Les Stones, sur les roots du blues

Les Rolling Stones ont accompli ce qu’aucun groupe rock n’a réussi: rester au top durant cinq décennies. C’est aujourd’hui que sort "Blue & Lonesome", un album qui dit tout leur amour du blues. Leur premier opus studio en dix ans.

Pour introduire "Blue & Lonesome", le producteur Don Was explique que "cet album est le témoignage manifeste de la pureté de leur amour de la musique et le blues est, pour les Stones, la source de tout."

Enregistré en décembre dernier, aux British Grove Studios à Londres, non loin des pubs et des clubs où jeunes, les Stones avaient démarré leur carrière, ce disque a été fait selon une approche spontanée. Carrément proche des conditions du live. S’y retrouvent des morceaux de Jimmy Reed, Willie Dixon, Eddie Taylor, Little Walter et Howlin' Wolf.

Soit des artistes que Mick Jagger, Keith Richards, Bill Wyman et Charlie Watts vénéraient étant jeunes, à un âge où ils n’envisageaient même pas de faire carrière. Certains observateurs n’ont pas manqué de dire que si ce nouvel album n’avait pris que trois jours pour être mis en boîte, c’était pour éviter que Mick Jagger et Keith Richards ne se tapent dessus…

5 dates
  • 1962: Les Rolling Stones se créent en s’inspirant, pour leur nom de scène, d’une chanson de Muddy Waters. Leurs débuts seront aussi fulgurants que ceux des Beatles auxquels on les opposera longtemps.
  • 1966: Le groupe sort "Aftermath", premier album entièrement composé de chansons de son cru et non de reprises.
  • 1969: Brian Jones, guitariste et l’un des fondateurs du groupe, est retrouvé mort dans sa piscine. Mick Jagger s’impose comme leader.
  • 1970: The Tongue, la fameuse langue, qui deviendra le symbole des Stones, est créée par John Pasche, un étudiant en art à Londres.
  • 2005: La tournée A Bigger Band est considérée comme la plus lucrative de l’histoire du rock avec des recettes dépassant les 437 millions de dollars.

Peut-être. La vérité pourrait être aussi que Bill Wyman, leur bassiste historique, soigne un cancer de la prostate. Et pourtant, il est parti jouer avec ses compagnons à La Havane, en mars dernier, après une petite tournée en Amérique Latine. Un DVD retraçant ce concert cubain est sorti en septembre. Mais la rivalité entre les deux piliers du groupe a toujours fait plus jaser que leurs bulletins de santé.

Les jumeaux étincelants

C’est après des vacances au Brésil, en 1968, que Mick Jagger et Keith Richards se sont affublés du surnom de Glimmer Twins, les jumeaux étincelants. Ils utilisèrent ce pseudo pour signer la production de l’album "It’s Only Rock’n’Roll", en 1974 et de nombreux autres par la suite, dont le dernier en date.

Se complétant à la perfection, ces deux-là ont créé ensemble l’œuvre stonienne. Leur statut de "plus grand groupe au monde", ils l’ont acquis ensemble avec un titre écrit par eux-mêmes et qui disait tout ce que la jeune génération de 1965 pensait "I Can’t Get No Satisfaction". Leur rivalité naquit dans les années 80 et s’étala dans la presse. L’autobiographie que publia Keith Richards, en 2010, sous le titre "Life", en remit une couche car, Keith s’y moquait, entre autres, de la taille du pénis de Mick et de son "arrivisme". S’ils se sont réconciliés depuis, c’est que l’amour du rock est le plus fort. "Je ne suis pas seulement là pour faire des disques et de l’argent. Je suis là pour dire quelque chose et toucher les autres", déclare Keith dans son livre. Les Rolling Stones ne prendront jamais leur retraite. Et tant pis, s’il y en a que ça dérange… "You can’t always get what you want", comme le chante Mick.

En bref

Fortune

La fortune de Mick Jagger est évaluée à plus de 600 millions de dollars. Il possède un château en Touraine, une maison à Londres, plusieurs appartements aux états-Unis, une villa sur l’île Moustique et il vient d’offrir une maison à New York à sa nouvelle compagne d’une valeur de 7 millions de dollars. De son côté, Keith Richards pèserait 340 millions de dollars. Les Stones tirent leurs revenus des disques, des concerts, des produits dérivés et de placements judicieux.

La chanson préférée de Trump 

 Bien que les Rolling Stones soient allés en justice pour interdire à Donald Trump d’utiliser leur chanson "You Can’t Always Get What You Want", durant sa campagne pour la présidentielle, ce dernier a continué de l’utiliser lors de ses meetings. Le jour de l’annonce de la victoire de Trump, Mick Jagger a tweeté ironiquement: "Je suis en train de regarder les infos. Peut-être qu’ils vont me demander de la chanter à l’inauguration de sa présidence, ha!".

Vitalité

Si les Stones ont une longévité exceptionnelle dans le rock business, à titre personnel, Mick Jagger a, à 73 ans, une pêche incroyable. Le frontman des Stones attend, pour fin 2016, le bébé qu’il a eu avec sa nouvelle compagne, la danseuse Mélanie Hamrick. Ce sera le huitième enfant de Mick.

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