Narendra Modi, le visage de l'Inde nationaliste

La plus grande démocratie du monde, comptant 1,3 milliard d’habitants, a réélu ce jeudi le nationaliste hindou, Narendra Modi, après six semaines de vote.

Le célèbre "homme du peuple", Narendra Modi, a été reconduit ce jeudi pour un mandat de cinq ans en Inde. Doté d’un sens politique redoutable et pratiquant une ultra-personnification du pouvoir, il a fait tourner cette élection autour de sa personne. Fils d’un vendeur de thé du Gujarat, région de l’ouest de l’Inde, le Premier ministre indien est devenu l’un des hommes politiques les plus puissants d’Asie. Les élections législatives indiennes ont été les plus grandes jamais organisées au monde, avec 900 millions d’électeurs.

Le profil
  • Septembre 1950: Narendra Modi est né en Inde.
  • 2001: nommé ministre en chef de son État natal, le Gujarat, jusque 2014.
  • 2014: élu Premier ministre de l’Inde le 26 mai 2014.
  • 2016: Narendra Modi retire les billets de 500 et 1.000 roupies (6,5 et 13 euros) pour lutter contre la corruption, l’impact économique fut important.
  • Mai 2019: réélu pour un deuxième mandat en tant que Premier ministre.

À 68 ans, Narendra Modi est l’une des figures emblématiques de son pays. Il promet l’avènement d’une "nouvelle Inde" se positionnant parmi les plus grandes puissances de la planète. Le Bharatiya Janata Party (BJP), son parti de droite nationaliste hindoue, prône un discours ethnoreligieux, un danger pour la diversité indienne selon ses opposants. La suprématie hindoue était un élément clé de la campagne de Modi, se voulant en protecteur de l’Inde face à son adversaire pakistanais. Depuis le début de son mandat, Modi a tenté de réduire les programmes de santé et de protection sociale, et d’augmenter les investissements étrangers dans l’économie indienne.

En Inde, que ça soit à la télé, dans les journaux, sur internet ou encore dans la rue, le Premier ministre est partout. Une première pour le pays, qui n’avait plus connu cette omniprésence d’un dirigeant au sein de l’espace public depuis la Première ministre Indira Gandhi, dont le petit-fils était le principal adversaire de Modi aux élections législatives.

Une stratégie unique de communication

Le chef du gouvernement indien se dote d’une stratégie de communication plutôt inhabituelle. Refusant généralement toute interview ou conférence de presse, il préfère les réseaux sociaux et les rassemblements populaires. Au cours de son premier mandat, Modi a tenu 142 rassemblements à travers le pays, une façon pour lui de contrôler les messages diffusés à la population.

Le profil
  • Septembre 1950: Narendra Modi est né en Inde.
  • 2001: nommé ministre en chef de son État natal, le Gujarat, jusque 2014.
  • 2014: élu Premier ministre de l’Inde le 26 mai 2014.
  • 2016: Narendra Modi retire les billets de 500 et 1.000 roupies (6,5 et 13 euros) pour lutter contre la corruption, l’impact économique fut important.
  • Mai 2019: réélu pour un deuxième mandat en tant que Premier ministre.

La majeure partie de ses déclarations officielles se fait en hindi, langue de 41% des Indiens, et rarement en anglais comme le font ses adversaires. Son but est de privilégier un lien direct avec son peuple. Ses opposants lui reprochent notamment de promouvoir la position des hindous au sein de la société indienne.

Son premier mandat aura été ponctué de coups forts comme les bombardements au Pakistan sur un camp d’entraînement islamiste en février, ou encore sa décision en 2016 de retirer les billets de 500 et 1.000 roupies (6,5 et 13 euros) pour lutter contre la corruption. Cette mesure avait engendré une pagaille monumentale dans le pays vu que l’État n’avait pas prévu suffisamment de nouveaux billets pour remplacer ceux qui représentaient 90% des espèces en circulation. Le Premier ministre a fait de cet événement une opportunité politique pour se mettre du côté du peuple, en se présentant comme l’ultime rempart contre la corruption.

Adepte de Twitter

Narendra Modi a fait de Twitter son principal moyen de communication, maintenant suivi par 47 millions de personnes. Adepte des réseaux sociaux, le Premier ministre réagit à toutes les nouvelles, en passant d’un accident de car meurtrier aux lynchages perpétrés par des milices au nom de la défense de la vache sacrée.

Un homme du peuple

Fils d’un simple vendeur de thé du Gujarat, une région de l’ouest en Inde, Narendra Modi est maintenant une des figures les plus puissantes d’Asie du Sud. Le Premier ministre fait régulièrement référence à sa position d’homme "d’origine modeste" pour inspirer son peuple, en particulier les jeunes, ce qui lui vaut une grande popularité.

Une pointe d’extrémisme

Jeune, Modi a baigné dans l’idéologie du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), une organisation nationaliste hindoue de droite et paramilitaire intimement liée à son parti politique, le BJP. Le RSS, qui s’inspire des mouvements d’extrême droite européens, est souvent critiqué pour son côté extrémiste, ses discours islamophobes et xénophobes et sa conception raciale du peuple indien.

 

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