Kendrick Lamar, du berceau du gangsta rap au Pulitzer

©REUTERS

Il est considéré, par beaucoup, comme le meilleur rappeur au monde. Aujourd’hui, Kendrick Lamar est le premier de sa corporation à obtenir le Prix Pulitzer de la musique. Une reconnaissance pour un genre musical qui connaît, aujourd’hui, sa période la plus faste.

Dana Canedy, l’une des administratrices du Prix Pulitzer, a commenté la récompense de Kendrick Lamar comme étant "un grand moment pour le hip-hop". Depuis 1943, le Prix Pulitzer s’est ouvert à la musique mais c’est la première fois qu’il consacre un artiste qui ne vient ni de la musique classique, ni du jazz. Dans le passé, il a été notamment attribué à Wynton Marsalis mais Duke Ellington, lui, ne l’a pas obtenu. C’est dire si "DAMN", le quatrième album de Kendrick Lamar, sorti en avril 2017, a réellement fait impression au jury du Pulitzer.

weinstein en toile de fond

Le prix Pulitzer, décerné lundi soir, récompense des individus dans les domaines du journalisme, de la littérature (fiction et essai) et de la musique.

Dans la catégorie "journalisme de service public", ce sont cette année Jodi Kantor et Megan Twohey, du New York Times, et Ronan Farrow, du New Yorker, qui ont été primés pour leur couverture de l'affaire Harvey Weinstein, qu'ils ont révélée début octobre. Le prix de la fiction a été décerné à Andrew Sean Greer, pour "Less: a novel".

Cette œuvre de virtuose s’est vendue à plus de trois millions et demi d’exemplaires depuis sa sortie. Aussi politique que philosophique, "DAMN" se déroule en quatorze chapitres, chacun d’eux écrit en capitales et se terminant par un point. Ultra fluide et riche en tonalités, "DAMN" est aussi bien pourvu en guest-stars. De Bono à Rihanna en passant par James Blake et le DJ Kid Capri, l’ouverture aux autres de Kendrick Lamar n’a, semble-t-il, pas trop de limites.

Le kid de Compton

Sur cet album, Kendrick fait plusieurs fois référence à Compton, la ville californienne où il est né en 1987. Ce berceau du gangsta rap est l’un des endroits les plus dangereux du comté de Los Angeles. Kendrick avoue être le seul de sa bande d’amis dont le père est encore en vie. À huit ans, ses idoles étaient Tupac Shakur et Dr. Dre. Dr. Dre est, lui-même, natif de Compton.

C’est à seize ans, sous le pseudo de K-Dot, que Kendrick a enregistré ses premières mixtapes. Ce n’est que fin 2009 qu’il choisit de s’affirmer en tant que Kendrick Lamar et signera, trois ans plus tard, sur le label Interscope Records. Un label qui accueille aussi bien Lady Gaga que U2 ou Selena Gomez. Son premier album paru chez ce major, "good kid, m.A.A.D City", est considéré par le magazine Rolling Stone comme l’un des cent meilleurs albums de tous les temps. De son propre aveu, son style a réellement pris forme le jour où il abandonné tout pseudo.

Black Lives Matter

L’album "To Pimp a Butterfly", paru en 2015, dont est extrait "Alright", est lié au mouvement Black Lives Matter. Les militants ont, en effet, choisi cette chanson pour hymne lors de leurs manifestations contre les violences policières à l’égard des Noirs.

Fort d’un voyage en Afrique du Sud qu’il avait entrepris peu de temps auparavant, Kendrick a changé sa manière de communiquer son art. Comme il l’a confié au magazine Rolling Stone, ce voyage lui a offert une nouvelle perspective sur l’endroit d’où il vient. La visite à la prison où fut incarcéré Nelson Mandela fut particulièrement décisive. "Je me suis assis dans sa cellule. J’ai vu les pierres qu’il devait travailler tous les jours. Je pouvais ressentir son esprit et celui des autres prisonniers qui me disaient: ‘Ramène un morceau de l’histoire dans ta communauté'. C’est exactement ce que j’ai fait."

En concert au Pukkelpop le 18 août.

Kendrick Lamar - Alright

L’expression de soi
En grandissant en tant qu’artiste, Kendrick a appris que sa mission était l’expression de soi. "Je refuse que quiconque classifie ma musique. Je veux que l’on dise: 'Voilà quelqu’un qui reconnaît ses sentiments profonds, ses émotions vraies, ses idées, pensées et opinions sur le monde tout au long d’un album."

Optimiste
Même s’il lutte régulièrement contre la dépression, liée au stress, Kendrick Lamar se décrit comme quelqu’un d’optimiste. "Je ne serais pas là si je n’en étais pas un, a-t-il déclaré au magazine Rolling Stone. Presque tous mes amis sont en prison. Ils me disent: 'Tu dois être optimiste pour être où tu es. Nous, on ne l’était pas. Le verre était toujours à moitié vide.'"

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