Oliver Blume, le boss qui dit "Auf wiedersehen diesel"

©EPA

Oliver Blume, le CEO de Porsche, est un homme du sérail du groupe Volkswagen. Le fait qu’il annonce que la marque de prestige arrête le diesel, n’en est que plus emblématique.

Oliver Blume est un technicien, un ingénieur mécanique pragmatique avec, il faut le dire, une certaine dose de classe. Ce n’est certainement pas de gaieté de cœur que le CEO de Porsche  , qui a pris ses fonctions il y a 3 ans, dit aujourd’hui au revoir au diesel.

Le profil
  • Né à Brunswick en 1968 (Basse-Saxe). Il obtient son diplôme d’ingénieur mécanique en 1994 dans sa ville natale.
  • A 28 ans, il était en charge de la carrosserie et de la peinture de l’Audi A3.
  • Il devient assistant exécutif de production chez Audi et obtient son PhD en technologie des véhicules.
  • Il s’occupera ensuite pendant 5 ans du planning chez Seat puis 5 ans chez Volkswagen avant de rejoindre Porsche en 2013.

Dans l’industrie, on pense en effet que la technologie diesel, même si fort décriée depuis l’éclatement du "dieselgate", continuera à avoir un rôle important pour diminuer l’empreinte écologique de l’automobile dans les prochaines années. Porsche a pourtant annoncé dimanche devenir le premier constructeur automobile d’Allemagne à sortir du diesel, et ce trois ans après la découverte de l’escroquerie des moteurs truqués orchestrée par le géant Volkswagen  .

Oliver Blume a par contre encore défendu la technologie diesel, qui reste une "technologie d’avenir" pour d’autres constructeurs, notamment VW ou Audi  . "Le marché a tué le diesel. Que tout ce que l’on dit sur le diesel soit vrai ou pas, cela ne compte plus", assenait en présage Sergio Marchionne, l’emblématique patron de Fiat Chrysler Automobiles  , lors de son dernier salon de Genève en mars dernier, cinq mois avant son décès.

Oliver Blume a rappelé dimanche que les moteurs diesel de ses Porsche étaient achetés à Volkswagen et non développés par Porsche. Une argumentation que Oliver Blume avait déjà tenue dans notre journal il y a un an environ. Il y expliquait alors que sans le diesel, Porsche pourrait quand même atteindre les moyennes CO2 imposées par l’Europe. Porsche vend en effet de plus en plus de véhicules hybrides avec des moyennes CO2 basses.

La Taycan , le futur véhicule électrique de Porsche. ©doc

En 2019, la marque comptera également sa première voiture 100% électrique, la Taycan. Une voiture qui promet 1.200 nouveaux emplois chez Porsche, qui va investir la bagatelle de 600 millions d’euros dans la mobilité électrique.

Inscrit dans les astres

Depuis février, Porsche avait déjà sorti de son catalogue les versions diesel de ses bolides. De quoi attiser la curiosité des journalistes et observateurs. Ce qui s’est avéré être un "test" bien accueilli par sa clientèle, disait dimanche Blume.

Porsche doit faire rêver, les messages négatifs envoyés par le dieselgate ne collent donc pas trop à cette image que cultive la marque. "L’image de Porsche a quand même souffert. La crise du diesel nous a créé beaucoup d’ennuis", a ainsi justifié Blume.

L’homme en connaît un rayon sur les motorisations et la production. Lui-même a optimalisé le planning de production de Seat et Volkswagen avant de siéger depuis 2013 à la tête de la production et de la logistique chez Porsche. "En raison de son expertise technique particulièrement élevée et de son remarquable esprit d’équipe, nous avons trouvé le meilleur successeur possible de Matthias Müller dans Oliver Blume", disait de lui le président du conseil d’administration de Porsche, le patriarche Wolfgang Porsche. "Oliver Blume a un grand cœur. Il est l’un des nôtres. C’est un Porschiste de bout en bout. Ce que j’aime chez lui, c’est sa nature terre à terre, son attitude sociale et sa manière d’inspirer nos collègues", ajoutait-il.

Amateur de semi-marathons et père de deux filles, Blume est donc le premier patron de l’automobile européenne à s’engager dans la voie du "sans diesel". C’est évidemment plus simple quand on est à la tête d’une marque de prestige comme Porsche pour laquelle les prix élevés des véhicules hybrides et électriques sont moins un problème.

Reste à voir si d’autres marques emboîteront le pas à Oliver Blume. Peu de chance de voir des marques de volume, même premium, lui emboîter le pas rapidement. Reste à voir ce qui se passera à moyen terme.

©Porsche

Battant

Oliver Blume a passé toute sa carrière dans le groupe Volkswagen. La crise du diesel l’a donc rendu "très triste", nous confiait-il il y a un an. "Nous avons une capacité à nous battre au sein du groupe. La qualité d’une équipe, vous pouvez la voir quand vous avez une crise comme celle-ci", pointait-il alors.

Esprit d’équipe

Oliver Blume est vu chez Porsche comme quelqu’un avec un vrai esprit d’équipe. Une valeur fondamentale, à côté de l’engagement professionnel, pour le patron domicilié au cœur de Stuttgart.

Crise et opportunité

Si le scandale du diesel a secoué tout le monde au sein du groupe Volkswagen, il s’est aussi avéré une opportunité de carrière pour certains. Oliver Blume a vu son patron d’alors Matthias Müller prendre les rênes de tout le groupe Volkswagen. Lui-même deviendra alors CEO d’une des marques les plus prestigieuse du groupe.

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