Le nouveau maestro de "The Economist"

Président de Fiat Chrysler Automobiles. Président d’Exor, premier actionnaire avec 29% du géant automobile – entre autres participations. Président de la société en commandite Giovanni Agnelli e C., qui contrôle Exor à 51%.

Le CV de John Elkann n’est pas le plus long qui soit et cela ne tient pas à son âge (39 ans). Quand on est à ce point au sommet du pouvoir financier, pas besoin d’en rajouter. L’empire Agnelli, c’est lui.

Quelques jours après avoir mis la main sur le réassureur PartnerRe pour 6,9 milliards de dollars, "l’héritier" annonce ce mercredi qu’il débourse 287 millions de livres (401 millions d’euros) pour devenir le premier actionnaire de "The Economist Group", éditeur de l’hebdo économique qu’on ne présente plus.

  • Né en 1976 à New York.
  • Diplômé en ingénierie de l’École polytechnique de Turin.
  • En 2001, il entre chez General Electric comme auditeur, où il travaille deux ans.
  • Administrateur de Fiat depuis 1997, il en devient vice-président en 2004.
  • Président de Fiat depuis 2010.
  • Il est aussi président et CEO du holding Exor, et président de la société en commandite de la famille Agnelli qui contrôle Exor.

Exor rachète le gros des parts du groupe britannique Pearson, lequel poursuit ainsi son désengagement des médias, et son recentrage sur le secteur de l’éducation. Dans le même esprit, Pearson a vendu le "Financial Times" au japonais Nikkei le mois dernier.

Exor détenait déjà 4,7% de "The Economist". Il en devient le premier actionnaire avec 43,4% du capital, devant Rothschild et ses 27%. Elkann connaît bien les médias: non seulement il siège au conseil de News Corp, le groupe de Rupert Murdoch, mais il est surtout le… président d’Italiana Editrice, propriétaire du quotidien turinois "La Stampa", contrôlé par Fiat Chrysler Automobiles.

C’est son grand-père Gianni Agnelli, l’iconique patron de la Fiat pendant plus de 30 ans, qui a choisi de l’installer aux commandes de son empire.

Initialement, le successeur devait être Giovaninno Agnelli, cousin de John, mais celui-ci meurt en 1997, d’un cancer foudroyant, à 33 ans. Le patriarche se tourne alors vers le fils aîné de sa fille Margherita, qui aura trois enfants avec l’écrivain et journaliste Alain Elkann (avant d’en avoir cinq autres avec son second mari, Serge de Pahlen, dont elle porte aujourd’hui le nom).

John Elkann est le fils du journaliste et écrivain Alain Elkann et de Margherita Agnelli, elle-même fille de Giovanni "Gianni" Agnelli, qui a régné sur Fiat pendant plus de trente ans jusqu’en 2003. Ce dernier porte le nom et le prénom de l’un des fondateurs en 1899 de la Fabbrica Italiana Automobili Torino (Fiat). Le designer et jet-setter Lapo Elkann est le frère de John.

Vous avez dit Exor?

Le holding turinois Exor, qui devient l’actionnaire principal de "The Economist Group" avec 43,4% du capital, est une très grosse machine de guerre contrôlée par la famille Agnelli, que "Fortune" situe à la 19e place des plus grands groupes mondiaux. Ses actifs nets valent plus 13 milliards d’euros. Dans son portefeuille, entre autres: 29% de FCA (Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Chrysler, Dodge, Jeep, Ferrari, Maserati,…), 100% de PartnerRe, 81% de Cushman & Wakefield, 17% de Banco Leonardo ou encore 64% de la Juve, le club de foot.

En 1997, John Elkann fait son entrée au conseil d’administration de Fiat, à 21 ans. Il n’a pas le flamboyant de son grand-père mais il est futé comme lui et apprend vite. Les circonstances joueront aussi. Après la mort de son grand-père en 2003 puis de son grand-oncle un an plus tard, il n’a pas trente ans quand il devient le "patriarche" de la dynastie transalpine, en même temps qu’il épouse la comtesse Lavinia Borromeo.

Sous l’aile protectrice de Gianluigi Gabetti, un proche de Gianni Agnelli, "l’héritier" tient son rôle dans le sauvetage de Fiat, alors criblé de dettes et promis à un rachat par la concurrence. Vice-président depuis 2004, il devient président en 2010.

Avec ses airs de jeune stagiaire, John Elkann fait toujours trop jeune pour l’emploi. Mais il est clair depuis longtemps qu’il ne fait pas dans la figuration.

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