Naftali Bennett, le chef de la droite nationaliste, prêt à diriger Israël

L'homme d'affaires ayant fait fortune dans les technos et chef de la droite ultra-nationaliste Naftali Bennett s'apprête à devenir Premier ministre d'Israël.

Dès jeudi matin, au lendemain de la signature de l'accord de coalition, le futur Premier ministre israélien Naftali Bennett était placé sous protection du Shin Bet, le service de sécurité intérieure. Des menaces venaient d'être proférées à son encontre après qu'il eut rejoint la large coalition dirigée par le centriste Yaïr Lapid, c'est dire le climat tendu pesant sur la genèse d'un gouvernement aussi historique qu'hétéroclite.

Naftali Bennett, ex-secrétaire de Benyamin Netanyahou, se positionne à la droite de son ancien maître sur l'échiquier politique. La kippa sur la tête, le verbe franc, il aime provoquer, parfois durement, comme lorsqu'il affirme un jour que "si le Hezbollah tire des missiles sur le territoire israélien, cela reviendrait à renvoyer le Liban au Moyen-Âge".

Après avoir passé plusieurs années au service de Netanyahou, il est prêt aujourd'hui à le rejeter dans l'opposition. Une fois cette mission accomplie, il lui restera à prouver qu'il a la force de tenir l'attelage gouvernemental malgré son profil radical.

Cet homme d'affaires de 49 ans, père de quatre enfants, ultra-nationaliste et religieux, devra diriger un gouvernement d'union nationale, composé de partis aux programmes diamétralement opposés. Son parti, Yamina, prône une économie ultralibérale et l'annexion de la Cisjordanie aux deux tiers. Deux visées contraires à celles du parti Meretz d'extrême gauche, lui aussi dans la coalition.

Homme d'affaires

Lors de son service militaire, Naftali Bennett était membre de l'unité d'élite "Sayeret Matkal", l'équivalent des SAS britanniques, comme Benyamin Netanyahou. Peu après, il a fait fortune dans les affaires en fondant plusieurs start-ups, un parcours classique en Israël.

Sa réussite est Cyotta, une entreprise spécialisée dans la lutte contre la fraude sur internet, fondée en 1999 avec quelques amis dans un jardin public à Jérusalem. Après avoir dirigé cette société depuis les États-Unis, il l'a cédée à un groupe spécialisé dans la cyber-sécurité pour un montant de 145 millions de dollars.

Un parcours chaotique

Naftali Bennett entre en politique après la vente de sa start-up. Il est d'abord conseiller de campagne au Likoud, avant de prendre la tête du Conseil de la Judée et Samarie en 2010. Il veut y imposer une gestion "high tech" et moderniser les implantations, ce qui lui attire les foudres des anciens.

En 2012, il quitte le Likoud (droite) pour diriger un parti nationaliste religieux, le Foyer juif, grâce auquel il obtient plusieurs postes ministériels. En 2018, il fonde le parti de la Nouvelle Droite, mais la formation n'atteint pas le seuil des 3,25% nécessaire pour entrer à la Knesset. Éjecté du pouvoir par Netanyahou, il lance une nouvelle formation, Yamina ("vers la droite"), qui obtient sept sièges aux élections de septembre 2019, ce qui lui permet de retourner au gouvernement.

S'il ne jouit pas d'une grande popularité, Naftali Bennett s'est toutefois distingué en tant que ministre de la Défense en 2020 lors de la pandémie de Covid-19, en coordonnant les mesures sanitaires sur un mode quasi militaire.

Le profil

  • Naftali Bennett est né à Haïfa et diplômé en droit. Lors de son service militaire, il est enrôlé dans l'unité d'élite secrète, Sayeret Matkal. En 1999, il fonde la start-up Cyotta, la revend puis se lance en politique.
  • Il est député à la Knesset depuis 2013.
  • En 2012, il quitte le Likoud pour diriger successivement le Foyer Juif, Nouvelle Droite puis Yamina. Il a été ministre des Affaires religieuses, de l'Économie (2013-2015), de la Diaspora (2013-2019), de l'Éducation (2015-2019) et de la Défense (2019-2020).

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