Jim Ratcliffe, le nouveau milliardaire de l'hydrogène vert

Le groupe britannique Ineos du milliardaire Jim Ratcliffe a annoncé lundi investir plus de 2 milliards d'euros dans la production d'hydrogène vert, une énergie propre clé pour décarboner le secteur industriel. Des usines sont entre autres prévues en Belgique.

Jim Ratcliffe partage plusieurs points communs avec le génie des aspirateurs James Dyson. Celui d'être anglais et multi-milliardaire. Celui d'avoir créé un géant industriel à partir de rien. Celui d'avoir fait campagne en faveur du Brexit. Et celui de s'être exilé vers un paradis fiscal au moment de la sortie britannique de l'Union européenne.

L'annonce d'un investissement de deux milliards d'euros pour plusieurs usines dédiées à la production d'hydrogène vert, en Belgique, en Norvège et en Allemagne, sur les dix prochaines années, est spectaculaire. Mais elle ne représente que la moitié de la somme que son exil à Monaco, l'an dernier, lui permet d'économiser fiscalement.

Les retombées locales restent floues, puisque son groupe, dont il possède encore les deux tiers des actions, n'a pas communiqué sur le nombre d'emplois qui pourraient être créés.

Quant aux bénéfices environnementaux de cette technologie naissante, ils sont encore minimes au regard des émissions du groupe INEOS. Celles-ci dépassent 3 millions de tonnes de CO2 annuelle en Écosse uniquement, un pays où le groupe de pétrochimie est le plus gros pollueur. Le mois dernier, il a d'ailleurs annoncé un investissement d'un milliard de livres dans son usine de Grangemouth pour de nouvelles capacités de stockage de CO2.

Hydrogène vert

Ces nouvelles usines d'hydrogène vert au cœur de l'Union européenne permettront de réduire chaque année l'empreinte carbone de 22.000 tonnes (pour la première usine en Norvège), et de 120.000 tonnes (en Allemagne). Les futures capacités en Belgique, où INEOS a commencé ses activités il y a 23 ans, restent floues. "Les premiers projets seront en Norvège et en Allemagne", indique à L'Echo un porte-parole du groupe.

"Le projet norvégien est déjà bien avancé et ouvrira en 2023 ou 2024. En Allemagne, ce sera en 2024 ou 2025. Nous travaillons aussi sur d'autres projets en Belgique et en France. Nous avons déjà lancé l'ambitieux programme 'Power to methanol' en Belgique, mais nous comptons installer de nouvelles capacités en hydrogène vert. Celles-ci devraient être développées parmi les sites existants, mais à ce stade, les décisions ne sont pas arrêtées. Nous avons déjà accompli de nombreux progrès en Belgique pour atteindre le net zéro d'ici 2050."

INEOS est régulièrement pointé par les associations environnementales pour ses activités et pour ses investissements massifs dans le sport (cyclisme, club de football de l'OGC Nice…), qui contribuent à redorer son image. Cet été, Greenpeace a stigmatisé le nouveau contrat de sponsoring des All Blacks, l'équipe nationale de rugby de Nouvelle-Zélande, qui a pourtant été l'un des premiers pays à interdire l'exploration de gisements maritimes de pétrole et de gaz.

Au-delà d'une opération de greenwashing, l'hydrogène vert est l'un des axes de développement essentiels d'INEOS, qui va investir dans un nouveau fonds prochainement coté à la Bourse de Londres, HydrogenOne Capital Growth. Cette technologie de production d'hydrogène vert permet de produire de l'hydrogène par électrolyse de l'eau en utilisant une électricité d'origine renouvelable comme le solaire ou l'éolien.

Avant même l'entrée en fonction de ces nouvelles usines, INEOS est déjà, via sa filiale Inovyn, le plus grand opérateur européen d'électrolyse.

Le profil

18 octobre 1952: naissance à Failsworth (Angleterre)
1974: diplôme de génie chimique à l'université de Birmingham. Il rejoint ensuite Esso.
1978: Master de finance à la London Business School
1989: Rejoint le groupe de private equity Advent International
1998: Rachète l'usine d'oxyde d'éthylène d'Inspec d'Anvers et fonde INEOS.

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