Liesbeth Homans, Flamande jusqu'au bout des ongles

La ministre flamande de l’Intérieur veut faire de la petite commune de Linkebeek un exemple et prouver que la N-VA n’est pas devenue un paillasson sur lequel marchent les francophones.

N’espérez pas un mot en français de la part de Liesbeth Homans, il ne viendra pas. Ou alors, vous allez l’attendre très longtemps. "D’ailleurs, ça ne l’intéresse pas", dit un de ses collègues de parti. Elle est comme ça, Liesbeth Homans, Flamande jusqu’au bout des ongles. Et là, avec le dézinguage en règle du bourgmestre francophone de Linkebeek Damien Thiéry, elle a trouvé un bon moyen de se faire un nom. De sortir de l’ombre.

Le sparring-partner de Bart De Wever

De l’ombre? Pardon (sorry), mais de quelle ombre parlez-vous? De celle de son président de parti, de son ami, de son camarade de classe de la KUL, oui, oui (ja, ja), ces deux-là, Bart De Wever et Liesbeth Homans, mènent carrière et cause communes depuis 20 ans. La cause flamande, la cause anversoise: Homas, c’est le sparring-partner de De Wever, c’est sur elle qu’il exerce ses bons mots, ses attaques politiques, et c’est elle qui lui dit ses quatre vérités – elle est d’ailleurs l’une des seules à pouvoir le faire.

Pas féministe…

"J’ai plutôt une mentalité d’homme. Le vernis et ce genre de chose, très peu pour moi. L’égalité des chances ne me tient pas éveillée la nuit. Tout le monde peut s’insurger, mais je trouve qu’en tant que femme, on reçoit les chances qu’on est prête à prendre. Point à ligne", a-t-elle confié il y a deux ans au "Standaard".

Volksunie

Comme Bart De Wever, Liesbeth Homans était membre de la Volksunie.Elle a critiqué la dérive gauchiste du parti sous l’influence de Bert Anciaux et de Sven Gatz.Dans la foulée de l’éclatement de la VU, en 2001, Bart DeWever forme la N-VA, elle le rejoindra peu après.

Basket-ball

Liesbeth Homans a joué en division nationale au basket-ball.Son premier job, après ses études à la KUL, sera d’ailleurs en lien avec le sport puisqu’elle sera coordinatrice de la fédération sportivecatholique flamande.

Alors là, dame Homans (42 ans, 2 enfants) a donc trouvé l’occasion de passer de la théorie à la pratique. Pas étonnant, finalement, pour quelqu’un qui revendique être "pragmatique". Ministre flamande de l’Intérieur, avec sous le bras sa tutelle sur les communes flamandes, elle s’est dit que, elle aussi, pouvait bien se payer un francophone.

Manque de chance: c’est un libéral. Un MR. Vous savez: ceux qui sont censés être les meilleurs amis de la N-VA. Mais ça, c’est à l’échelon fédéral, au niveau flamand, visiblement, ça compte bien peu. Et connaissant De Wever, cela doit l’agacer. De devoir mettre ses mains dans le cambouis communautaire local pour éviter que l’incendie de Linkebeek ne se propage à la majorité fédérale. Mais Homans s’est affranchie de son tuteur politique, ne se soucie pas plus des dommages collatéraux qu’elle risque d’occasionner au Fédéral que de son premier mot appris en français. L’occasion est belle, aussi, de montrer au Vlaams Belang, qui se refait timidement une santé politique, que la N-VA n’est pas devenue molle, qu’elle n’est pas le paillasson des francophones – même si le communautaire devait être rangé au vestiaire durant cinq ans. Hier spreekt men Nederlands. Compris?

Au CPAS d’Anvers, dont elle occupait la tête avant de devenir ministre flamande, sa politique "hard" lui a valu l’image d’une dure à cuire. Suspension des allocations sociales pour les allocataires absents des cours de néerlandais, travail obligatoire pour les allocataires, taxe "spéciale" pour les réfugiés. Bref, on n’a rien pour rien. "There is no free lunch", sifflote souvent son mentor Bart De Wever. Et Liesbeth Homans a , en effet, grandi dans une habitation sociale, travaillé comme caissière dans un Delhaize pour payer ses études (en relations internationales). "J’ai appris qu’on ne vient jamais rien déposer tout cuit dans votre bouche", dit-elle.

Struggle for life. Bizarre, c’est de l’anglais.

  • 17/02/1973: naissance à Anvers.
  • Étudie l’Histoire et les relations internationales à la KUL en compagnie de Bart De Wever.
  • 2004-2009: collaboratrice de Bart De Wever.
  • 2009: députée flamande.
  • 2012: élue à Anvers, devient présidente du CPAS et échevine des Affaires sociales.
  • 2014: ministre flamande de l’Intérieur.

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