Kirstjen Nielsen, le pitbull de la Maison-Blanche

Derrière les images d’enfants mineurs arrachés à leurs parents sans papiers et parqués derrière des grilles, il y avait un visage: celui de Kirstjen Nielsen, la secrétaire américaine à la Sécurité intérieure.

Kirstjen Nielsen peut enfin souffler. La secrétaire à la Sécurité intérieure, qui est devenue en quelques jours le visage de la politique anti-immigration "cruelle" de Donald Trump et l’objet de toutes les critiques, a rédigé hier un décret, signé par le Président, pour mettre fin à la séparation des familles de clandestins.

Kirstjen Nielsen est reconnue pour sa loyauté sans faille envers la Maison- Blanche. Elle a donc défendu, pendant des jours, la politique "tolérance zéro" du Président, et ce malgré la polémique. Un comportement qui résume bien l’image de cette ancienne juriste.

Peu d’expérience

Kirstjen Nielsen a commencé sa carrière politique comme chef de cabinet de John Kelly, alors responsable du Department of Homeland Security. ©REUTERS

Le profil
  • Née en 1972 dans le Colorado
  • Elle obtient son diplôme en droit à l’université de Virginie en 1999.
  • Elle a travaillé de 2002 à 2007 dans l’administration de George W. Bush comme conseillère sur les politiques de prévention des catastrophes.
  • Elle rejoint l’administration Trump en janvier 2017 en tant que chef de cabinet de John Kelly au Département de la Sécurité intérieure.
  • Elle est nommée secrétaire à la Sécurité intérieure en octobre 2017.

Cette grande blonde de 46 ans a été nommée, à la surprise générale, à la tête du Département de la Sécurité intérieure en octobre 2017. "Personne à la Maison-Blanche ne pensait qu’elle était assez qualifiée" pour le poste, écrit The New Yorker. Avec un CV plutôt modeste – elle est diplômée en relations internationales à l’université de Georgetown et spécialisée en droit à l’université de Virginie – elle a été propulsée sur le devant de la scène grâce à ses faits d’arme auprès de l’ancien chef du Department of Homeland Security (DHS), le général John Kelly.

Selon le Washington Post, l’actuel chef de cabinet de Donald Trump aurait été impressionné par ses connaissances et sa capacité de travail, soulignant son "sens du sacrifice quasi militaire et son inflexibilité", au point de la choisir comme bras droit. Avant de rejoindre l’équipe de John Kelly, Kirstjen Nielsen a travaillé dans l’administration républicaine de George W. Bush comme conseillère sur les politiques de prévention des catastrophes, puis elle s’est autoproclamée experte en cybersécurité, dirigeant notamment Sunesis Consulting, sa modeste entreprise de conseil, dont elle était la seule employée, selon le Post. Les débuts de Kirstjen Nielsen à la Maison-Blanche n’ont donc pas été de tout repos, beaucoup soulignant son manque d’expérience.

Faire plaisir à Donald Trump

L'extrême loyauté de Kirstjen Nielsen envers le président des Etats-Unis n'a pas toujours été récompensée. ©REUTERS

Surnommée le "pitbull" par la femme de John Kelly, et décrite comme "plus opportuniste qu’idéologue" selon des sources interrogées par The New Yorker, elle "ne ferait rien pour énerver le Président". Quitte à témoigner sous serment qu’elle ne se souvenait pas avoir entendu Donald Trump utiliser l’expression "pays de merde" pour désigner des pays, notamment africains, alors que des sources présentes à la même réunion ont témoigné du contraire.

Mais si aujourd’hui Donald Trump vante son "travail fabuleux" dans le dossier de l’immigration, cela n’a pas toujours été le cas. Le mois dernier, le Président était loin de la complimenter. Début mai, Donald Trump l’a prise à partie en pleine réunion de cabinet pour critiquer son laxisme et pointer du doigt le nombre de migrants qui continuent de traverser la frontière mexicaine. "Pourquoi vous n’avez pas de solutions? Pourquoi ça continue à se produire? Nous devons fermer tout ça", lui-a-t-il lancé.

Pourtant, malgré ce désaveu, Kirstjen Nielsen a défendu bec et ongles le Président et sa politique anti-immigration, sacrifiant probablement, selon le Washington Post, "sa crédibilité pour une cause perdue".

Bourreau du travail

Cet hiver, Kirstjen Nielsen est tombée malade, victime d’une infection respiratoire. Mais déterminée à faire ses preuves, elle ne s’est pas arrêtée, au point de se casser une côte à force de tousser.

Prête à démissionner?

Après les critiques du Président début mai sur les chiffres de l’immigration, Kirstjen Nielsen, qui avait l’impression de ne pas pouvoir satisfaire la Maison- Blanche, aurait rédigé une lettre de démission selon le New York Times. Une affirmation contestée par le ministère de l’Intérieur.

©AFP

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