Laura Ingraham, la grande prêtresse des journalistes conservateurs

Personnalité vedette de la chaîne conservatrice préférée de Donald Trump, Fox News, elle n’est pas à sa première polémique. Dernier scandale en date: les "colonies de vacances" pour les mineurs arrachés à leurs parents sans papiers.

D’un côté, une présentatrice en larmes qui annonce l’ouverture de centres d’accueil pour nourrissons et enfants de migrants; de l’autre, une journaliste qui parle de "colonies de vacances" pour qualifier ces centres de détention. Laura Ingraham, vedette de la chaîne conservatrice Fox News, a créé la polémique avec des propos jugés par beaucoup comme cruels et choquants.

Si Donald Trump a fait volte-face mercredi en signant un décret pour finalement arrêter la séparation des familles de clandestins, il n’en reste pas moins que les propos de Laura Ingraham ont provoqué l’ire de personnalités d’Hollywood, comme le cocréateur de la série à succès "Modern Family", Steve Levitan, qui a annoncé mardi qu’il allait cesser de travailler pour le groupe américain Fox.

Reine des polémiques

Laura Ingraham, la reine des talk-shows radio de droite, est connue pour tenir régulièrement des propos agressifs. Depuis ses débuts en tant que journaliste dans les années 1990, l’ancienne avocate a donné son avis tranché sur bon nombre de sujets. Récemment, la mère de famille de 55 ans – elle a adopté trois enfants – s’est attaquée à David Hogg, un survivant de la tuerie de Parkland (Floride), devenu un des visages du mouvement de la jeunesse contre les armes.

"David Hogg refusé par quatre universités auxquelles il s’est inscrit et il en chouine", avait-elle tweeté avant de s’excuser suite au boycott, par six annonceurs, de son émission "The Ingraham Angle" diffusée sur Fox News.

Fidèle de Trump

Née et élevée dans une banlieue du Connecticut, Laura Ingraham est diplômée de l’université Dartmouth College. À cette époque, rédactrice pour le journal conservateur Dartmouth Review, elle envoie secrètement un reporter pour couvrir un meeting LGBT. Elle publie ensuite les noms des étudiants présents et envoie les enregistrements de la réunion à leurs parents.

CV Express
  • Née en 1963 à Glastonbury (Connecticut).
  • Pendant les années 1980, elle travaille au sein de l’administration du président Ronald Reagan, et rédige les discours du conseiller en politique intérieure.
  • Diplômée en droit de l’Université de Virginie en 1991.
  • Durant les années 90, elle poursuit une carrière de magistrate et d’avocate.
  • En 1997, elle publie un article dans le Washington Post pour parler de l’homosexualité de son frère Curtis.
  • En avril 2001, elle lance l’émission de radio "The Laura Ingraham Show".
  • Le 20 juillet 2016, elle participe à la Convention nationale républicaine à Cleveland (Ohio) pour soutenir Donald Trump.
  • Le 30 octobre 2017, Fox News lance l’émission "The Ingraham Angle".

Mais ses positions contre les LGBT auraient depuis évolué selon ses dires, notamment après avoir appris que son frère était homosexuel.

Une chose est sûre, Laura Ingraham aime choquer et utiliser un ton provocateur aussi bien sur Fox News que sur son émission de radio "The Laura Ingraham Show". Elle a, par exemple, insulté LeBron James, lui intimant de la "fermer et de dribbler" en réponse aux propos anti-Trump tenus par la star de la NBA.

Car la blonde quinquagénaire au sourire blanc impeccable ne cache pas ses positions politiques très conservatrices. Soutien de Donald Trump de la première heure, son nom aurait même été évoqué pour remplacer l’ancien porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, qui a démissionné l’été dernier.

Difficile de dire si elle a sérieusement envisagé de travailler pour le président américain, mais Laura Ingraham s’est imposée progressivement comme l’un des visages des médias conservateurs, enhardis depuis l’élection de Trump.

"Ses compétences pour le réseautage ainsi que sa volonté de vous attaquer à la jugulaire lui ont permis de faire son entrée dans le club masculin des radios de droite", écrivait déjà le journaliste Rory O’Connor en 2008, avec pour titre de l’article "Laura Ingraham: haute prêtresse de la haine des radios de droite".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content