique, jeux vidéo, séries télé), seul le cinéma restera dans les mémoires, avec des sorties comme American Beauty, Gladiateur, Shrek ou Madagascar.

Là encore, l’aventure se termine par une gentille rupture de contrat suite au rachat du studio par Comcast   en août 2016 pour 3,8 milliards d’euros.

Deux ans plus tard, l’homme tient désormais sa revanche. Reste à réaliser, car l’aventure est risquée.

Soutien démocrate

Soutien connu des Clinton, il a choisi de soutenir Barack Obama dès 2006 en organisant de nombreuses collectes de fonds. Collectes qui lui ont permis de tisser un lien informel entre Hollywood et la Maison-Blanche, se dit-il. En 2012, l’homme aurait même levé près de 15 millions d’euros lors d’un événement se tenant dans la maison de George Clooney, ce qui en ferait un quasi-record historique aux USA.

Dispo pour un lunch

Afin de se donner une image de personne accessible, le magnat marque un point d’honneur à déjeuner avec ses subalternes. À tel point qu’il est connu pour prendre plus de trois repas par jour. Pas étonnant, dès lors, que l’homme ait collaboré avec Charitybuzz, start-up entendant lever des fonds pour la bonne cause en échange d’un lunch avec une personnalité influente.

Bourreau de boulot

L’homme a longtemps été réputé pour être un bourreau de boulot, déclarant même un jour à un employé: "si vous ne venez pas au boulot samedi, ne prenez même pas la peine de venir dimanche", confiait-il en juin lors d’un conférence à Stanford. "Je le pensais à l’époque." Plus maintenant.

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