L'homme qui ne lâche pas l'os

Médecin de formation, Enrico Bastianelli s’est fait la main comme gestionnaire dans plusieurs entreprises du secteur médical. Avant de se lancer dans la reconstruction des tissus osseux en créant Bone Therapeutics.

Il cultive la discrétion, mais ce n’est pas l’entrée en Bourse prochaine de son enfant, la société Bone Therapeutics, qui l’aidera. Depuis hier, la spin off de l’ULB qu’il a créée en juin 2006 a entamé la route qui doit la mener, d’ici début février, sur Euronext Bruxelles et Paris.

Âgé de 46 ans, Enrico Bastianelli est marié et père de deux enfants

1993: docteur en médecine, chirurgie et obstétrique (ULB)

1996-2001: Product manager chez Abbott

2001-2002: Global licensing manager chez UCB

2002-2006: Directeur du développement chez ProStrakan

2006-…: CEO de Bone Therapeutics

Tout est parti d’une thèse de doctorat de deux médecins, Jean-Philippe Hauzer (CHU Sart-Tilman à Liège) et Valérie Gangji, épouse de Bastianelli à la ville et qui travaille à l’hôpital Erasme (ULB). Tous deux se sont attaqués à la reconstruction du tissu osseux par cellules souches. Contactés par une société américaine désireuse de valoriser leurs travaux, ils s’adressent à Enrico Bastianelli, alors cadre supérieur de la société française ProStrakan, spécialisée dans les maladies… osseuses. Ils décident alors de valoriser eux-mêmes le produit des recherches des Prs Gangji et Hauzer en créant une spin off dans le giron de l’ULB.

Dotée d’un capital de départ de 900.000 euros apporté par Jacques Reymann, un ancien cadre de Tractebel, et le fonds Theodorus II (ULB), Bone Therapeutics se lance dans le développement du "Preob", un traitement de maladies osseuses invalidantes et majoritairement incurables par des cellules souches prélevées dans la moelle épinière et réimplantées dans le corps du patient par injection percutanée.

Médecin de formation, Enrico Bastianelli a complété son pedigree avec un diplôme de gestion. De quoi lui permettre d’assumer diverses fonctions de cadre supérieur, chez Abbott et UCB notamment, et de consultant chez McKinsey, où il dispense des conseils en R&D et en marketing à de grands laboratoires et à des biotechs.

Aujourd’hui, Bone Therapeutics, qui a étoffé son portefeuille, franchit un pas supplémentaire. Avec des caisses gonflées de quelque 30 millions d’euros, elle devrait être en mesure de parachever les préparatifs de son lancement sur le marché, prévu pour la fin de la décennie.

À lire le CVd’Enrico Bastianelli, on pourrait croire que son passage chez Procter & Gamble aurait constitué un petit détour dans une carrière jalonnée d’activités dans le secteur médical.Détrompez-vous.Il y prendra en charge le marketing de médicaments dans le département pharmaceutique.

Travail et famille

Diriger une spin off universitaire n’a rien d’une sinécure et ne laisse guère de place pour les loisirs. Cela tombe bien: le hobby de Bastianelli, c’est… son travail. Le temps qu’il lui reste, il le consacre à sa famille: son épouse, le Pr Valérie Gangji, dont la thèse de doctorat est à l’origine de la création de Bone Therapeutics, et leurs deux filles, âgées de 13 et 15 ans.

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