Le dénicheur de pépites

"Nous étions agréablement surpris à l’annonce de son engagement", nous confiait un actionnaire familial, ce jeudi, à l’assemblée générale de D’Ieteren. Arnaud Laviolette deviendra, le 1er septembre, le prochain CFO de l’entreprise.

Il aura de gros challenges à relever. Car les deux business de D’Ieteren sont en pleine évolution. La consolidation de la distribution automobile est un défi majeur du secteur, et chez Belron aussi, l’activité a eu du mal à maintenir son niveau de rentabilité en 2014. Belron a autant de défis que de marchés sur lesquels elle se doit de performer.

Mais le défi majeur de D’Ieteren reste encore et toujours de mener à bien une acquisition suite à une vente d’Avis Europe qui remonte à octobre 2014.

Sébastien D’Hondt, Head of Corporate Clients Belux chez ING, estime qu’Arnaud Laviolette est le bon profil pour mener cette mission à bien. Les deux hommes ont travaillé ensemble à deux reprises chez ING, au début des années 2000 dans la corporate finance, et puis en 2011 quand Sébastien D’Hondt a rejoint l’équipe de son ancien collègue pour finalement lui succéder.

Axel Miller, CEO de D’Ieteren, estime que son nouveau CFO lui est complémentaire. "Ses talents nous aideront à trouver une nouvelle acquisition", dit-il

"C’est quelqu’un de créatif qui aime les raisonnements précis. Chez ING, il aimait bien tout échafauder sur des tableaux. Il challenge beaucoup aussi. Il est toujours en avance d’une question, ce qui l’aide dans le raisonnement et ce qui pousse les gens un peu plus loin", détaille ainsi son ancien collègue.

Bon tandem

Axel Miller, le CEO de D’Ieteren, et Arnaud Laviolette ont des backgrounds similaires. Par le passé, ils ont tous les deux travaillé dans les fusions/acquisitions et dans le corporate finance. "C’est un petit monde et on a toujours évolué dans les mêmes cercles, même si on n’avait jamais travaillé ensemble. Et quand vous voyez quelqu’un de qualité, vous avez envie de travailler avec lui", nous confiera Axel Miller lors de l’assemblée générale de D’Ieteren.

"Quand je l’ai eu en entretien, il m’a dit: ‘Mais vous savez que vous avez déjà essayé de m’engager dans une autre vie’" poursuit le CEO qui avoue avoir envisagé de l’engager du temps de Dexia.

Le profil
  • Arnaud Laviolette (54 ans) est licencié en sciences économiques de l’ICHEC et titulaire d’un Master en management de l’UCL.
  • Analyste financier, puis responsable M & A au sein de la Caisse Privée Banque, il rejoint en 1996 la division Investment Banking d’ING Belgium, dont il assure la direction de 2000 à 2009.
  • Head of Corporate Clients en 2009, il rejoint le Comité de direction et le Conseil d’administration d’ING Belgium en 2011.
  • Il rejoint le Groupe Bruxelles Lambert (GBL) en 2013 en qualité de directeur des participations.

"On s’est rencontré par hasard récemment et d’une conversation à l’autre, je lui ai proposé cette fonction, car je pense qu’il a le profil idéal. Il sait comment fonctionnent les entreprises, il les a conseillées accompagnées, aidées à structurer leur stratégie, leur organisation et leurs résultats. C’est quelqu’un qui a le profil pour pouvoir interagir de manière constructive et ambitieuse tant dans l’automobile que chez Belron. Deux marchés qui changent et dont il faut pouvoir pressentir les évolutions."

Chez ING, il aurait été, selon son ancien collègue, l’homme qui, dès le début, a identifié la société biotech IBA et la société spécialisée dans l’imagerie d’événements EVS comme pépites d’avenir. Une namuroise et l’autre liégeoise, qui sont devenues des leaders mondiaux. "Arnaud a toujours été quelqu’un de très connecté et un bon détecteur de sociétés pleines de talents pour se développer", poursuit Sébastien D’Hondt, qui explique que le nouveau CFO de D’Ieteren identifiait les sociétés à potentiel tôt afin de pouvoir jouer correctement "son rôle de banquier accompagnateur et supporter ces sociétés à se développer".

Selon un ancien collègue, il sait facilement identifier le potentiel des équipes et des jeunes entreprises, les connecter et soutenir le financement que ce soit en dette ou en equity.

Son ancien collègue tient aussi à mettre en avant son côté humain. Il avait "toujours une attention pour la personne à côté de la transaction et de l’aspect professionnel".

Même son de cloche chez Axel Miller. "Je suis content, car non seulement sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan humain, on est très très proches et complémentaires. On formera un bon tandem".

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