Miguel Diaz-Canel, le Président mystère

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Miguel Diaz-Canel Bermudez a été désigné mercredi candidat unique pour succéder au président de Cuba, Raul Castro. Ce dernier conservera les leviers du pouvoir en demeurant premier secrétaire du Parti communiste.

Il a presque le même âge que la révolution cubaine. Miguel Diaz-Canel Bermudez devait recevoir un beau cadeau à la veille de ses 58 ans ce 20 avril: rien de moins que la présidence de Cuba. Les rédactrices des revues People lui ont souvent trouvé un physique à la Richard Gere. Celui que Raul Castro a adoubé dès 2013 en le nommant premier vice-président du Conseil d’État, soit numéro deux du régime, demeure pourtant un mystère pour ses compatriotes. Lors de sa nomination il y a cinq ans le frère de Fidel avait déclaré: "Le camarade Diaz-Canel n’est ni un parvenu, ni un intrus. Il ne sort pas de nulle part. Sa trajectoire professionnelle cumule presque 30 années et il a commencé par la base…".

Le profil
  • 20 avril 1960 Naissance à Placetas.
  • 1982 Diplôme d’ingénieur électronicien.
  • Fin des années 1980 Mission internationaliste au Nicaragua.
  • 1994 Premier secrétaire du Parti communiste de Villa Clara.
  • 2009 Ministre de l’Éducation supérieure.
  • 2013 Premier vice-président du Conseil d’État.
  • 19 avril 2018 Président de Cuba.

Cette fois, point d’hommage ou à tout le moins pas pour l’instant. Sur son compte Twitter, Raul Modesto Castro Ruz a préféré jeudi matin rendre hommage à la Révolution. "Diaz-Canel a été dans les jeunesses communistes, premier secrétaire du Parti à Santa Clara. Il n’est pas forcément très brillant, mais Fidel l’avait tout de même repéré. De toute façon, Raul Castro restera premier secrétaire du Parti communiste. Et c’est le Parti qui dirige le pays", conte Luis, ancien officier de la marine de guerre cubaine.

Diaz-Canel, marié, père de deux enfants, ingénieur électronicien de formation, ancien ministre de l’Éducation supérieure, serait plus ouvert sur le monde que la vieille garde. Oublié le vert olive, la couleur des militaires. Le quinquagénaire est un civil. Il ne porte pas d’uniforme et affectionne particulièrement la guayabera, la chemise blanche traditionnelle cubaine. Il serait favorable au développement d’internet à Cuba et à une plus large ouverture de l’économie au secteur privé. Voilà pour les présupposés, car dans l’île communiste, les intentions du nouveau Président restent totalement méconnues.

Sous l’œil des vieux commandants

Diaz-Canel sera le premier président cubain depuis 1958 à ne pas avoir participé à la Révolution. Être un civil et ne pas avoir participé à cette dernière sera un handicap dans un pays où l’armée est toute- puissante. Depuis sa nomination en 2013, le successeur de Raul Castro en est conscient. Il a toujours maintenu un profil bas. En demeurant premier secrétaire du Parti, Raul restera maître du jeu. Ce qui fait dire à Pedro, ancien capitaine de la marine marchande: "Diaz-Canel ne sera qu’une marionnette. Rien de plus." À la manière d’Osvaldo Dorticos, Président de Cuba jusqu’en 1976 et dont le Premier ministre était un certain Fidel Castro qui tirait les ficelles!

Avec ses cheveux poivre et sel, sa prestance incontestable, Diaz-Canel, qui est perçu par ses pairs comme un honnête technicien, devrait se concentrer sur l’économie et évacuer des questions internationales qu’il a pourtant eu l’occasion de maîtriser lors de nombreuses rencontres avec les dirigeants chinois ou russes. Il aura dans les premiers temps pour mission de consolider et de maintenir les acquis de la Révolution. Ce message a été martelé à outrance depuis quelques jours. À près de 60 ans, la révolution des Barbudos ne semble pas près de changer, même avec un nouveau président. L’éternel immobilisme pourrait durer deux mois ou 10 ans. Et il y a fort à parier que Miguel Diaz-Canel n’y changera pas grand-chose.

Une Première Dame
Le nouveau Président est marié en secondes noces à Liz Cuesta, une fonctionnaire. Elle deviendra de facto la première dame de Cuba, une innovation depuis la Révolution, puisque Fidel Castro a toujours maintenu son épouse Dalia Soto del Valle dans l’ombre. Celle de son frère Raul est décédée avant que celui-ci ne soit nommé président.
Fan de Beatles
On sait peu de chose des passions de Miguel Diaz-Canel. L’homme serait un fan des Beatles, un féru d’internet et de bureautique. Lorsqu’il était premier secrétaire du Parti communiste de sa province de Villa Clara (centre), il se déplaçait en vélo dans la capitale provinciale, Santa Clara. Mais personne ne sait si c’est une passion.

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