Le sulfureux défenseur des énergies fossiles

Le scandale enfle autour des dépenses et des pratiques du ministre américain de l’Environnement. Scott Pruitt, climatosceptique revendiqué, aurait ainsi violé plusieurs lois fédérales, et beaucoup demandent aujourd’hui sa démission.

Scott Pruitt est-il sur la sellette? Si Donald Trump a jusque-là soutenu son secrétaire de l’Environnement, plusieurs voix s’élèvent aujourd’hui, y compris chez les républicains, pour demander sa démission. Car le patron de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) serait visé par une dizaine d’enquêtes fédérales. La Maison-Blanche se dit même troublée par les accusations visant Scott Pruitt. Des accusations qui portent notamment sur ses dépenses aux frais du contribuable: voyages en première classe ou encore achat d’une cabine insonorisée dans son bureau pour 43.000 dollars. Il aurait ainsi profité de sa fonction pour améliorer son train de vie et celui de sa famille, jusqu’à utiliser certains membres de son cabinet pour des tâches personnelles, comme de trouver un emploi à sa femme. Dernièrement, une mère de famille l’a même pris à partie dans un restaurant de Washington, pour lui demander de démissionner.

Climatosceptique

Le profil
  • Né en 1968 à Danville (Kentucky)
  • Diplômé de l’université du Kentucky, il a ensuite rejoint l’université de Georgetown et obtenu son diplôme en 1990
  • Il est élu sénateur dans l’Oklahoma en 1998
  • En 2010 il est élu procureur général de l’Oklahoma avant d’être réélu en 2014
  • En 2017, il est nommé à la tête de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

Scott Pruitt est reconnu pour ses positions climatosceptiques, pro pétrole et pro charbon. Depuis son arrivée à la tête de l’EPA, il s’est activé à démanteler le bilan environnemental de Barack Obama. Ce défenseur des énergies fossiles, ancien procureur général de l’Oklahoma – État qui tire 50% de ses richesses de l’exploitation pétrolière – a été l’un des leaders de la bataille juridique menée ces dernières années par les républicains contre l’EPA. Ironiquement, il a intenté 14 procès contre l’agence, et en 2016, sous son impulsion, 28 Etats américains ont déposé plainte contre le plan climat de Barack Obama. Il se vantait même, sur sa page LinkedIn, d’être un "militant contre l’EPA".

300.000 dollars

Ami assumé de l’industrie pétrolière, le ministre républicain de 50 ans, originaire du Kentucky, n’a jamais caché ses positions, bien au contraire, déclarant tour à tour qu’il "doutait" du réchauffement climatique, et qu’il comptait mettre fin à la "guerre" contre le charbon. Il est d’ailleurs au centre de suspicions concernant ses liens (e-mails amicaux, rencontres, dîners) avec les lobbies pétroliers. Il aurait même reçu plus de 300.000 dollars depuis 2002 de la part de compagnies dans les énergies fossiles.

Fan de baseball

Scott Pruitt n’a pas toujours voulu faire de la politique. Ce fan de baseball – il a racheté Oklahoma City RedHawks, une petite équipe de baseball en 2003 pour près de 7 millions de dollars – aurait rejoint l’université du Kentucky grâce à une bourse sportive. Mais son parcours est ensuite plus classique: diplôme de l’université de Georgetown, puis de l’école de droit de l’université de Tulsa. Ses rêves sportifs ont donc rapidement laissé place à une carrière en politique. Dès 1998, il est élu sénateur dans l’Oklahoma. D’ailleurs, selon la presse américaine, ses pratiques douteuses remonteraient à ses années comme sénateur puis procureur général de l’Oklahoma. Il aurait notamment profité de ses relations pour payer ses différents logements. Aujourd’hui, il est accusé d’avoir pu louer un grand appartement à Washington pour 50 dollars la nuit, grâce à des amis lobbyistes. De quoi soulever, encore, des soupçons de favoritisme.

Trempé dans le pétrole

En 2013, sa campagne pour sa réélection comme procureur général de l’Oklahoma est largement financée par Harold Hamm, P.-DG de Continental Resources, une importante compagnie pétrolière.

Joueur pro de baseball

Avant de commencer sa carrière en politique, il voulait devenir joueur professionnel de baseball. Et pas pour n’importe quelle équipe: les Cincinnati Reds, selon le Tulsa World, journal local de Tulsa (Oklahoma).

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