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Le bras armé wallon de Bernie Ecclestone

©BELGA

Directeur général de Spa Grand Prix, société organisatrice du GP de F1 à Francorchamps depuis 2007, André Maes est l’homme de confiance de Bernie Ecclestone en Wallonie. Au départ, il n’est pas un mordu de la F1, mais il défend sa présence à Francorchamps. Pour l’emploi et l’image.

C’est l’effervescence vendredi dans les différentes zones autour du circuit de F1 à Spa-Francorchamps. Après des mois de préparation du grand événement, André Maes est comme sur des charbons ardents. Vendredi, c’est le jour où les spectateurs ayant acheté un pass pour les trois jours peuvent côtoyer les pilotes et demander des autographes. Ils peuvent déambuler dans les paddocks et apercevoir les bolides rutilants qui assureront le spectacle dimanche. C’est aussi le jour des essais libres pour les pilotes.

  • Naissance le 31 janvier 1951. Il est père de deux filles.
  • Études de droit et d’administration des affaires à l’Université de Liège (ULg).
  • Licencié en droit en 1974 de l’ULg.
  • Il entre à l’Intercommunale du circuit de Spa Francorchamps en 1983.
  • En 2007, il est nommé directeur général de Spa GP.
  • En tant qu’indépendant, André Maes collabore aussi avec la Fédération internationale de motocyclisme. Il a notamment organisé pour cette instance mondiale les "Awards" à Dubai. Il est aussi membre de la Commission Formule 1 de la FIA qui élabore notamment le calendrier des GP de F1.

La bonne météo du jour annonce des prévisions favorables pour le week-end. Et de facto, pour l’édition du GP de F1 qui se déroulera ce 23 août sur la piste ardennaise wallonne. "Suivant les conditions météo, on peut vendre entre 5.000 et 10.000 billets le jour du Grand Prix", sourit le directeur général de Spa Grand Prix (Spa GP), société organisatrice de la manche belge de la compétition du sport automobile depuis 2007.

L’ombre à la lumière

Les yeux malicieux dissimulés derrière des lunettes légèrement teintées, André Maes préfère l’ombre à la lumière. Ses sorties médiatiques sont d’ailleurs rares et quand il est sollicité, ses réponses sont murmurées. Et pourtant, l’homme est incontournable dans le circuit de la F1, surtout dans l’organisation de la compétition en Belgique. C’est en 2007 qu’il est nommé directeur général de Spa GP, la structure créée spécialement pour organiser le GP de F1 sur le plus beau circuit du monde, apprécié par les pilotes. Mais il arpente le bitume de Francorchamps depuis de nombreuses années. C’est en 1983 qu’il entre à l’Intercommunale du circuit de Spa-Francorchamps après avoir réussi un concours. "C’est Michel Daerden (NDLR, ancien ministre PS wallon décédé en le 5 août 2012), alors professeur aux HEC à Liège qui faisait passer l’examen final", se souvient-il.

André Maes se réjouit que la Wallonie ait pu signer un nouveau bail de 3 ans, jusqu’en 2018, pour l’organisation du GP de F1 à Spa. Mais, dit-il, "rien n’est acquis. La Wallonie doit faire face à la concurrence d’autres pays qui mettent des moyens financiers plus importants sur la table. Spa est un circuit naturel, au cœur de l’Europe".

Bernie Ecclestone

Proche de Bernie Ecclestone dont il a la confiance, André Maes salue les qualités du grand manitou de la F1. "C’est un homme de parole et droit. Il attend des gens qui le côtoient les mêmes dispositions. Il aime la franchise."

Lever le pied

À bientôt 65 ans, André Maes n’entend pas totalement renoncer à sa mission d’organisation du GP de F1 à Francorchamps. Directeur de Spa GP en tant qu’indépendant, il consent à lever le pied pour laisser la place à la jeune génération. Ses deux filles travaillent avec lui depuis quelques années déjà. Elles connaissent donc bien toutes les ficelles du métier.

Il a 33 ans et est engagé pour s’occuper de la gestion comptable et financière de l’intercommunale. Il gravira les échelons, occupant notamment le poste de directeur administratif et commercial avant d’accéder à la direction générale de la société de gestion du circuit de l’époque début 90. Il la dirigera jusqu’en 2002.

Pas par amour

Il l’assure, il n’est pas entré à l’intercommunale par amour pour la course automobile. "Je n’avais pas une attirance particulière pour la course auto au début, mais je me suis petit à petit pris d’affection pour un secteur qui est devenu le mien. J’avais le choix entre trois propositions, j’ai choisi la moins intéressante financièrement, parce que je me disais que c’était là que je pouvais faire une meilleure carrière", sourit-il.

Avant d’intégrer l’intercommunale de Francorchamps, il a d’abord travaillé, à la fin de ses études de droit à l’Université de Liège (ULg), chez Sarma Penney (une enseigne de grande surface américaine) pendant un an. Il entre ensuite au sein de l’entreprise familiale d’import-export en bois dur. Il aurait pu rejoindre le service public en tant que secrétaire d’administration. "J’étais dans les 100 premiers qui avaient réussi l’examen d’État, mais j’étais versé dans une réserve de recrutement. Mais entre-temps, j’ai été engagé chez Sarma Penney", raconte André Maes.

En 2002, il rejoint Bernie Ecclestone, l’homme fort de la F1 pour qui il a réalisé des missions dans divers pays (Bulgarie, Roumanie, Bahreïn, Dubai, Abu Dhabi, Qatar, etc.). Il sera son homme de confiance en Wallonie quand la publicité sur le tabac a forcé le Britannique à liquider en 2003 (année sans GP) Spa Activities, sa société d’organisation du Grand Prix de Belgique. Dans l’ombre, il surveillera de loin Didier Defourny à qui la Région wallonne a confié l’organisation de la course en 2004 et 2005. Il a aussi supervisé les travaux de mise aux normes F1 du site de Francorchamps en 2006 (année sans GP). Et c’est avec l’aval du grand manitou de la F1 que la Région wallonne l’a nommé directeur général de Spa GP en 2007.

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