Laurent Bavay, archéologue belge | Incontournable en France et en Egypte

Laurent Bavay (ULB) est un archéologue comblé. Il est aussi un des égyptologues les plus en vue.

Depuis le 3 juin dernier et le décret signé par le Président français François Hollande, il est le nouveau directeur de l’Institut français d’archéologie orientale (IFAO) au Caire (Egypte). Une première dans l’histoire de cette institution scientifique fondée en 1880. Laurent Bavay est en effet le premier "non-Français" à se voir confier la direction de cette prestigieuse maison. Pour un égyptologue francophone, on ne peut rêver plus beau parcours!

"L’IFAO est un des sept instituts archéologiques étrangers implantés de manière permanente au Caire, souligne le scientifique belge. C’est aussi l’établissement français de recherche le plus important en Egypte. Une centaine de personnes y travaillent. Des scientifiques, bien sûr, mais aussi des techniciens et du personnel administratif qui assurent le bon déroulement de plus de 60 programmes de recherche dans le pays, dont 25 chantiers de fouilles."

Comment le chercheur belge aux 40 campagnes de fouille en Égypte a-t-il pu accéder à la tête de cette prestigieuse institution?

  • 1972: Naissance le 2 mars à Uccle
  • 1995: Licence (Master) en Histoire, Art et Archéologie à l’Université Libre de Bruxelles
  • 2008: Doctorat en Histoire, Art et Archéologie à l’ULB
  • 2015 (février): Dernière mission (en date) de l’ULB dans la nécropole thébaine (18 missions archéologiques ULB sur plus d’une quarantaine au total menées en Egypte)

"L’égyptologie francophone est un petit milieu, constate le scientifique. Nous nous connaissons tous et nous entretenons de multiples collaborations. Au fil des congrès, des campagnes de terrain, nous échangeons beaucoup avec nos collègues." Le poste de direction de l’Institut français d’archéologie orientale au Caire est un mandat de quatre ans. Il a été ouvert en début d’année par une publication au Journal Officiel (français). "J’y avais réfléchi. J’ai présenté ma candidature. La sélection et les entretiens par une commission d’éminents spécialistes, académiciens, professeurs, chercheurs, m’ont été favorables. Cette commission de sélection a soumis mon nom à la Ministre qui l’a ensuite proposé au Président, lequel a avalisé ce choix. Je devais être la bonne personne, avec le bon profil et les compétences recherchées", dit-il, modestement.

Voilà pour la procédure. Quant aux raisons qui ont poussé Laurent Bavay à déposer sa candidature, elles sont bien entendu très… personnelles.

"Je collabore avec l’IFAO depuis 1995 et la fin de mes études à l’ULB, reprend-il. J’ai en partie été formé à l’IFAO, et beaucoup de jeunes chercheurs qui ont partagé ces séjours au Caire occupent aujourd’hui des charges de professeurs d’université en France ou dirigent des institutions importantes, comme le Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak. Pour un égyptologue, c’est une forme de formidable aboutissement."

Le scientifique bruxellois a une longue habitude de la gestion des programmes de recherches, des chantiers de fouilles et des équipes scientifiques. En juin dernier, il a terminé son deuxième mandat de trois ans à la tête du CReA-Patrimoine, le Centre de recherches archéologiques de l’ULB.

Une nouvelle pyramide

Dans le cadre de la mission archéologique conjointe de l’ULB et de l’ULg, en 2013 à Louxor, mission soutenue par le F.R.S-FNRS, Laurent Bavay a découvert une nouvelle pyramide! Il s’agit de la pyramide de Khay, un des vizirs de Ramsès II.

Cette fonction représente de nouveaux défis, l’opportunité unique de participer au pilotage de la recherche scientifique. Par ailleurs, l’Égypte traverse aujourd’hui une période décisive et complexe de son histoire. Ce poste est un observatoire privilégié, passionnant, de cette évolution. Il offre la possibilité de jouer un rôle, bien modeste mais cependant non négligeable, dans les relations entre ce pays et la France. "Les défis sont énormes: protection du patrimoine, rôle de la culture dans la société égyptienne multiculturelle, enseignement. Enseignant-chercheur, je suis très attentif à la formation et je souhaite m’investir dans ce domaine, en collaboration étroite avec nos collègues égyptiens."

Le chercheur belge n’ignore pas qu’il s’agit d’un défi difficile. "Pour moi, c’était le moment idéal, dit-il pourtant. Le choix sur ma personne me laisse penser qu’il y a en France une véritable volonté d’ouverture à l’international de l’Institut."

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