Kristian Tear, à la recherche d'un plan B pour B&O

Prise de court par les changements dans le marché du matériel hi-fi, Bang & Olufsen (B&O) enchaîne les profit warnings depuis 12 mois. Elle a donc engagé un nouveau CEO, Kristian Tear, pour lui trouver un plan B.

Il a été chez Ericsson pendant 18 ans. Mais c’est peut-être la suite de sa carrière qui donne la spécificité à son profil. Kristian Tear semble être le patron que les compagnies engagent après un coup dur. Typiquement, quand leur succès historique est mis à mal par des changements de marché.

Tear a officié 7 ans chez Sony Mobile Communications et 4 ans et 3 mois chez Logitech. Son passage chez BlackBerry en 2012 (Research in Motion à l’époque) est peut-être l’exemple le plus emblématique de ce management de crise. L’entreprise, précurseur du smartphone, a souffert de la nouvelle compétition des Apple, Google et autres. Elle n’a pas réussi à profiter de toutes ses forces historiques comme sa messagerie instantanée, elle aussi secouée par les WhatsApp de ce monde.

Le profil
  • Suédois né à Stockholm en 1963.
  • Il a un profil très "télécom" car il a travaillé 18 ans chez Sony Ericsson et 7 ans chez Sony Mobile Communications.
  • Il a ensuite occupé plusieurs fonctions au sein de compagnies qui avaient déjà connu leur pic de gloire par le passé. (COO de BlackBerry et patron Europe de Logitech notamment)
  • Il vient d’être nommé à la tête de la société Bang & Olufsen, en pleine crise.

C’est dans ce contexte que Kristian Tear est à l’époque nommé COO de l’entreprise canadienne basée à Waterloo, en Ontario. On retrouve pas mal de vidéos de l’époque où l’homme vante la qualité des produits BlackBerry, notamment en ce qui concerne la sécurisation des messages.

Flop du BlackBerry Z10

L’aventure ne durera qu’un peu plus d’un an. Le flop du modèle BlackBerry Z10 lui coûtera sa place, à lui ainsi qu’à d’autres managers de l’époque.

Chez Bang & Olufsen, Kristian Tear arrive aussi au sein d’un bateau qui chancelle. La marque réputée pour ses objets hi-fi design et de qualité cherche un nouveau sens pour son business.

Les habitudes de consommation ont changé dans le domaine de la musique. De plus en plus de consommateurs optent pour des systèmes sonores portables que l’on emmène partout avec soi, souvent alimentés par son smartphone ou son laptop.

Les Danois de Bang & Olufsen vendent typiquement des systèmes sonores élaborés à plus de 10.000 euros pour salons, qui sont moins dans l’air du temps et qui s’entassent chez les revendeurs. Ces derniers ont donc bien essayé de revendre les systèmes via d’autres canaux avec une décote, ce qui a entraîné des réprimandes de Bang & Olufsen et donc une nouvelle baisse de ses revenus.

Trois profit warnings

Bang & Olufsen a publié une deuxième perte trimestrielle la semaine passée. La société a donc dû arrêter son programme de rachat d’actions pour préserver du cash. Un choix qui a dû fâcher d’autant plus les investisseurs.

À 55 ans, Kristian Tear succède à Henrik Clausen au poste de CEO. Ce dernier a vu la valeur de Bang & Olufsen se contracter de 70% au cours des douze derniers mois après trois avertissements sur résultat en moins d’un an. La valeur de la compagnie a ainsi fondu de 205 millions d’euros en l’espace d’un an.

L’annonce de l’arrivée de Kristian Tear a fait rebondir le titre de 9,5%. Reste maintenant à voir quelle sera la recette magique concoctée par le nouveau CEO pour faire revivre la marque danoise qui reste à beau potentiel.

Bang & Olufsen est en effet une marque hype des années 90. Elle parle à une clientèle qui a aujourd’hui un certain pouvoir d’achat. Reste à savoir ce que cette clientèle cherche aujourd’hui. Capitaliser sur la marque emblématique pour un certain public fera partie de la solution. Les actionnaires ont déjà prévenu. Ils demandent au nouveau patron de voir plus grand dans la stratégie de Bank & Olufsen. Kristian Tear est prévenu.

Amoureux de la marque

Le CEO scandinave a indiqué qu’il possédait lui-même plusieurs produits de la marque Bang & Olufsen à son domicile.

Pas vendeur

Le président de Bang & Olufsen, Ole Andersen, a assuré que Kristian Tear n’a pas été engagé pour vendre la compagnie. Ce que semble confirmer son profil. Ole Andersen avait laissé entendre pendant l’été que B&O était ouverte aux offres, trois ans après avoir refusé une offre de rachat de Sparkle Roll, qui détient près de 15% de B&O.

Partenariats "légers"

Son prédécesseurHenrik Clausen avait élaboré une stratégie "asset light", notamment via des partenariats technologiques pour diminuer les coûts, avec des sociétés comme LGElectronics.Nul ne sait si Kristian Tear va continuer dans cette voie.

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