Lukas Dhont, le Belge de Cannes 2018

©BELGA

La sélection officielle ainsi que la programmation des sections parallèles ont été annoncées, hier. Cannes 2018 fera surtout place aux nouveaux talents. Et à un seul réalisateur belge. Lukas Dhont n’a que 27 ans.

C’est toujours la conférence de presse la plus attendue de la mi-avril que celle donnée par Thierry Frémaux et Pierre Lescure pour le Festival de Cannes. Cette fois, les grands réalisateurs habitués de la compétition comme Lars Von Trier, Xavier Dolan ou Paolo Sorrentino ne sont pas au programme. Pour des raisons de timing, apparemment. Mais pas que.

Cannes doit, vraisemblablement, faire face à la concurrence de Venise ou de Toronto qui, ces dernières années, ont donné une sorte de preview des Oscars. Aussi, la 71e édition cannoise est singulièrement ouverte à de nouveaux talents. Comme celui de Lukas Dhont. À vingt-sept ans, son premier long métrage, "Girl", est sélectionné dans la section "Un Certain Regard".

Le réalisateur Thierry Frémaux et le président du Festival de Cannes Pierre Lescure ont révélé ce jeudi la sélection officielle de cette 71e édition. ©AFP

 

La ballerine transgenre

Diplômé de la Karsk, l’académie d’art de Gand, Lukas a jusqu’à présent réalisé plusieurs courts métrages et clips musicaux. Son nom est, du reste, lié à celui d’Oscar & The Wolf pour lequel il a réalisé le clip de "Strange Entity". Son style est singulier et dans tous les cas, il se focalise sur des thèmes liés à la jeunesse. Produit par Menuet, qui s’occupe également des films de Félix Van Groeningen ("La Merditude des Choses", "Alabama Monroe", "Belgica"), "Girl" a déjà un synopsis fort séduisant et actuel.

En effet, le premier long-métrage de Lukas est l’histoire d’une ballerine transgenre. À quinze ans, Lara rêve de devenir une étoile de la danse. Son père l’encourage dans cette voie. Mais le corps de Lara ne se plie pas aussi facilement aux exigences de son art. Car Lara est un garçon. Le tournage s’est déroulé l’été dernier avec un casting très jeune. Les scènes de ballet ont été dirigées par le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui. Le rôle de Lara est tenu par Victor Polster dont c’est le premier rôle au cinéma.

Fasciné par le monde de la danse et très intéressé par la question du genre, Lukas Dhont se présente volontiers comme un cinéaste humaniste. S’il choisit de faire des films très personnels, il ne s’agit pas pour autant de récits autobiographiques.

"Le plus excitant" du Benelux

Avant le tournage de "Girl", le jeune réalisateur a participé avec son scénario à la Cinéfondation de Cannes ainsi qu’à d’autres ateliers d’écriture. Et son projet a été décrit par le magazine Screen comme étant la chose la plus excitante provenant du Bénélux en 2018. Sa sélection cannoise, Lukas la qualifie de tout simplement incroyable. C’est la première fois depuis trente ans qu’un film flamand à cet honneur.

La cuvée 2018

C’est avec un couple de stars que s’ouvrira Cannes 2018, le 8 mai prochain: Penelope Cruz et Javier Bardem sont à l’affiche de "Everybody Knows" de Asghar Farhadi. La France sera présente dans la sélection officielle avec quatre films dont le très attendu Stéphane Brizé "En guerre" et "Plaire aimer et courir vite" de Christophe Honoré. Spike Lee, qui avait disparu des radars depuis un moment, fera son retour avec "Black Klansman".

Sur vingt films sélectionnés dans la compétition officielle, seuls trois sont l’œuvre de femmes réalisatrices. Il s’agit de "Les filles du soleil" d’Eva Husson, "Capharnaüm" de Nadine Labaki et "Lazarro Felice" d’Alice Rohrwacher.

Le Festival mettra tout en œuvre pour que les réalisateurs iranien, Jafar Panahi, et russe, Sirill Serebrenikov puissent être présents pour défendre leurs films ("Three Faces" et "Leto") malgré l’interdiction de quitter leurs pays respectifs.

Un autre grand événement de cette 71e édition sera certainement la présentation hors compétition de "Solo: A Star Wars Story" réalisé par Ron Howard.


D’autres Belges à Cannes?

Cette année, les Belges à Cannes seront peu nombreux. Mais on pourra compter sur Virginie Efira et Benoît Poelvoorde qui font partie du casting de "Le Grand Bain", le nouveau film de Gilles Lellouche. Ce film sera présenté hors compétition.

Pas de selfie, pas de Netflix

Les organisateurs du Festival interdiront formellement les selfies sur les marches et le tapis rouge. D’abord parce que ça ralentit le cortège, ensuite, parce que, comme l’a dit Pierre Lescure, neuf fois sur dix, les selfies sont moches.

Pour ce qui est de l’absence des films produits – ou dont les droits sont détenus – par Netflix (comme un inédit d’Orson Welles), elle est justifiée par le fait que ces œuvres n’ont aucune diffusion en salles.

 

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