Le Nobel belge récompense un chercheur de planètes liégeois

Le Liégeois Michaël Gillon recevra le prix Francqui 2021 pour ses recherches autour de sept exoplanètes similaires à la Terre qui pourraient abriter la vie.

Comment un ex-fantassin du régiment des Chasseurs ardennais décroche-t-il le "Nobel belge", le Prix Francqui? Même s'il rêvait des étoiles depuis toujours, Michaël Gillon avait préféré une carrière militaire au sortir de l'adolescence, un peu effrayé par les études universitaires. Une fibromyalgie le verra cependant se faire réformer de l'armée. Retour aux rêves d'enfance à 24 ans et cursus, à l'université de Liège, en biologie, physique, biochimie et astrophysique, le tout ponctué d'un doctorat.

Recherche d'exoplanètes

Ce beau bagage a permis alors au Liégeois de rejoindre, durant presque trois ans, l'équipe de Michel Mayor et Didier Queloz, récompensés en 2019 par le prix Nobel pour leur découverte de la première exoplanète en orbite autour d'une étoile similaire au Soleil. De retour à l'ULiège, Michaël Gillon poursuivait dans cette voie astrale, avec des travaux sur la détection d'exoplanètes et leur caractérisation physico-chimique.

Aujourd'hui, à 46 ans, les spécialités de ce scientifique habitant Anthisnes sont résolument l'exoplanétologie et l'astrobiologie. Il a fait des découvertes majeures en ces domaines, qui lui valent donc d'être récompensé par le Prix Francqui – une somme de 250.000 euros –, consacré cette année aux sciences exactes. Ce n'est pas le premier prix prestigieux pour celui qui est  reconnu à l'unanimité par la communauté scientifique, et s'est vu décerner, en 2018, la médaille Exceptional Scientific Achievement de la Nasa.

Les télescopes Speculoos permettent d'observer les exoplanètes. ©Tau-Tec

Trappist et Speculoos

Le coup de génie de Michaël Gillon passe par ses télescopes. Il a mis au point deux réseaux de télescopes robotiques, répartis dans le monde, et sympathiquement nommés Trappist (pour TRAnsiting Planets and PlanetesImalS Telescope, le prototype), et Speculoos (pour Search for Planets EClipsing ULtra-cOOl Stars). Ils permettent d'observer, depuis la Terre et avec une belle précision, le ciel, et surtout les exoplanètes.

En effet, on sait depuis une bonne vingtaine d'années que non, les étoiles ne sont pas des objets isolés, elles sont quasiment toujours accompagnées de planètes. Mais comment tous ces systèmes lointains fonctionnent-ils?

"Le prochain objectif consiste à étudier les conditions de surfaces des planètes afin de déterminer si elles sont propices à l'existence d'eau liquide, et donc de vie."
Michaël Gillon
Docteur en astrophysique, lauréat du Prix Francqui 2021

Les télescopes de Michaël Gillon l'ont amené à découvrir sept planètes, nommées Trappist-1, similaires, en taille et en masse, à la Terre. Celles-ci gravitent autour d’étoiles ultrafroides... et pourraient héberger une forme de vie. Oui, comme le Soleil, d'autres étoiles peuvent abriter des planètes suffisamment tempérées pour qu'il y ait de l’eau liquide sur leur surface, et permettre des conditions habitables.

Le matériel et les recherches du lauréat du Francqui 2021 permettent déjà d'estimer la taille de ces planètes, ainsi que d'en savoir plus sur leur masse, leur densité et la composition atmosphérique. Évidemment, celui qui, enfant, était déjà fasciné par la possible existence d'une vie ailleurs que sur la planète bleue compte bien aller plus loin. "Le prochain objectif consiste à étudier les conditions de surfaces des planètes afin de déterminer si elles sont propices à l'existence d'eau liquide, et donc de vie."

Le profil

  • Naissance à Liège en 1974, enfance à Louveigné, scolarité à Esneux et Aywaille.
  • Première carrière au sein de l'armée belge, chez les Chasseurs ardennais à Marche-en-Famenne.
  • En 1998, reconversion avec un cursus scientifique à l'ULiège.
  • Doctorat en astrophysique à partir de 2002.
  • Maître de Recherches FNRS en 2018.

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