Joe Biden, candidat à la présidentielle US

©AFP

Cela faisait des mois qu’on l’attendait: Joe Biden a annoncé ce jeudi sa candidature à la présidentielle américaine de 2020. Il est le 20e démocrate à se présenter.

Joe Biden est le vingtième candidat à briguer l’investiture du parti démocrate. Autant dire que la concurrence sera rude. Mais avant même de s'être déclaré, l’ancien vice-président de Barack Obama caracole déjà en tête des sondages. Une moyenne réalisée par le site RealClearPolitics le place à 29,3% des intentions de vote, devant le sénateur du Vermont Bernie Sanders (23%). Troisième, la sénatrice de Californie Kamala Harris n’arrive que très loin derrière (8,3%).

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La vidéo de candidature de Joe Biden

L’annonce de Biden était d’autant plus attendue qu’il avait déjà fait campagne aux quatre coins du pays dans les mois qui ont précédé les élections de mi-mandat. La manœuvre visait tant à soutenir les candidats démocrates qu’à prendre le pouls de l’électorat.

Depuis son départ de la Maison-Blanche, Biden avait également travaillé à mettre sur pied une véritable machine de guerre politique au travers de sa fondation et d’un comité d’action politique où travaillent d’anciens de l’administration Obama ou d’ex-collaborateurs de l’époque où il était sénateur du Delaware.

Et de trois!

Ce sera la troisième fois que Biden brigue l’investiture démocrate. En 1988, il avait jeté l’éponge après que la presse américaine ait révélé qu’il avait plagié le leader travailliste Neil Kinnock dans l’un de ses discours et qu’il avait menti sur ses prouesses académiques. En 2008, il se retira de la course dès l’ouverture des primaires après n’avoir recueilli que moins d’1% des votes dans l’Iowa. Un an plus tard, il rentrait néanmoins à la Maison-Blanche aux côtés du président Obama.

Le profil

• Né en 1942 dans une famille catholique de Pennsylvanie.

• Diplômé en histoire, sciences politiques et droit des universités du Delaware et de Syracuse.

• Elu sénateur du Delaware à 30 ans.

• Candidat malheureux à l’investiture du parti démocrate en 1988 et 2008.

• Vice-président des Etats-Unis de janvier 2009 à janvier 2016.

 

Biden aura sans doute été le vice-président le plus puissant de l’histoire des Etats-Unis, après Dick Cheney (sous la présidence de George W. Bush). Obama, qui avait dit un jour que choisir Biden comme colistier avait été l’une des décisions politiques les plus intelligentes de sa carrière, lui avait notamment confié la gestion de l’épineux dossier irakien. Il l’avait également chargé de jouer les arbitres entres démocrates et républicains pendant leurs querelles budgétaires.

C’est en toute logique que sa candidature à la présidentielle de 2016 semblait une affaire pliée. Le principal intéressé, lui-même, avait décidé de retenter sa chance. Mais le décès de son fils Beau en mai 2015 fera dérailler ses projets.

Des atouts...

Moins de quatre ans plus tard, Biden a donc décidé de remettre le pied à l’étrier. Il faut dire qu’il a de sérieux atouts à faire valoir. Issu d’un milieu modeste, il a passé une partie de son enfance en Pennsylvanie au cœur de la "rust belt", cette région des Etats-Unis qui avait tourné le dos aux démocrates et voté pour Trump en 2016. Il sait comment parler à cet électorat dont il a toujours voulu rester proche. Son bagout pourrait également l’aider à tenir tête à un Donald Trump qui a l’habitude de parler avec ses tripes et continue à séduire ainsi de nombreux Américains fatigués du "politiquement correct".

Tragédies

Biden avait déjà traversé une véritable tragédie avant la perte de son fils Beau en 2015. En décembre 1972, alors qu’il venait de décrocher un siège au Sénat, son épouse Neilia et leur fille de 13 mois Naomi, décédaient dans un tragique accident de voiture. C’est au chevet de Beau, blessé dans l’accident (comme son frère Hunter), qu’il prêtera serment comme sénateur après avoir envisagé tout laisser tomber. 

 

Son expérience en matière de politique étrangère au moment où les Etats-Unis ont besoin de redorer leur blason sur la scène mondiale pourrait rassurer l’électorat. Les démocrates pourraient également être séduit par un candidat qui a travaillé à de nombreuses reprises avec ses collègues républicains pendant les 36 années qu’il a passées sur les bancs du Sénat, tout en gardant un profil de gauche.

... et des faiblesses

Mais Biden n’a pas que des atouts. Son âge (76 ans), le fait qu’il soit un homme blanc, pourraient plaider contre lui au moment où les femmes et les représentants des minorités ont la cote auprès des électeurs démocrates. Les critiques au sujets de sa propension à être très tactile avec de parfaits inconnus et les récents témoignages de plusieurs femmes au sujet de la gêne qu’elles ont pu ressentir à ses côtés pourraient également le hanter pendant la campagne.

Pas super riche

Biden n’avait pas de fortune personnelle au moment d’entrer en politique. Ses seules entrées financières seront ensuite ses émoluments de sénateur, puis de vice-président. Il n’est pas à plaindre pour autant. En 2014, ses avoirs financiers et ceux de son épouse Jill se situaient dans une fourchette allant de 230.000 à 850.000 dollars. Entre-temps, les Biden ont décroché un juteux contrat avec la maison d’édition Flatiron Books pour la livraison de trois livres. D’après le New York Times, ce contrat leur aurait rapporté 8 millions de dollars.

 

Faisant partie du paysage politique américain depuis 45 ans, il affiche également un long, très long bilan, dans lequel ses adversaires n’auront sans doute pas trop de difficulté à dénicher l’une ou l’autre casserole. Gaffeur invétéré, il pourrait leur faciliter grandement la tâche.

Sans oublier que son nom reste associé à celui de Barack Obama. Ce sera un plus pendant les primaires. Mais, si Biden empoche l'investiture, cela pourrait lui jouer de très mauvais tours au cœur de l’Amérique profonde où certains vouent une aversion viscérale à l’ancien président.

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