Laurent Levaux, un redoutable stratège à l'air charmeur

Depuis son entrée dans la vie active, Laurent Levaux affiche un parcours professionnel sans faute. Grâce à son expérience, ce Wallon engagé apporte une plus-value dans les conseils d’administration où il siège.

La poignée de main est virile, ferme et accompagnée d’un sourire charmeur. Au premier contact avec Laurent Levaux, son interlocuteur comprend de suite qu’il a affaire à un patron dont la détermination se mesure à l’objectif qu’il veut atteindre. "C’est un homme compétent qui a fait une belle carrière. Il n’est pas du tout un patron autoritaire. Bien sûr, il a ses idées, mais il sait aussi faire preuve d’une capacité d’écoute vis-à-vis de ses collaborateurs avant de prendre des décisions", nous a confié un autre capitaine d’industrie qui l’a côtoyé.

Le profil
  • Laurent Levaux (61 ans) est marié et père de 3 enfants.
  • Entre 1985 et 1995, il est partenaire chez Mc Kinsey en charge notamment du recrutement à Bruxelles.
  • De 1988 à 2002, il a enseigné la stratégie aux HEC à Liège.
  • Il est nommé président de la Sogepa, un des outils économiques wallon qui vient en aide aux entreprises en difficultés.

Une tête bien faite

Liégeois, originaire de Spa, Laurent Levaux a de l’ambition tant pour lui-même que pour les entreprises qu’il a eu à gérer. Avant d’entamer son parcours professionnel, il prend le temps de se doter d’un bon bagage intellectuel. Après son diplôme d’ingénieur commercial de l’UCL – où il a également décroché une licence en économie appliquée avec une grande distinction pour les deux titres –, il enrichit sa formation par un MBA à l’université de Chicago.

Il a ensuite cofondé une PME de services industriels à Liège, et rejoint Mc Kinsey comme partenaire. Dès 1995, il prend la direction de CMI, un groupe de maintenance et d’ingénierie internationale (situé à Seraing) qu’il redresse et développe avec succès. Homme de défis, il répond en mars 2003 à l’appel Karel Vinck, patron à l’époque de la SNCB, qui lui demande de reprendre en mains ABX Logistics, l’ex-filiale de l’entreprise ferroviaire. Avec ses collaborateurs, il redresse ABX qui impactait négativement le bilan de la SNCB d’une perte d’environ 350 millions d’euros en 2002. Remise sur de bons rails, ABX sera cédée en 2006 au fonds d’investissement 3i et au management pour 10 millions d’euros. En 2008, ABX réalise un résultat positif d’environ 60 millions d’euros et 3i en profite pour la vendre la même année au danois DSV pour près de 750 millions d’euros.

9 administrateurs à la sogepa

La Sogepa, un des principaux outils économiques wallons, vient d’être doté d’un nouveau conseil d’administration de 9 membres: 

  • 4 socialistes: Vincent Urbain de la SRWT, Marie-Kristine Vanbockestal du Forem, Laurent Zecchini, ex-chef de cabinet adjoint de Paul Magnette à la Région wallonne, et Renaud Degueldre, directeur général du BEP à Namur;
  • 3 MR: Laurent Levaux, Géraldine Demaret du cabinet Denis Ducarme et Emmanuel Serusiaux du cabinet Willy Borsus;
  • et 2 cdH: André-Marie Poncelet, administrateur général au ministère de la Communauté française, et Véronique Charlier.

André-Marie Poncelet sera le vice-président.

Passionné d’architecture

Dans la foulée, Laurent Levaux s’envolera pour devenir CEO du groupe d’assistance aéroportuaire Aviapartner, racheté en 2005 par 3i et alors en grande difficulté. Il en est aujourd’hui président et un des deux actionnaires aux côtés du fonds américain HIG. Après l’avoir dirigé pendant plusieurs années, il cède en juin 2016 la gestion opérationnelle au Britannique Clive Sauvé-Hopkins. Aviapartner occupe désormais près de 7.500 travailleurs et réalise un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros. Le groupe est présent sur 40 aéroports (dans 8 pays européens), dont 3 en Belgique où il emploie un peu moins d’un millier de travailleurs.

Même s’il a passé la main dans la gestion opérationnelle, Laurent Levaux n’en demeure pas moins actif au sein d’Aviapartner. D’ailleurs, il est souvent entre deux avions et difficile à joindre. Wallon engagé dans la promotion de l’entrepreneuriat, il est président d’Investsud et administrateur dans diverses sociétés (bpost, Hamon, Proximus, Groupe Herstal/FN Herstal, Circuit de Spa-Francorchamps).

Toujours élégant, l’homme soigne son image. Mais sous des allures de golden boy se cache un fin stratège doté une vision pour assurer le redressement et le développement des entreprises. Ceux qui le connaissent relèvent ses interventions et ses avis dans les conseils d’administration où il siège. "C’est quelqu’un qui a du panache et une capacité d’analyse très rapide des situations. Il sait s’entourer de gens compétents. Il amène une vision différente dans la discussion. Il a aussi un sens politique très développé", dit un autre patron. C’est un passionné d’art, d’architecture et de belles mécaniques. Spécialiste du retournement et du redressement d’entreprises en difficulté, on comprend le choix de l’exécutif wallon en le nommant président de la Sogepa.

SENS DE L’AMITIÉ

D’après ses proches, Laurent Levaux a un sens de l’amitié assez fort et désintéressé. "C’est le type qui peut vous appeler sans raison, juste pour demander si vous allez bien." Il propose aussi spontanément son aide à ses amis.

POLITIQUE LOCALE

Derrière le patron d’entreprises se cache aussi un homme politique. Au niveau local. Il a été élu conseiller communal en 2000 à Spa sur la liste des Intérêts communaux, qui rassemble notamment le MR et le PS.

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