Pablo Isla | Le CEO d'Inditex, meilleur businessman de l'année

Le CEO du géant du prêt-à-porter espagnol a été élu, pour la deuxième année consécutive, meilleur businessman de l’année par la prestigieuse Harvard Business Review. Une reconnaissance très publique pour un homme très privé.

Pablo Isla Alvarez de Tejera, 54 ans, préfère cultiver l’effacement. Il donne rarement des interviews, n’assiste pas à l’inauguration des boutiques des huit marques du groupe (Zara, Massimo Dutti, Pull & Bear, etc.) qu’il préfère visiter une fois qu’elles sont ouvertes, ne se prononce pas sur l’actualité et préfère se définir comme un chef d’orchestre qui sait "faire jouer au bon moment les bons instruments et les grands spécialistes". C’est à ces spécialistes, aux plus de 171.000 employés d’Inditex que M. Isla a d’ailleurs dédié sa récompense américaine. "Intelligent, sobre, discret, avec une apparence un peu timide, un sourire et une amabilité permanentes. Il transmet beaucoup d’assurance", a dit de lui Ramon Adell, le vice président de la Fédération espagnole des chefs d’entreprise. "Avant de parler, il préfère écouter."

Un peu un mystère

Pablo Isla est donc un peu un mystère. Né en 1964 à Madrid, marié, père de trois enfants, deux filles et un garçon, éduqué dans un collège jésuite, juriste de formation, il a su gagner la confiance et l’amitié du fondateur d’Inditex, Amancio Ortega. Il serait également proche de César Alierta, l’ancien patron de la multinationale Telefonica, devenu son "parrain " dans le monde de l’entreprise quand il lui a succédé à la tête de la compagnie de tabac Altadis, en 2000.

CV Express
  • Naissance à Madrid en 1964.
  • Il se licencie en droit à l’Université Complutense de Madrid en 1987. L’année suivante, il devient avocat d’État.
  • De 1988 à 1991, il travaille au service juridique du ministère des transports et des communications.
  • En 1992, il devient conseiller juridique du Banco Popular (où il reviendra en 2000), et ce jusqu’en 1996.
  • Il est directeur du patrimoine de l’État de 1996 à 1998.
  • En juillet 2000, il devient coprésident d’Altadis.
  • En 2005, Inditex l’engage en tant que directeur exécutif.
  • Il devient le président d’Inditex en 2011.

C’est en 2005 que M. Ortega, qui a besoin d’un nouveau directeur général pour Inditex, tombe sous le charme discret de ce jeune dirigeant de 41 ans. Pour le dénicher, il a demandé les services des chasseurs de tête de Korn Ferry.

Ceux-ci trouvent en Pablo Isla, qui copréside alors Altadis et sa filiale de logistique Logista, un responsable au CV bien rempli qui a fait carrière entre le public et le privé. Avocat d’État à 24 ans (il est le premier de sa promotion), il a été directeur des services juridiques de Banco Popular à 28 ans, puis directeur général du patrimoine de l’État. Quand, en 2000, il prend les rênes d’Altadis, il n’a que 36 ans.

Amancio Ortega et Pablo Isla se sont tout de suite très bien entendus. Lorsque le fondateur d’Inditex le désigne pour lui succéder à la présidence fin 2011, après seulement six ans à la direction, il exprime "l’assurance qu’il est le meilleur pour l’avenir de la compagnie ". Pablo Isla, de son côté, éloge le style de son prédécesseur "son non-conformisme, sa capacité d’autocritique, son ambition mais à la fois son humilité" et exprime le désir de gérer le géant textile, "comme si nous étions une PME".

Futur tout tracé

Ça lui a plutôt réussi. En dix ans, la valeur de la maison mère de Zara a été multipliée par sept. Elle s’est lancée sur le marché chinois dès 2006 et en 2007 dans la vente en ligne, où Inditex réalise maintenant plus de 10% de son chiffre d’affaires, estimé à 25,3 milliards d’euros en 2017. Quant à son futur, Pablo Isla assure qu’il est tout tracé. "Vous me verrez toute ma vie à Inditex", assurait-il en 2009. Rien ne semble pour l’instant lui avoir fait changer d’avis. Pablo Isla a aussi fait évoluer Inditex vers plus de responsabilité environnementale. Il a ainsi promis d’éliminer tous les ingrédients toxiques de la chaîne d’approvisionnement d’ici 2020. Il possède également 1.933.560 actions d’Inditex, ce qui lui fait une fortune d’un peu plus de 48 millions d’euros

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