Karel Van Eetvelt, de patron des banquiers à boss du RSCA

Alors que les supporters mauves attendaient un numéro 9 ou un arrière gauche, le lapin que Marc Coucke de son chapeau est un nouveau CEO. S’il a dirigé Unizo et Febelfin, Karel Van Eetvelt est un vrai passionné de football.

Quand il fut bombardé à la tête de Febelfin à l’automne 2017, l’annonce avait provoqué quelques haussements de sourcils. Karel Van Eetvelt devenait patron des banquiers alors qu’il venait de passer treize ans à la tête d’Unizo, l’organisation des indépendants et PME flamands. Il n’avait pas le profil technique de la fonction, mais on estimait que son sens du dialogue et son regard neuf apporteraient un vent de fraîcheur sur un secteur qui se relevait de la crise financière de 2008.

Avant de diriger Unizo, il avait entamé sa carrière professionnelle au sein du cabinet ministériel de Gaston Geens, lorsque celui-ci était ministre-président flamand, en 1991. Il avait ensuite passé treize ans à la Bouwunie, la fédération des PME et des indépendants flamands du secteur de la construction. Il n’a ainsi jamais dirigé d’entreprise à proprement parler.

Le profil
  • Né le 21 mars 1966 à Bornem.
  • Diplômé de la KULeuven en éducation physique.
  • Il entre à la Bouwunie en 1992. Il la quittera en 2004 comme directeur général.
  • Il devient patron d’Unizo en 2004, succédant à Kris Peeters.
  • Il prend la tête de Febelfin en 2017.
  • Il est nommé CEO du RSC Anderlecht le 14 janvier 2020.

De gros défis à relever

Aujourd’hui, Karel Van Eetvelt prend une nouvelle fois tout le monde à revers. Le fringant manager va devenir le 1er avril prochain le patron du RSC Anderlecht. Marc Coucke, qui l’a côtoyé au sein du conseil d’administration d’Omega Pharma, l’a choisi pour reprendre en main la destinée de son dernier jouet.

Depuis son arrivée en mars 2018, le club traverse non seulement une tempête d’un point de vue sportif, mais ses finances affichent également bien pâle figure.

Quand l’annonce de son départ de Febelfin a été communiquée mardi, on l’attendait plutôt en politique. Son père Jozef fut bourgmestre de la commune anversoise de Bornem pendant quarante ans et député pendant vingt ans. Son nom avait d’ailleurs été cité parmi les candidats potentiels pour prendre la succession de Wouter Beke à la présidence du parti.

Il y a quelques années, Bart De Wever l’avait ouvertement courtisé pour qu’il rejoigne la N-VA. Et pas plus tard qu’en ce début d’année, il évoquait son envie de lancer son propre mouvement pour "faire de la politique d’une autre manière". Une ambition qu’il n’a pas abandonnée, a-t-il encore répété mardi.

Un vrai Mauve

Son choix footballistique semble surtout venir du cœur. Officiellement présenté à la presse ce mardi au Lotto Park, Karel Van Eetvelt en a profité pour raconter deux anecdotes personnelles le liant au Sporting. D’abord, le souvenir du premier match auquel il a assisté avec son père à l’âge de six ans au stade Emile Versé et l’admiration qu’il vouait à Robbie Rensenbrink. "J’étais très ému", a-t-il affirmé aux journalistes présents.

©Tim Dirven

Ensuite, il a expliqué qu’à l’issue d’un match disputé en catégorie d’âge avec son équipe de Bornem face à l’Anderlecht de Scifo et Lozano (conclu sur un score de "1-énormément"), il aurait affirmé à Michel Verschueren que son ambition ultime était de prendre sa place.

La véracité de ses deux histoires est invérifiable, mais le nouveau patron à l’ombre de Saint-Guidon semble tenir à cœur de rédiger une mythologie mauve qui le lie affectivement au club.

Karel Van Eetvelt n’a jamais caché que son rêve d’enfant était de devenir footballeur professionnel, mais qu’il manquait de talent pour ce faire, selon ses propres aveux. Supporter du Sporting d’Anderlecht depuis ses six ans, diplômé en éducation physique de la KULeuven, cycliste amateur accompli: tout semblait le diriger vers le monde sportif.

Karel Van Eetvelt est par ailleurs président du VDAB, l’office flamand de l’emploi depuis 2018. Son maintien à ce poste doit encore faire l’objet d’une discussion avec le cabinet de la ministre Crevits.

Féru de cyclisme

S’il adore le football depuis son plus jeune âge, Karel Van Eetvelt voue également une passion à la petite reine. Il affirme ainsi dépenser quelque 2.000 euros par an à ce hobby, et effectuer au moins deux sorties de deux heures par week-end, pour un total de 7.000 km par an.

Admiration des Oranjes

Lors de sa présentation à la presse en tant que nouveau CEO du RSC Anderlecht, il a évoqué le souvenir de son premier match vécu au stade avec Robbie Rensenbrink sur la pelouse. Il est surtout un grand fan de feu Johan Cruyff, "le meilleur joueur de foot de tous les temps et aussi le plus intelligent".

Pression

Il est conscient qu’en prenant les rênes du club de football le plus titré du royaume, il ne dirigera pas une entreprise comme les autres. Les milliers de supporters du club sont à cran alors que l’équipe vit la pire saison de son histoire. "Tout doit être parfait à Anderlecht", ose-t-il. Il a du pain sur la planche.

 

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