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John Bolton, l'ultra-faucon de la Maison-Blanche

©BELGAIMAGE

John Bolton est en Russie pour tenter de désamorcer la crise entre Moscou et Washington. Mais le conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump est surtout connu pour être un partisan d’une ligne dure.

Tous les regards sont tournés vers John Bolton. Le conseiller de la Maison-Blanche à la Sécurité nationale est en visite à Moscou jusqu’à demain pour rencontrer des responsables russes. Au cœur des discussions: la décision de Donald Trump, samedi, de retirer les États-Unis du traité INF sur les armes nucléaires, conclu avec la Russie pendant la guerre froide, pour bannir les missiles ayant une portée comprise entre 500 et 5.500 kilomètres. Le locataire de la Maison-Blanche, qui accuse Moscou de violer le traité "depuis de nombreuses années", aurait suivi les directives de John Bolton lui-même.

Le profil
  • 1948: Naissance à Baltimore
  • De 1981 à 2000, il travaille dans les administrations républicaines, notamment au Département d’Etat et à la Justice.
  • Entre 2001 et 2005, il est sous-secrétaire d’Etat aux Affaires de désarmement.
  • 2005: Il est nommé ambassadeur à l’ONU par George W. Bush.
  • En avril 2018, il devient conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump.

L’avocat néoconservateur de 69 ans, à la moustache bien fournie, est connu pour son ton direct et abrasif. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il influence les décisions de Donald Trump. Difficile, par exemple, de ne pas reconnaître son empreinte dans le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien. "Pour stopper la bombe iranienne, bombardons l’Iran", écrivait-il carrément dans une tribune publiée par le New York Times en 2015.

Partisan de la manière forte

John Bolton a beaucoup influencé Donald Trump par sa vision très belliqueuse des relations internationales. ©AFP

John Bolton est un va-t-en guerre, adepte d’une ligne dure et des guerres préventives. Avec près de 40 ans passés en politique, il a marqué les différentes administrations républicaines avec ses prises de position parfois extrêmes. À commencer par la guerre en Irak. Une intervention qu’il a applaudie en 2002 et qu’il continue de défendre depuis.

Cuba, l’Iran, la Corée du Nord… aucun pays n’échappe à ses formules agressives. En 2011, il plaide même pour l’assassinat de Muammar Kadhafi.

Au centre de la visite de John Bolton à Moscou, le destin du traité nucléaire forgé entre les Etats-Unis et le Russie pendant la guerre froide. ©EPA

Aujourd’hui, cet ancien chroniqueur régulier de Fox News, la chaîne conservatrice que Trump regarde quotidiennement, serait même devenu "une menace pour la sécurité nationale", estiment deux anciens conseillers d’Obama, Colin H. Kahl et Jon Wolfsthal, dans un article de Foreign Policy. "Pour Bolton, il y a peu de problèmes internationaux pour lesquels la guerre n’est pas une réponse", écrivent-ils. Cet ultra-faucon, "enfant terrible de l’administration Bush" comme le surnomme la presse américaine, aime jouer la carte de la souveraineté nationale. Comme Donald Trump. À moins que ce ne soit l’inverse, et que le Président ne se soit inspiré de son conseiller.

America first

Dans son livre "Surrender Is Not an Option", Bolton critique l’ONU, le multilatéralisme et tous les traités internationaux. Sans surprise, il est eurosceptique et pro-Brexit. Des positions qui s’expliquent, selon Colin H. Kahl et Jon Wolfsthal, par "une tendance à penser au scénario du pire, une façon de déformer les informations pour justifier la guerre avec les Etats voyous, un mépris pour les alliés et les institutions multilatérales, une confiance aveugle dans la puissance militaire américaine, et une tendance à penser que la fin justifie les moyens, même s’ils sont terrifiants." De quoi inquiéter la communauté internationale, notamment l’Europe, qui espère éviter une crise entre Moscou et Washington.

Soutien d’Israël

John Bolton a suggéré, dans un discours prononcé en 2009 à l’université de Chicago, qu’Israël devrait utiliser, de manière défensive, son arme nucléaire contre l’Iran. S’il est revenu peu de temps après sur ces déclarations, elles ont pourtant été confirmées dans un enregistrement audio.

Ambassadeur très controversé

John Bolton, pourtant très hostile et méprisant envers les Nations unies, a occupé le poste d’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU entre 2005 et 2006 sous George W. Bush. Il est resté en poste seulement un an, après avoir longuement critiqué l’organisation.

 

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