Markus Villig, un Estonien de 24 ans pour doubler Uber

Une nouvelle licorne est née, avec le jeune CEO estonien Markus Villig à sa tête. La start-up de VTC Taxify a atteint le milliard de dollars de valorisation, après avoir levé 175 millions auprès d’un consortium présidé par Daimler.

En 2013, Markus Villig crée Taxify. Il a 19 ans et termine ses études secondaires. Pour entrer en informatique à la Tartu University, il lance son application, un ersatz d’Uber.

Aujourd’hui, des millions d’utilisateurs ouvrent Taxify chaque jour et la start-up, valorisée actuellement à plus d’un milliard de dollars, s’est implantée dans une quarantaine de villes. Grâce à un tour de table mené par le géant Daimler, Markus Villig est propulsé à la tête d’une licorne. Il doit à présent se rendre au front contre Uber, un concurrent qui montre des faiblesses.

Le profil
  • 1994: Originaire de l’île de Saaremaa, au large de l’Estonie, dans le golfe de Riga.
  • 2013: Termine ses études secondaires et crée Taxify à l’âge de 19 ans.
  • 2014: Suit un semestre d’informatique à la Tartu University, en Estonie, avant de se consacrer à Taxify.
  • 2018: À la tête d’une licorne à seulement 24 ans.

Entrepreneur précoce

Le jeune Markus apprend à développer des applications dès le lycée. À l’époque, un seul objectif: lancer sa start-up. Ses parents financent. Ils lui prêtent 3.000 euros pour créer son joujou, qu’il appellera Taxify.

Sur les bancs de l’université, il voit sa jeune pousse exploser à Tallinn, la capitale estonienne. Une dizaine d’employés y travaille déjà à temps plein. Il convainc ses proches amis et sa famille de s’inscrire et l’application gagne ensuite en popularité dans le pays. Villig abandonne alors sa formation pour se consacrer pleinement à Taxify. Il rejoint ainsi le groupe très fermé des millionnaires sans diplôme aux côtés de Mark Zuckerberg (Facebook) et Bill Gates (Microsoft).

À partir des 3.000 euros prêtés par ses parents cette année-là, Markus développe un empire de la mobilité numérique et commence à engranger les victoires contre Uber sur son propre terrain. Taxify compte aujourd’hui 10 millions d’utilisateurs et un demi-million de chauffeurs, dans plus d’une vingtaine de pays.

"Même si vous êtes numéro 2, vous pouvez toujours être immense", ironisait l’entrepreneur à la conférence Slush 2017. Une philosophie qui a du succès.

D'abord limité aux pays de l'Est, Taxify s'est implanté en Afrique et au Moyen Orient. En décembre dernier, il s'est attaqué au marché parisien. ©REUTERS

Fin mai 2018, le géant automobile Daimler rejoint un consortium d’investisseurs et injecte 175 millions de dollars dans la société estonienne, la valorisant ainsi à un milliard. Parmi les soutiens historiques de la start-up, le colosse des VTC (véhicules de transport avec chauffeur) chinois Didi Chuxing, qui investit massivement dans les concurrents d’Uber.

Taxify se distingue de son concurrent californien par les commissions qu’il applique. La start-up permet à ses chauffeurs d’augmenter leurs revenus en prélevant un minimum de rétribution. Parti de son Estonie natale, Markus Villig a d’abord ciblé les pays de l’Est, l’Afrique et le Moyen-Orient avant de s’attaquer à Paris en décembre dernier.

Pendant ce temps, Uber a plongé dans les scandales internes à répétition et les difficultés financières, à l’inverse de la société de Villig. Et le jeune entrepreneur de rappeler qu’il faut "exploiter les erreurs des concurrents" pour réussir à se développer.

Une vie de start-upper

Avec des années devant lui pour peaufiner Taxify, Villig délaisse les 4 roues pour l’avion, qu’il emprunte régulièrement. Business meetings, conférences… Il confie volontiers qu’il se rend régulièrement dans les antennes locales de sa start-up pour garder un œil sur l’expansion de son appli. Il indique aussi que ces visites lui permettent de s’assurer que les employés sont heureux.

En tête des Baltes

Villig est entré au classement "30 under 30" du magazine Forbes à seulement 24 ans. C’est le plus jeune CEO des pays baltes à entrer dans ce classement.

Business et science-fiction

Dans son temps libre, Villig continue à se former en dévorant des livres sur le commerce international… et la science-fiction. "J’ai réalisé que c’est très important, sinon je ne peux pas supporter autant de travail", raconte-t-il.

Fierté nationale

En 2016, il reçoit le titre de "Best young entrepreneur of Estonia", une récompense présidentielle créée pour montrer le dynamisme des start-ups estoniennes.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content