Jonathan Milton Nelson, l'homme derrière l'acquéreur de VOO

Nethys a conclu en mai une offre liante avec le fonds de capital-investissement américain Providence. Derrière cette structure se cache un self-made-man discret, aujourd’hui milliardaire, Jonathan Milton Nelson.

En 1987, Oliver Stone dépeignait dans "Wall Street" ce qui allait devenir l’archétype de l’investisseur de la décennie folle des 80’s. Michael Douglas y incarnait magistralement Gordon Gekko, un homme d’affaires mégalomane, insatiable, vulgaire et sans scrupules, capable de liquider en quelques heures une entreprise saine dans le seul but de dégager d’importants bénéfices.

À peine deux ans plus tard, Jonathan Milton Nelson fondait Providence Equity Partners LCC. Et si l’une des principales qualités de l’homme est de cultiver la discrétion dans un univers où l’étalage de ses réussites est souvent la norme, il ne peut être une meilleure antithèse du personnage de Gordon Gekko que lui.

Du flair et des manières

Le profil
  • 1956: naissance à Providence, dans l’Etat de Rhode Island.
  • 1983: il obtient son master en administration des affaires à Harvard.
  • 1989: il fonde Providence Private Equity, fonds de capital-investissement.
  • 2007: Providence et un groupe d’investisseurs acquiert Bell Canada pour 48,5 milliards de dollars.
  • 2019: Providence conclut un accord avec Nethys pour le rachat de VOO.

Jonathan M. Neslon naît en 1956 à Providence, la capitale de l’Etat américain de Rhode Island. Fils d’un dentiste, il grandit dans une famille de la classe moyenne avant d’intégrer l’université de Brown, membre de la prestigieuse Ivy League. Il y étudie l’économie tout en consacrant une partie de son temps libre à la musique, en animant notamment une émission sur une radio locale.

Après un passage par Wellman, une entreprise chimique de Boston, où il gère les opérations en Asie, il vit une année en Europe avant de reprendre des études à Harvard. Il est engagé en 1983 par Narragansett Capital, où il se fait rapidement remarquer: il rachète son ancien employeur et récupère vingt fois l’investissement initial en l’espace de seulement trois ans.

Selon ses collaborateurs, sa réussite s’explique également par l’importance que cet homme calme accorde à l’entretien de relations à long terme avec ses principaux interlocuteurs.

Fort de ses succès, il lance Providence Equity Partners en 1989 et fait le choix de se concentrer sur le secteur des télécoms et des câblo-distributeurs, qui était encore fragmenté et entamait alors sa consolidation.

"Investisseur de croissance"

Parmi les coups fumants qu’il a réalisés figure son investissement de 63 millions de dollars en 1992 dans l’opérateur VoiceStream. Il décuplera la valeur de sa mise de départ lors de la vente à Deutsche Telekom en 2001, qui la transformera en T-Mobile.

Jonathan M. Nelson a fait de Providence un "investisseur de croissance", comme l’explique un proche. Sa conception de l’investissement n’est pas axée sur les entreprises en restructuration. Pour prendre un exemple récent, l’un des derniers investissements européens de Providence concerne l’entreprise espagnole télécoms Masmovil en 2016. Trois ans plus tard, le fonds d’investissement se prévaut d’avoir fait augmenter son chiffre d’affaires de 16% en moyenne annuelle, d’avoir quasiment doublé son nombre de clients, ce alors que le nombre d’employés et le prix de l’action ont quadruplé.

Sportif accompli, philanthrope magnanime, amateur de jazz, Jonathan Nelson n’accorde pas d’interview et ne laisse rien transparaître de sa vie privée.

1,8 milliard de dollars

Selon le classement établi par le magazine Forbes, Jonathan M. Nelson est la personnalité la plus riche de la ville de Providence, avec une fortune estimée à 1,8 milliard de dollars.

45 milliards de dollars

Son fonds de capital-investissement Providence Equity Partners a actuellement un montant total de 45 milliards de dollars investi dans des médias, des entreprises télécoms, d’information et de communication, ainsi que dans l’éducation.

180 entreprises

En trente ans d’existence, Providence a investi dans 180 entreprises à travers le monde, principalement en Amérique du Nord et en Europe. Parmi celles-ci figurent MGM, Warner Music, Hulu ou encore Ambassador Theatre Group.

 

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