Mike Manley, au volant de Fiat Chrysler

©REUTERS

Le 7e constructeur automobile mondial amorce un virage serré. Gravement malade, le CEO de FCA, Sergio Marchionne, cède son siège à Mike Manley, patron de la marque Jeep.

Le CEO de Fiat Chrysler Automobiles préparait sa retraite pour avril 2019. Victime à 66 ans de graves complications à la suite d’une opération chirurgicale en juin dernier, il doit lever le pied plus tôt que prévu. Le lauréat à la succession de Sergio Marchionne se nomme Mike Manley. Une tête bien connue de l’industrie automobile: assigné CEO de Jeep en 2009 lors de la reprise par Fiat, le Britannique de 54 ans a transformé la marque américaine en enseigne mondiale, véritable machine à sous. La firme vendait moins de 338.000 voitures en 2009; elle est passée à presque 1,4 million l’année dernière. A l’époque, Manley considère ce poste comme le tournant décisif de sa carrière. Il ne savait pas encore ce qui l’attendait. Selon des analystes, Jeep pourrait aujourd’hui valoir les 35 milliards de dollars. A croire que tout ce que touche Mike Manley se transforme en or.

Le profil
  • Né en 1964 à Edenbridge, en Angleterre
  • Licence en science de l’ingénierie (Université Southbank à Londres) et Master en gestion d’entreprise (Université de Gestion d’Ashridge)
  • Directeur du développement de réseau de DaimlerChrysler UK (2000) puis aux Etats-Unis (2003)
  • CEO des marques Jeep (depuis 2009 et la fusion de Fiat et Chrysler en 2014) et Ram (depuis 2015)

Titulaire d’une licence en ingénierie à Southbank et d’un master en gestion d’entreprise à l’Université d’Ashridge, ses terrains de prédilection sont la vente et la production. Le signal de départ de son parcours est donné chez Swan National, une compagnie de financement automobile. Il travaille ensuite plusieurs années chez des concessionnaires : Renault, Peugeot, Lex Autosales... jusqu’à ce que cette dernière soit rachetée par DaimlerChrysler UK. Il enclenche alors la vitesse supérieure: directeur de la firme au Royaume-Uni puis transféré aux Etats-Unis en 2003. Son expérience approfondie du commerce automobile international lui assure la pole position.

Après la fusion de Fiat et Chrysler en 2014, il prend également la tête de Ram en 2015, la branche de poids-lourds du groupe. Multifonction et full option, qui a dit que les hommes ne pouvaient faire deux choses à la fois ?

Bourreau de travail

Mis en avant par le président de FCA John Elkann, Mike Manley pourrait bien insuffler un vent de nouveauté sur le groupe. Si ses employés le qualifient de sérieux, concentré sur les hautes performances et l’innovation, certains experts craignent qu’il n’ait pas les épaules aussi larges que Marchionne pour assurer la tête du groupe. Les 14 ans de mandat du patron italien seront aussi difficiles à surclasser. Les deux dirigeants partagent cependant quelques point communs. Notamment leur acharnement professionnel. Véritables bourreaux de travail, ils attendent des résultats irréprochables de leurs collaborateurs directs – malheureusement pour eux. " J’avais beau lui rendre un rapport de cinquante pages, il le parcourait en quelques minutes à peine et pouvait pointer un chiffre incorrect. Il pouvait également dire si le rapport était atténué par des euphémismes placés pour lui faire plaisir ou si l’ensemble du document était solide ou à jeter", racontait un des collaborateurs de Manley il y a quelques années.

L’ex-patron de Fiat Chrysler Automobiles et son successeur préfèrent également s’habiller de façon informelle, enfilant un pull noir plutôt qu’un costume-cravate. Le but? Gagner du temps le matin.

Si Mike Manley risque de souffrir de la comparaison avec son prédécesseur, il devra également relever de nombreux défis. A commencer par le plan stratégique 2018-2022 présenté début juin par Marchionne. Un des objectifs: doubler le volume de ventes de Jeep d’ici 2022, à partir des 1,4 million écoulées l’année dernière. Manley doit déjà augmenter les ventes de 40% cette année s’il veut atteindre la somme de 2 millions de Jeeps vendues pour 2018... chiffre établi aussi par Marchionne. Pour frapper plus vite que l’ombre planante de l’Italien, Mike Manley devra maintenir la pédale de l’acccélérateur bien enfoncée.

Une relève difficile
Mike Manley sera sans doute attendu au tournant. Marchionne est considéré comme un ténor de l’industrie. Assigné à la tête de Fiat depuis 2004, il sauve le constructeur automobile de la faillite : enregistrant des pertes de 6 milliards d’euros en 2003, la firme italienne retournait déjà dans le vert en 2005.

Indépendant à l’avenir?
Lors de l’assemblée générale du groupe en avril dernier, le président John Elkann et Sergio Marchionne avaient déclaré que Fiat Chrysler était désormais assez puissant pour survivre seul, n’ayant plus besoin de partenaire. Une volonté aujourd’hui réaffirmée par Fiat. Mike Manley ira dans ce sens pour assurer le futur "fort et indépendant" de FCA.

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