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Marc Benioff, icône philanthrope de la tech US

Chaque année, Marc Benioff prononce un grand discours à ses employés de Salesforce, à San Francisco. ©Bloomberg

Le pétillant patron de Salesforce, Marc Benioff, pur produit de l’intelligentsia californienne libérale, et sa femme s’offrent le célèbre magazine américain Time pour 190 millions de dollars.

François Hollande, ex-président français, garde un souvenir mitigé de sa rencontre avec ce colosse de deux mètres de haut. Connu pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité, des plus puissants aux plus petits, Marc Benioff s’est pointé avec une bonne demi-heure de retard à l’Élysée, en mode hilare. Il n’avait pas vu le temps passer, trop occupé à son shopping parisien avec femme et enfants.

À bientôt 54 ans, le patron de Salesforce est une figure mythique, même burlesque, de la tech californienne. "Je suis là pour vous divertir, vous inspirer, vous motiver… et vous aimer", lance-t-il à la foule venue écouter sa prêche annuelle à San Francisco. Depuis quelques années, il est à la tête du premier employeur privé de la baie. Sous son leadership, sa société Salesforce  a atteint une valeur de marché de 106 milliards de dollars et devrait enregistrer 10 milliards de dollars de revenus en 2018.

Le profil
  • Né le 25 septembre 1964 à San Francisco.
  • Diplômé de la Burlingame High School en 1982, il a fondé la société Liberty Software à l’âge de 15 ans.
  • Durant ses études à l’université de Californie du Sud, il réalise un internship chez Apple.
  • Il travaille chez Oracle pendant 13 ans, années durant lesquelles il sera promu vice-président.
  • En 1999, il fonde la société Salesforce.com.

Entrepreneur né

De son propre aveu, c’est son père, Russell Benioff, qui lui a appris "l’éthique du travail", depuis la petite boutique qu’il tenait à San Francisco. Mais le petit Marc a surtout l’entrepreneuriat dans le sang. Il vend sa première application logiciel "How to Juggle" pour 75 euros à un magazine informatique durant ses études secondaires.

À l’âge de 15 ans, il fonde la société Liberty Software qui développe des jeux pour l’ordinateur Atari 800. Un an plus tard, il gagne déjà 1.500 dollars par mois, ce qui lui permet de payer lui-même son minerval à l’université de Californie du Sud. Durant ses études universitaires, il obtient un job étudiant en tant que programmeur dans la division Macintosh chez Apple  . "Cet été-là, j’ai découvert qu’il était possible pour un entrepreneur d’encourager des idées révolutionnaires", dira-t-il plus tard.

Bromance avec Larry Ellison

La grande innovation de Salesforce? Vendre aux entreprises un service accessible en ligne plutôt qu'un logiciel à installer. ©Bloomberg

Il fait ensuite ses premières classes chez Oracle   dont il gravit rapidement les échelons jusqu’à devenir vice-président à l’âge de 26 ans. Il devient très proche de son fondateur, Larry Ellison qui devient son mentor. "Ils ont navigué ensemble sur la mer Méditerranée, visité le Japon durant la floraison des cerisiers, fêté Thanksgiving et ont même partagé des doubles rencards", écrira la journaliste et auteure américaine Carlye Adler.

Mais au bout de 13 ans, Marc Benioff veut du neuf. Il fonde Salesforce avec la conviction qu’il ne fallait plus vendre des logiciels que les entreprises doivent installer elles-mêmes mais qu’il faut les laisser avoir accès à des applications d’entreprise depuis leur navigateur web. Au début, Larry Ellison l’encourage et met même deux millions d’euros dans l’aventure mais très vite, la relation tourne au vinaigre lorsque Marc Benioff découvre qu’Oracle travaille sur une offre concurrente.

Défenseur de la justice sociale

Le magazine américain Forbes a honoré Marc Benioff parmi les plus grands philanthropes du pays, aux côtés d'Oprah Winfrey, du couple Gates ou du chanteur Bon Jovi. Le patron de Salesforce est assis sur le bureau, au centre de la photo. ©EPA

Homme d’affaires à succès, Marc Benioff est également un fervent défenseur des causes humanitaires et de la justice sociale. Il a popularisé le modèle 1-1-1 (voir l'encadré) en entreprise et n’a pas peur d’exprimer ses opinions politiques comme lorsqu’il critique la décision de Donald Trump de sortir des Accords de Paris sur le climat.

LE MODÈLE 1-1-1

Marc Benioff est un grand promoteur du modèle philanthropique d’entreprise 1-1-1:: 1% du capital, 1% du temps des employés et 1% des produits de Salesforce sont attribués à des œuvres de charité. Les causes qu’il soutient sont variées: égalité homme/femme, LGBT. Ses donations atteignent plusieurs millions de dollars.

Steve Jobs

Plusieurs décennies après son boulot d’étudiant comme programmeur dans la division Macintosh d’Apple, Marc Benioff rendra visite à Steve Jobs, une fois par trimestre, pour un grand brainstorming. Aujourd’hui encore, il ne manque jamais une occasion de se référer au fondateur du groupe à la pomme lors de son speach annuel.

L’égal de tous

Le patron de Salesforce parle d’égal à égal avec les grands de ce monde. L’ex-président américain, Barack Obama, dégageait toujours du temps pour dîner avec lui quand il passait par San Francisco.

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