Joe Biden, l'éternel candidat à la Maison-Blanche

Catherine Mommaerts

L’ancien vice-président Joe Biden s’est lancé ce jeudi dans la campagne de la présidentielle de 2020. C’est la troisième fois que ce vétéran de la politique brigue la Maison-Blanche.

Cela faisait des mois qu’on l’attendait, et cette fois ça y est: Joe Biden a annoncé qu’il tenterait pour une troisième fois de décrocher la Maison-Blanche. C’est le vingtième candidat à briguer l’investiture du parti démocrate en vue de la présidentielle de 2020. Autant dire que la concurrence sera rude. Mais Biden caracole déjà en tête des sondages. Une moyenne réalisée par le site RealClearPolitics le place à 29,3% des intentions de vote, devant le sénateur Bernie Sanders (23%). Troisième, la sénatrice Kamala Harris n’arrive que très loin derrière (8,3%).

Le profil
  • 1942 Naît dans une famille catholique de Pennsylvanie.
  • 1965 Diplômé en histoire, sciences politiques et droit des universités du Delaware et de Syracuse.
  • 1973 Elu sénateur du Delaware à 30 ans.
  • 1988 et 2008 Candidat malheureux à l’investiture du parti démocrate.
  • 2009 à 2016 Vice-président des Etats-Unis de janvier.
  • 25 avril 2019 Annonce qu’il est candidat à l’investiture démocrate.

Biden, qui avait sillonné le pays pendant la campagne des élections de mi-mandat en 2018, dispose déjà d’une machine de guerre prête à l’attaque. Dès son départ de la Maison-Blanche, il avait d’ailleurs créé sa propre fondation et un comité d’action politique où travaillent d’anciens de l’administration Obama. Cette fois, il ne veut rien laisser au hasard.

En 1988, lors de sa première candidature à la présidentielle, Biden avait jeté l’éponge après que la presse américaine ait révélé qu’il avait plagié le leader travailliste Neil Kinnock dans l’un de ses discours et qu’il avait menti sur ses prouesses académiques. En 2008, il se retira de la course des primaires après n’avoir recueilli que moins de 1% des votes dans l’Iowa.

Il n’empêche, Biden aura ensuite été le vice-président le plus puissant de l’histoire des Etats-Unis, après Dick Cheney (sous la présidence de George W. Bush). Obama lui avait notamment confié la gestion de l’épineux dossier irakien. Il l’avait également chargé de jouer les arbitres entre démocrates et républicains pendant leurs querelles budgétaires. Et c’est en toute logique que sa candidature à la présidentielle de 2016 semblait une affaire pliée. Mais le décès de son fils Beau, en mai 2015, fera dérailler ses projets.

Les doutes d’Obama

Barack Obama ne voulait pas qu’il se présente à la présidentielle de 2016. Les deux hommes étaient devenus de véritables amis au fil des années passées à travailler ensemble. Obama lui avait apporté un soutien sans faille pendant la maladie de son fils Beau. Mais il était persuadé qu’Hillary Clinton serait une meilleure candidate.

Tragédies personnelles

Biden avait déjà traversé une véritable tragédie avant la perte de son fils Beau en 2015. En décembre 1972, alors qu’il venait de décrocher un siège au Sénat, son épouse Neilia et leur fille de 13 mois Naomi, décédaient dans un accident de voiture. C’est au chevet de Beau, blessé dans l’accident (comme son frère Hunter), qu’il prêta serment comme sénateur après avoir envisagé tout laisser tomber.

Des atouts…

Biden a de sérieux atouts à faire valoir. Issu d’un milieu modeste, il a passé une partie de son enfance en Pennsylvanie au cœur de la "rust belt", cette région des Etats-Unis qui avait tourné le dos aux démocrates et voté pour Trump en 2016. Il sait comment parler à cet électorat dont il a toujours voulu rester proche. Son bagout pourrait également l’aider à tenir tête à un Donald Trump qui a l’habitude de parler avec ses tripes.

Son expérience en matière de politique étrangère au moment où les Etats-Unis ont besoin de redorer leur blason sur la scène mondiale pourrait rassurer l’électorat. Les démocrates pourraient également être séduits par un candidat qui a travaillé à de nombreuses reprises avec ses collègues républicains pendant les 36 années qu’il a passées sur les bancs du Sénat, tout en gardant un profil de gauche.

…et des faiblesses

Mais Biden n’a pas que des atouts. Son âge (76 ans) et le fait qu’il soit un homme blanc pourraient plaider contre lui au moment où les femmes et les représentants des minorités ont la cote auprès des électeurs démocrates.

Les critiques au sujet de sa propension à être très tactile avec de parfaits inconnus et les récents témoignages de plusieurs femmes au sujet de la gêne qu’elles ont pu ressentir à ses côtés pourraient également le hanter pendant la campagne.

Faisant partie du paysage politique américain depuis 45 ans, il affiche un long, très long bilan, dans lequel ses adversaires n’auront sans doute pas trop de difficulté à dénicher l’une ou l’autre casserole. Gaffeur invétéré, il pourrait leur faciliter grandement la tâche.

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