Mike Pompeo, un faucon diplomate en chef des Etats-Unis

Les démocrates s’inquiètent de voir Mike Pompeo, un ultra-conservateur proche du président Trump, prendre les rênes de la diplomatie américaine.

Mike Pompeo a été confirmé comme secrétaire d’État américain jeudi en séance plénière du Sénat après avoir failli essuyer l’affront d’un vote négatif à la commission des Affaires étrangères lundi.

En 2017, il avait été confirmé sans difficulté comme directeur de la CIA, poste qu’il va quitter pour prendre la tête de la diplomatie américaine. À l’époque, les démocrates n’avaient pas trop tiqué à l’idée qu’un faucon connu pour ses positions ultra-conservatrices (anti-gay et avortement, par exemple) dirige les renseignements américains. La diplomatie, c’est autre chose.

Le profil
  • Diplômé de l’académie militaire de West Point et de l’université de Harvard (droit).
  • A servi dans l’armée américaine de 1986 à 1991, notamment en Allemagne.
  • Travaille au sein d’un cabinet d’avocats entre 1994 et 1998 avant de cofonder une entreprise aéronautique (Thayer Aerospace). Travaille ensuite dans le secteur des services pétroliers.
  • Élu député du Kansas en 2010 (dans les rangs du Tea Party), avec l’aide financière des frères Koch.
  • Prend la tête de la CIA en janvier 2017.
  • Nommé secrétaire d’État en mars 2018.

 "Je ne veux pas voter pour faire de quelqu’un d’antidiplomate le diplomate en chef du pays", a résumé le sénateur démocrate Tim Kaine. Il faut dire que Kaine fut le colistier d’Hillary Clinton en 2016. Clinton que le député Pompeo avait plutôt malmenée lorsqu’elle avait été entendue au Congrès dans le cadre de l’affaire Benghazi en 2015.

Cela étant, il est vrai que Pompeo est connu pour son franc-parler et ses positions tranchées. Il est d’ailleurs sur la même longueur d’ondes que Trump sur la plupart des sujets (sauf qu’il se méfie bien plus de Moscou), ce qui inquiète doublement les démocrates.

Même s’il a tenté d’arrondir les angles pendant son audition devant le Sénat, Pompeo s’est déclaré opposé à l’accord nucléaire iranien dans le passé. Il s’est dit en faveur d’un changement de régime en Corée du Nord et s’est opposé à la fermeture de la prison de Guantanamo. Après l’attentat de Boston, en 2013, il avait affirmé que le silence de la communauté musulmane en faisait potentiellement la "complice" d’actes terroristes. Il remet par ailleurs en question les causes humaines des changements climatiques.

Dans les faits, Pompeo a déjà fait sa place dans la politique étrangère de Trump. Cela fait des mois qu’il œuvre à l’ouverture d’un dialogue avec Pyongyang. Il y a quelques semaines, il a même rencontré Kim Jong-Un lors d’une mission secrète à Pyongyang qui visait à préparer le prochain sommet entre le leader nord-coréen et Trump.

Signes rassurants

Mike Pompeo le jour de sa nomination à la tête de la CIA, le 23 janvier 2017 ©Photo News

Au département d’État, il semblerait même que l’on se réjouisse de son arrivée après la gestion catastrophique de son prédécesseur, Rex Tillerson. En tant que directeur de la CIA, Pompeo avait favorisé les promotions internes, plutôt que de placer des personnes extérieures à des postes clés. Au département d’État, où de nombreux diplomates ont claqué la porte depuis janvier 2017, on espère qu’il fera de même.

Et le fait qu’il ait consulté Clinton et John Kerry, un autre ancien secrétaire d’État, pour écouter leurs conseils a également contribué à rassurer une partie de ses nouvelles troupes.

Il zappe la Russie

C’est Mike Pompeo qui présentait au président Trump les briefings quotidiens de la CIA. Selon une source haut placée des renseignements américains, citée par le Washington Post, Pompeo zappait régulièrement les éléments concernant la Russie qui se trouvaient repris dans le briefing, histoire de ne pas fâcher son patron.

Sa lettre à Soleimani

Qasem Soleimani est l’un des hommes les plus puissants du régime iranien. C’est lui qui commande la force Al-Qods, l’unité d’élite des Gardiens de la révolution islamique présente notamment en Syrie et en Irak. Une influence au Moyen-Orient que Pompeo voit d’un mauvais œil (comme tous les Américains) et il ne s’est pas gêné pour l’expliquer dans une lettre qu’il a adressée à Soleimani. "Il a refusé d’ouvrir la lettre", a-t-il expliqué lors d’une conférence en décembre 2017, ajoutant que cela ne lui avait "pas brisé le cœur".

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