Mark Read, un as du digital à la tête du n° 1 de la pub

©REUTERS

Fin de l’ère Martin Sorrell chez WPP. C’est un fidèle du groupe qui a été nommé pour prendre les commandes du numéro un mondial de la publicité.

L’annonce de sa nomination est arrivée plus vite que prévu. Mais la rumeur était trop forte. À la veille de la publication des résultats semestriels de WPP  , le conseil d’administration du n°1 mondial de la publicité a nommé à sa tête un de ses plus fidèles serviteurs. Co-COO du groupe, Mark Read (51 ans) succède à l’emblématique Martin Sorrell, fondateur du groupe. Le septuagénaire avait dû quitter ses fonctions en avril dernier pour "comportement inapproprié" (il est question de harcèlement, de dépenses inopportunes, etc. sans que l’affaire n’ait encore été réellement éclaircie à ce jour).

Le fondateur de WPP Martin Sorrell a été emporté par des accusations de harcèlement et de dépenses innoportunes. ©REUTERS

Mark Read a fait quasi toute sa carrière chez WPP, holding d’agences de com’ créée de toutes pièces par Martin Sorrell au milieu des années 80 au départ d’un simple fabricant de chariots en plastique. Ce Londonien diplômé en économie de Cambridge y est entré en 1989 avant de rejoindre le cabinet de conseil en stratégie Booz & Company puis de cofonder une start-up, WebRewards, axée sur les programmes de fidélisation des consommateurs.

Une holding tentaculaire

N°1 mondial de la communication, WPP a grandi à coups d’acquisitions menées au forceps par Martin Sorrell dans différents métiers: publicité, relations publiques, digital, stratégie médias, design… Elle compte 3.000 agences employant plus de 200.000 personnes dans 112 pays. Parmi ses principales agences figurent de grands noms comme Ogilvy, JWT, Grey, Y&R, Wunderman, Kantar, Hill & Knowlton, GroupM, etc.

Transparence salariale

Martin Sorrell était réputé être le patron le mieux payé de Grande-Bretagne, Mark Read ne touchera "que" 975.000 livres par an. Il faut cependant y ajouter plusieurs bonus, indique WPP dans le communiqué annonçant sa nomination: prime annuelle pouvant aller jusqu’à 250% du salaire, plan d’intéressement sur 5 ans sous forme de prime de 350% en fonction de ses performances, etc.

Or noir

De retour chez WPP en 2002, ce pedigree "internet" va l’aider dans son ascension au sein du groupe puisqu’il prendra en charge la direction des activités digitales avant d’être propulsé à la tête de Wunderman, réseau actif dans l’exploitation des data – "l’or noir" des publicitaires – puis, en avril 2018, comme co-COO du groupe suite au départ de Sorrell. Cette expertise a vraisemblablement plaidé pour sa nomination comme CEO. Car, comme tous les groupes de com’, WPP est challengé par les géants du digital (Facebook , Google  …) et des cabinets de conseil comme Deloitte ou Accenture  .

Mark Read n’était pourtant pas le seul candidat. Ont été cités d’autres ténors du numérique, comme Tim Armstrong (un dirigeant de Verizon  ) ou David Kennedy, patron de Google Europe et Afrique, mais c’est aussi sa bonne connaissance des arcanes de la holding qui a poussé le conseil d’administration à opter pour cette solution interne. "Ce processus et la manière intelligente et efficace dont Mark a conduit l’entreprise ces derniers mois font que nous n’avons aucun doute qu’il est le bon leader pour le groupe, explique Roberto Quarta, président du conseil d’administration. C’est un directeur général du XXIe siècle". Cet été, WPP a ainsi engrangé plusieurs budgets médias de gros annonceurs comme Adidas  et Mondelez  tout en consolidant ses contrats avec Mars et Shell  .

En interne, la nouvelle est plutôt bien accueillie. "Mark Read comprend les besoins de transformation digitale des clients, indique Yves Baudechon, patron de l’agence belge Social.Lab, spécialisée dans le marketing sur les réseaux sociaux, entrée dans le giron de WPP il y a cinq ans. Comme patron, il est collaboratif, ouvert et sait responsabiliser ses managers. C’est un team player et son background en stratégie et consulting va sans nul doute l’aider à naviguer dans les eaux tumultueuses des relations avec les actionnaires de WPP. Là où un Sorrell acceptait, voire favorisait les affrontements entre agences, Mark Read sera certainement plus enclin à encourager la participation."

Mark Read va devoir simplifier l'organisation du groupe, assainir ses finances et moderniser ses outils. ©AFP


L’intéressé a de son côté affirmé à Reuters: "Ce qui rend WPP si différent grâce à ses collaborateurs, c’est la puissance de la créativité, l’imagination et les idées, mais nous devons associer cela à une compréhension des changements induits par la technologie dans notre secteur." Et d’ajouter par ailleurs: "Notre mission est d’exploiter tout le potentiel du groupe pour le bénéfice de nos clients, d’accélérer notre transformation et de simplifier notre offre."

La simplification de ce groupe tentaculaire figure en effet sur sa feuille de route. Car WPP, ce sont d’innombrables réseaux d’agences qui rendent l’ensemble très compliqué à manœuvrer. Il est d’ailleurs question d’en fusionner certains. L’autre mission de Mark Read sera de redresser les finances de la holding, dont les résultats 2017 ont été les pires depuis la crise financière de 2009.

Une holding tentaculaire

N°1 mondial de la communication, WPP a grandi à coups d’acquisitions menées au forceps par Martin Sorrell dans différents métiers: publicité, relations publiques, digital, stratégie médias, design… Elle compte 3.000 agences employant plus de 200.000 personnes dans 112 pays. Parmi ses principales agences figurent de grands noms comme Ogilvy, JWT, Grey, Y&R, Wunderman, Kantar, Hill & Knowlton, GroupM, etc.

Transparence salariale

Martin Sorrell était réputé être le patron le mieux payé de Grande-Bretagne, Mark Read ne touchera "que" 975.000 livres par an. Il faut cependant y ajouter plusieurs bonus, indique WPP dans le communiqué annonçant sa nomination: prime annuelle pouvant aller jusqu’à 250% du salaire, plan d’intéressement sur 5 ans sous forme de prime de 350% en fonction de ses performances, etc.

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