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Kim Jung-Ju, l’investisseur au large spectre

A 53 ans, le milliardaire Sud-coréen représente une nouvelle génération d'entrepreneurs du pays: autodidacte, sans héritage et dans des secteurs émergents (gaming, bio, plateformes ou K-Pop). ©doc

Après un début de carrière dans les jeux-vidéos, le fondateur de Nexon, troisième fortune du pays, se positionne dans différents secteurs émergents.

Qui est le discret Kim Jung-Ju, le milliardaire sud-coréen à s’être opposé à la réforme de la taxe sur les comptes-titres? Marié et père de deux enfants, ce magnat de la tech de 53 ans est considéré comme la troisième fortune de Corée du Sud par Forbes, avec une fortune nette estimée alors à 10,9 milliards de dollars. S’il a débuté dans les jeux-vidéos, son emprise dépasse désormais largement le monde du gaming.

La success story d’un geek

Kim Jung-Ju naît en 1968 à Séoul. Il suit un bachelier en informatique et ingénierie à la prestigieuse Seoul National University avant d’obtenir  un master et un doctorat en informatique et ingénierie électronique à la Korea Advanced Institute of Science and Technology.

En 1994, à seulement 26 ans, il fonde Nexon.Co, une société de création et distribution de jeux-vidéos. En 1996, il lance The Kingdom of the Wind, le premier jeu de rôle en ligne à participation massive, et se positionne en précurseur du modèle free-to-play. Ce modèle donne un accès gratuit au jeu tout en proposant des micro-paiements au sein d’une boutique virtuelle, sensés aider le joueur à progresser.

En 2011, l’entreprise fait son entrée au Tokyo Stock Exchange.

Aujourd’hui, Nexon est la plus grosse entreprise de gaming en Corée du Sud, avec au moins 350 millions d’utilisateurs dans 72 pays.

Un business angel touche à tout

Kim ne s’est pas limité au monde du jeu-vidéo, au contraire. NXC, holding de Nexon et de NXMH, investit aussi bien dans la fintech que dans les produits pour enfants ou l’industrie alimentaire. En 2014 par exemple, il achète aussi bien Bricklink, un marché digital de Legos, que Exo, une start-up qui produit des barres protéinées aux criquets.

Plus récemment, NXC a investi dans Korbit et Bitstamp, deux bourses de crypto-monnaies. Avide partisan de celles-ci, Kim achète 100 millions de dollars de bitcoin avec Nexon en avril... Un mois avant que le cours ne s’effondre.

Self-made man

Mais l'entrepreneur est moins téméraire qu'il n'y paraît. En 2014, alors qu'il devient partenaire du Collaborative Fund, une société de capital-risque pour start-ups au fort potentiel de croissance, il défie les attentes, en conseillant aux start-ups d'éviter des lévées inutiles de capital qui diluent la valeur de leurs parts. Un conseil qu’il tire de son expérience avec Nexon, pour laquelle il a réinvesti ses profits plutôt que de recourir à des levées de capital.

Une approche qui colle aussi avec son image de "self-made man". Un scandale de corruption en 2016, dans lequel il est accusé d'avoir donné de l’argent à un procureur, propulse Kim sous le feu des projecteurs. S’il fut acquitté, l’attention médiatique le fait réaliser que de "petite entreprise", Nexon était désormais qualifiée de "quasi-conglomérat". Alors en 2018, il jure que ses enfants n'hériteront pas de sa participation dans l'entreprise et promet 93 millions de dollars aux hôpitaux pour enfants et aux start-ups.

En juillet dernier, il démissionne de sa position de CEO de NXC pour se concentrer sur l'accompagnement de start-ups.

Le CV express

  • Kim Jung-Ju naît le 22 février 1968 à Séoul (Corée du Sud).
  • Il est marié à Jung-Hyun Yoo avec qui il a deux enfants.
  • Il obtient un master et un doctorat en informatique et ingénierie électronique à la Korea Advanced Institute of Science and Technology.
  • En 1994, il fonde Nexon.Co, une société de création et distribution de jeux-vidéos.
  • En juillet 2021, il démissionne de sa fonction de CEO de NXC après un printemps tumultueux, marqué par 2 milliards de dollars de pertes.

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