Joe et Anthony Russo, dresseurs de super-héros

Les réalisateurs de "Avengers: Infinity War" sont presque des inconnus. Leur film vient pourtant d’engranger, le week-end de sa sortie, les plus grosses recettes mondiales de l’histoire du cinéma, mieux que le dernier "Star Wars"!

Dans la grande famille du cinéma, on connaissait les frères Dardenne, les frères Coen, sans oublier les frères – aujourd’hui sœurs – Wachowski… Voici un nouveau duo: les Russo Brothers. Jamais entendu parler? Normal. Nés en 1970 et 1971, Joe et Anthony sont des pures fabrications de la franchise Marvel, qui a été les débusquer pour en faire de parfaits mercenaires au service de leur cause: des films qui rassemblent les foules et qui engrangent des milliards (250 millions de dollars le week-end dernier aux USA, 630 millions dans le monde pour "Avengers: Infinity War").

Le profil
  • 1970: Naissance d’Anthony.
  • 1971: Naissance de Joe.
  • 1994: Les frères sortent diplômés de la Case Reserve University, Cleveland, Ohio.
  • 1997: Premier film, "Pieces", qui attire l’attention de Soderbergh au Slamdance Festival.
  • 2002: "Bienvenue à Colinwood".
  • 2006: "You, Me, and Dupree"
  • 2007-2014: De nombreux épisodes de séries, dont "Happy Endings" et "Community".
  • 2011: Arrivée chez Marvel.
  • 2018: Meilleur premier week-end de tous les temps au box office pour "Avengers: Infinity War"

Deux écoles prédominent chez Marvel: soit faire appel à des talents confirmés, identifiés, chevronnés comme Jon Favreau ("Iron Man 1 & 2"), Kenneth Branagh ("Thor") ou Joss Whedon ("Avengers 1 & 2"), histoire de lancer les franchises et de les installer solidement dans l’inconscient collectif mondial. Soit ils font appel à de bons "faiseurs" jusque là peu connus, capables de faire exactement ce que l’on attend d’eux, et pas trop exigeants en terme d’input personnel…

Parfois, ces réalisateurs-mercenaires ont signé d’excellents films par le passé, qui les ont placés sur la liste A. Ce n’est pas le cas de Joe et Anthony Russo… Avec plus de 500 millions de dollars à dépenser (sur un film en deux volets de 2h30), les frangins n’ont à leur actif qu’un film de potes ("Pieces", 1997, où ils jouent également les premiers rôles) et deux comédies assez poussives. Dans "Bienvenue à Collinwood" (2002) ils revisitaient "Le Pigeon" de Dino Risi, classique de la comédie burlesque à l’italienne, pour un film de casse avec Sam Rockwell (oscar cette année pour "3 Billboards"), William H. Macy, et un certain George Clooney, également producteur. Puis vint "You, Me and Dupree", avec Owen Wilson à son apogée de chantre de l’humour régressif… mais capable de mobiliser 130 millions de dollars à travers le monde.

Depuis, les deux frères se sont mis au service de diverses séries, comme simples réalisateurs, ou à l’occasion coproducteurs. Jusqu’à ce jour béni de 2011 où Marvel vint frapper à leur porte pour assurer le suivi du justicier au bouclier, "Captain America" ("Le soldat de l’hiver" en 2014 et "Civil War" en 2016). Deux films honnêtes, mais loin de révolutionner le genre. Les frères se contentent de suivre à la lettre le cahier des charges: présenter tous les protagonistes, assurer quelques vannes amusantes aux rôles secondaires, et dérouler le tapis rouge pour les punchlines, les cascades, et les effets spéciaux.

"Avengers: Infinity Wars" - Bande-Annonce

Et sans doute que l’aventure va continuer pour les natifs de Cleveland, qui vont définitivement mettre au placard leurs envies de faire rire. En ligne de mire, la suite de la suite: "Avengers – Infinity War, 2e volet", sortie prévue en mai 2019. En attendant "Avengers – Infinity War" aura sans doute pulvérisé le record des Jedis (2,1 milliards dans le monde pour "L’éveil de la Force" en 2015), mais peut-être pas un certain James Cameron et son "Avatar" (2,7 milliards en chiffres actualisés).

Les hyperactifs

Il y a plus de 20 super-héros à l’affiche de "Avengers: Infinity War". Et le studio est très fier car chacun possède son propre espace dans la narration… "C’est comme emmener une bande de gamins hyperactifs en camp de vacances, raconte Joe. Il faut donner un minimum d’attention à chacun, pour garantir la cohésion du groupe…"

Cinéphiles

Pour convaincre le mythique Kevin Feige, producteur en chef chez Marvel, de leur donner les coudées franches pour une nouvelle vision de Captain America, les deux frères citaient souvent "Heat" de Michaël Mann (avec DeNiro et Pacino). Un film où "le canardage a du sens"…

"Avengers"

Le film combine pas moins de neuf franchises et met en scène une vingtaine de super-héros luttant pour sauver le monde. Son casting compte plusieurs stars d’Hollywood comme Robert Downey Jr dans le rôle d’Iron Man, ou Scarlett Johansson dans celui de la Veuve noire. Leur mission: empêcher le méchant Thanos (Josh Brolin) de détruire le monde.

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