Marcello Foa, nouveau et controversé visage de la RAI

Marcello Foa, présenté par la presse italienne comme un "souverainiste" proche de la Ligue et un défenseur de Vladimir Poutine, a été proposé pour prendre la tête de la RAI. Une nomination politique qui a suscité une volée de critiques à droite comme à gauche.

Il est le vrai visage de la "révolution culturelle au sein de la RAI" fièrement pré-annoncée par le vice-président du gouvernement italien, Luigi Di Maio. Tout juste désigné candidat à la présidence de la Radio-télévision nationale, le grand groupe audiovisuel public de la péninsule, le journaliste Marcello Foa ressemble parfaitement à l’exécutif qui veut lui confier cette mission si ambitieuse et délicate.

Foa pourrait devenir l’involontaire coupable du déchirement définitif entre la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia, le mouvement de Silvio Berlusconi.

Intellectuel iconoclaste, habilement irrévérent, aimant nager à contre-courant, Foa est un professionnel de l’information chevronné, depuis toujours au service des médias italiens et des principaux quotidiens de la Suisse italienne, sa seconde patrie.

Né à Milan en 1963, avec, derrière lui, une jeunesse paisible à Lugano et une indéniable expérience professionnelle, Foa ne fait pourtant pas l’unanimité.

Le profil
  • Le journaliste Marcello Foa est né à Milan le 30 septembre 1963.
  • Diplômé en Sciences politiques, il commence à travailler en 1984 pour le journal suisse Gazzetta Ticinese.
  • En 1989, il est choisi pour codiriger la section "Monde" du quotidien italien Il Giornale.
  • En 2011, il est nommé directeur général du quotidien suisse Corriere del Ticino.
  • Le gouvernement italien vient de le désigner comme nouveau président de la RAI.

Sa candidature, fortement voulue par les deux partis qui dominent aujourd’hui l’échiquier politique italien – le Mouvement Cinq étoiles (M5S) et la Ligue –, a soulevé doutes et polémiques, même au sein du camp de la droite, désormais dominé par la personnalité corrosive du patron de la Ligue, Matteo Salvini. Le choix de Foa aurait été, selon les dernières indiscrétions, la raison d’une virulente altercation entre le ministre de l’Intérieur Salvini et le vieux sphinx de la politique nationale, Silvio Berlusconi. Ce dernier s’opposerait, en effet, avec son parti – Forza Italia – à la candidature du journaliste et promet de poser son veto au moment du vote de la "Commission de vigilance" de la RAI. Or, si ce veto devait vraiment être posé, Foa pourrait devenir l’involontaire coupable du déchirement définitif du centre-droit italien.

Le journaliste a pourtant grandi au sein du quotidien chéri de la famille Berlusconi, Il Giornale. En 1989, il est nommé codirecteur de la section "Monde", qu’il pilotera pendant de longues années à partir de 1993.

Foa entame ainsi son envol international. Il est un témoin privilégié de la réunification allemande et, ensuite, de l’effondrement de l’Union soviétique. Il assiste à la difficile constitution de la Russie de Boris Eltsine et au déferlement politique de son successeur, Vladimir Poutine.

Professionnel apprécié à l’étranger comme en Italie, il est souvent appelé à mettre son expérience au service de médias internationaux, comme la BBC, Russia Today et la chaîne de télévision franco-allemande Arte.

Affable, toujours souriant, tenu en haute estime par ses collègues, en 2005 il devient envoyé spécial de Il Giornale et commence, ainsi, à se partager entre ses reportages en Occident et au Moyen-Orient, ses cours universitaires en journalisme, et des propos souvent considérés peu "politiquement corrects" sur les réseaux sociaux, qui lui ont parfois valu de vives critiques.

En 2011, il quitte la ville de Milan pour diriger le Corriere del Ticino, le principal journal suisse italophone. Aujourd’hui, si les souhaits de l’exécutif italien devaient se réaliser, Foa sera appelé à mener une mission encore plus névralgique. Et il promet de mettre au service du pays tout "l’engagement sincère et l’honnêteté intellectuelle" dont il est capable.

"Dégoût"

L’un des tweets de ce paladin du nouveau souverainisme italien a récemment soulevé une vive polémique nationale. "Dégoût", a-t-il écrit en évoquant un récent discours, résolument européiste, du chef de l’État, Sergio Mattarella.

Merci en vidéo

En vacances en Grèce, Foa a remercié avec une petite vidéo tous ceux qui soutiennent sa candidature à la présidence de la RAI. "En moins de 24 heures ma vie a complètement changé", explique-t-il avec son sourire habituel.

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