Luca de Meo, le patron qui doit faire oublier Ghosn

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Nommé nouveau directeur général de Renault à partir de juillet, Luca de Meo est décrit comme quelqu’un de souriant, travailleur, ambitieux et créatif. Il devra gérer un "après Carlos Ghosn" compliqué.

Luca de Meo n’est pas n’importe qui dans le monde de l’auto. On ne devient pas CEO de Renault comme de rien. Actif depuis plus de trente ans dans le secteur automobile, Luca de Meo est notamment passé via Toyota ou Fiat où il a dirigé plusieurs marques dont Alfa Romeo. L’actuel patron de Seat a ainsi été préféré à une longue liste d’autres patrons parmi lesquels Patrick Koller, le CEO de Faurecia ou Henri Poupart-Lafarge, le big boss d’Alstom.

Le profil
  • Né en 1967, Luca de Meo est diplômé de la prestigieuse université italienne de Bocconi.
  • Il débute sa carrière à 25 ans chez Renault et puis chez Toyota.
  • Sa carrière prendra surtout un envol chez Fiat où il deviendra directeur marketing. Il y relancera avec succès la Fiat 500.
  • Luca de Meo rejoint ensuite le groupe Volkswagen où il passera par VW, Audi avant de prendre le volant de Seat fin 2015.

Déjà en son temps chez Fiat et surtout chez Seat, Luca de Meo s’est fait un nom. Arrivé il y a quatre ans à la tête d’une marque en perte de vitesse, Luca de Meo a conduit Seat vers les sommets. En 2019, pour la deuxième année consécutive, la filiale de Volkswagen a battu un record de ventes, avec plus de 574.000 véhicules écoulés, grâce notamment à ses SUV Arona et Ateca.

En plus de sa longue expérience de l’automobile, Luca de Meo amène aussi un esprit start-up avec lui. Seat est en effet la marque qui se veut la plus "disruptive" du groupe Volkswagen. C’est à Barcelone que Seat teste ses nouvelles solutions de micromobilité. Capitale mondiale des télécoms une fois par an, la marque teste à Barcelone tout ce qui se fait de neuf en matière de motorisations ou de mobilité. "C’est une histoire d’amour qu’il a eue avec Barcelone. Quand il est arrivé, il parlait déjà espagnol, mais il voulait le parfaire. Résultat, il visitait la ville avec son professeur d’espagnol", nous explique un collaborateur de Seat.

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Il souligne le côté bosseur et créatif de Luca de Meo, un homme qui n’hésite pas à sortir le crayon pour dessiner des voitures lui-même, mais qui arrive toujours hyperpréparé aux réunions avec les questions pertinentes. Luca de Meo a su profiter de l’esprit créatif de la ville au profit de la marque Seat dans tout ce qui concerne cette nouvelle mobilité.

Renault aussi se focalise de plus en plus sur ce genre de développements. Pas un mois ne passe sans que le constructeur français ne dévoile une nouvelle initiative de voiture autonome, d’électromobilité ou de voitures connectées. Luca de Meo y sera donc dans son élément sur ces aspects.

L'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi "relancée"

L'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est "relancée" après la nomination de Luca de Meo à la direction générale du constructeur automobile français. C'est en tout cas ce qu'a estimé ce mardi le ministre de l'Economie français Bruno Le Maire.

"Avec cette nomination et celle d'une nouvelle équipe dirigeante chez Nissan en fin d'année dernière, ainsi que l'annonce prochaine de nouveaux projets industriels entre Renault, Nissan et Mitsubishi, l'Alliance est désormais relancée dans une logique conquérante", a-t-il indiqué.

Polyglotte, ce fils de banquier d’affaires a aussi la réputation de manager avec une certaine classe toute italienne. Nous avons pu le constater lors d’une interview qu’il nous a accordée au siège de Seat à Martorelle. Il regrettait alors que Seat ne soit pas une marque plus forte dans son propre pays. L’Espagne restera proche de l’homme dans ses nouvelles fonctions, car Renault y possède une belle empreinte industrielle avec des usines à Valladolid, Palencia et Séville.

Sa maîtrise du français vient de sa scolarité. Il a étudié en français jusqu’à ses 14 ans. Il parle également allemand et anglais en plus de l’italien et de l’espagnol.

Son retour chez Renault par la grande porte sonne un peu comme une revanche, car il y avait débuté sa carrière. Il devra néanmoins y user de toute sa diplomatie, car la maison Renault est très politique en plus d’être secouée par l’affaire Carlos Ghosn. Il s’agit aussi de ménager les relations avec Nissan, la marque "cousine" au sein de l’Alliance. L’expérience de de Meo chez Toyota pourrait sur ce point arriver à point nommé.

Fan de technologie

"Luca de Meo est quelqu’un qui s’intéresse très fort à l’énergie, un domaine dans lequel il a développé une certaine expertise au fil des ans. C’est un fan de technologie", nous dit un collaborateur chez Seat.

Réussite espagnole

"Nous allons retrouver la fierté de la marque Seat et lui rendre le prestige qu’elle mérite", avait promis Luca de Meo en janvier 2016. Avec le succès retrouvé de la marque, notamment grâce à ses SUV, l’homme a réussi son pari et Seat n’est plus le maillon faible du groupe Volkswagen.

Révolutionnaire dans les idées

Un collaborateur de Seat décrit de Meo comme un "Manager qui est toujours assez révolutionnaire dans les idées, mais qui n’a rien de dictateur dans les formes. Il essaye toujours d’amener les équipes avec lui en les amenant dans sa vision."

 

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