Marco Bizzarri, l'homme qui révolutionne Gucci

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Il est en train de redéfinir les règles et les équilibres de la mode. Le patron de la maison de prêt-à-porter de luxe Gucci, Marco Bizzarri, gagne parce qu’il n’a jamais peur d’oser.

En 2017, grâce à sa direction, à la fois audacieuse et agressive, les ventes de la prestigieuse griffe florentine ont connu une augmentation de 45%. Aujourd’hui, Gucci – qui représente, après des années très difficiles, le principal contributeur aux profits du géant du luxe Kering – affiche son ambition d’atteindre la barre des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. De quoi faire trembler tous ses concurrents. à commencer par Louis Vuitton, la marque phare détenue par LVMH.

Mais derrière les impressionnantes performances de Gucci et ses formidables appétits de croissance, il n’y a que le visage sympathique, aux rondeurs presque enfantines, de Marco Bizzarri, 55 ans.

Stratège digital

Désinvolte, énergique, subtilement ironique, ce grand expert de la mode a transformé, en quelques années seulement, une douloureuse dérive commerciale en un succès planétaire.

Le profil
  • Né à Reggio Emilia, en 1962.
  • En 1986, il commence à travailler auprès de l’entreprise de conseil, Accenture.
  • Sa carrière au sein de Kering commence en 2005, lorsqu’il prend les rênes de la marque Stella McCartney.
  • En 2009, il devient le CEO de Bottega Veneta.
  • En décembre 2014, François-Henri Pinault lui confie la direction de Gucci.

"Pour réussir dans ce secteur il faut être dans l’émotion mais aussi un peu téméraire. Il faut connaître ses propres employés et écouter toujours attentivement les jeunes", explique Bizzari au quotidien Corriere della Sera. L’importance des "millennials" (15-35 ans) a, en effet, poussé le dirigeant à mettre sur pied une stratégie digitale extrêmement efficace qui permet de séduire les nouvelles générations et de fidéliser les clients traditionnels.

Aujourd’hui, plus de la moitié du chiffre d’affaires de la maison est due aux achats d’une clientèle très jeune mais exigeante, séduite par le style iconoclaste et flamboyant de la griffe. L’expérience de Marco Bizzarri auprès de Gucci n’est pourtant pas née sous les meilleurs auspices. Il raconte volontiers que lorsque François-Henri Pinault lui demande de prendre les rênes de la marque, il n’en avait aucune envie mais ne pouvait bien évidemment pas se permettre le luxe d’un refus.

Métamorphose

"La société se portait bien mal à l’époque… Mais avec le temps je suis tombé amoureux de cette griffe, c’est celle qui, dans l’univers de la mode, me ressemble le plus", explique-t-il.

Sous sa direction, Gucci a subi une métamorphose: le dirigeant italien a choisi la stratégie de la tabula rasa. Il recommence de zéro, en choisissant un nouveau directeur artistique et en encourageant la création de pièces et accessoires par lesquels la maison réinvente le concept d’élégance.

Une courageuse politique du changement fondée sur une longue expérience au sein de Kering. Bizzarri travaille pour le groupe depuis 2005 et a dirigé les marques Stella McCartney, Bottega Veneta avant de se voir confier le pôle "Luxe, Couture et Maroquinerie". Fils unique d’un couple d’ouvriers de la céramique, Bizzarri a grandi dans un contexte familial modeste à Rubiera, en Italie du Nord. Choyé par ses parents, brillant dans ses études, il aime se souvenir avec fierté de ses origines et avoue que, malgré une carrière qui le pousse à voyager à travers le monde, la petite ville de Rubiera, perdue dans la plaine du Pô, reste pour lui l’image même de la paix familiale et d’une enfance qui n’avait rien de luxueux mais qui était pleinement heureuse.

Folie responsable
Lors de son premier rendez-vous avec Alessandro Michele, l’actuel directeur de la création de Gucci, Marco Bizzarri pense que ce styliste est suffisamment "fou" pour lui confier la responsabilité de transformer l’identité de la marque.

Critiques violentes
A son arrivée à la direction de Gucci, les critiques à l’égard de la griffe sur les réseaux sociaux furent si violentes que Marco Bizzarri a préféré ne rien lire pendant trois mois.

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