La "Première" danoise qui s'accroche

On peut dire qu’elle revient de loin. Alors que sa popularité flirtait avec le zéro absolu il y a deux ans, Helle Thorning-Schmidt pourrait finalement se maintenir à la tête du gouvernement danois.

Elle jouit aujourd’hui du soutien de 42% des Danois (selon un sondage Epinion), une popularité dont ne peut que rêver son rival libéral Lars Lokke Rasmussen (26%). Mais surtout, la coalition gouvernementale est désormais au coude-à-coude avec l’opposition de droite dans les sondages, après avoir été largement devancée.

Il faut dire que la politicienne a eu du flair en convoquant les élections législatives alors que la reprise économique se confirmait au Danemark. La veille de l’annonce du scrutin de ce jeudi, le gouvernement danois remontait ses prévisions de croissance du PIB de 1,4% à 1,7% pour cette année.

  • Née en 1966 dans une famille conservatrice de la banlieue de Copenhague.
  • Diplômée en sciences politiques de l’Université de Copenhague et en études européennes du Collège de Bruges.
  • Rencontre son mari et devient social-démocrate pendant ses études en Belgique.
  • Eurodéputée de 1999 à 2004. Prend la tête du Parti social-démocrate danois en 2005.
  • Devient la première femme à diriger le gouvernement danois en octobre 2011.

Une reprise que Thorning-Schmidt attribue (évidemment) à ses politiques héritées pour certaines de son prédécesseur de droite, Rasmussen. Mais qui serait surtout due à une hausse des exportations danoises, estiment les économistes…

Virage à droite

En attendant, la social-démocrate n’a pas hésité à virer à droite lorsqu’elle l’estimait nécessaire. Comme au moment de baisser les impôts, de tailler dans les bourses d’étudiants ou de réduire la durée de versement des allocations de chômage, des politiques qui ont pas mal nui à son image. La Danoise a également durci le ton dans le domaine de l’immigration, un sujet devenu franchement chaud à mesure qu’affluaient les demandeurs d’asile vers le Danemark, paradis de l’Etat-Providence. En un an, le nombre de demandeurs d’asile a doublé à près de 15.000 personnes.

Le Danemark est devenu la cinquième destination européenne (en proportion à sa population) de ces immigrés venus essentiellement d’Afrique et de Syrie. De quoi donner du grain à moudre au Parti populaire danois, une formation de la droite populiste qui pourrait bien devenir le deuxième parti d’opposition après ces élections. Ce qui a poussé les autres partis à se montrer plus sévères en matière d’immigration. Au point où le numéro deux du gouvernement danois, Morten Oestergaard, se plaignait récemment de la tournure "xénophobe" prise par la campagne.

L’allié Cameron

Dans ce contexte tendu, Thorning-Schmidt s’est montrée solidaire des Britanniques en plaidant, elle aussi, pour une révision des règles de libre-circulation des travailleurs dans l’Union. Comme le Premier ministre britannique, David Cameron, elle estime que les travailleurs immigrés ne devraient pas avoir automatiquement accès aux prestations sociales de son pays. Pas étonnant que Cameron ait entamé par la Danoise sa tournée de visites auprès de plusieurs dirigeants européens, après sa réélection du mois dernier.

Thorning-Schmidt est particulièrement coquette et elle porte à ravir les vêtements griffés. Rien à voir avec les tailleurs pantalon de l’Allemande Angela Merkel ou de l’Américaine Hillary Clinton. Surnommée "Gucci Helle", elle a tenté de casser son image chic et guindée en faisant campagne en jeans ou en déneigeant elle-même son trottoir. Quant à son sac Gucci, elle l’a vendu au profit d’une bonne œuvre. Dur dur la vie de politicienne…

Le selfie de trop

Ç’aura été l’un des selfies les plus célèbres du net. On y voit Helle Thorning-Schmidt, tout sourire, entourée du Premier ministre britannique David Cameron et du président américain Barack Obama. La Danoise a été pas mal critiquée pour cette photo qu’elle a prise pendant l’hommage rendu à la mémoire de Nelson Mandela quelques jours après le décès de l’ancien président sud-Africain. Pas fier de lui, Cameron dira plus tard qu’il s’était senti obligé de poser.

Madame Kinnock

Le Premier ministre danois est la bru de l’ancien chef des travaillistes britanniques, Neil Kinnock. Son mari, Stephen, vient d’être élu au parlement britannique. Cela fait des années que le couple, qui a deux filles, se partage entre deux pays. Jusqu’il y a peu, Kinnock vivait à Genève, où il travaillait comme directeur du World Economic Forum. Il est aujourd’hui domicilié outre-Manche.

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