Pavel Dourov, le Mark Zuckerberg russe

L’homologue slave du patron de Facebook a connu des jours meilleurs. Les autorités russes veulent bloquer l’alternative à WhatsApp que Pavel Dourov a mise sur pied en 2013 et qui compte aujourd’hui 200 millions d’utilisateurs.

Alors même que Mark Zuckerberg, fondateur et patron de Facebook, est dans la tourmente outre-Atlantique, son homologue russe, Pavel Dourov, l’est presque tout autant. Les autorités du pays ont en effet demandé vendredi à la Justice du pays de bloquer son service de messagerie instantanée, Telegram, car il refuse de fournir aux services spéciaux (FSB) les clés permettant de lire les messages de certains de ses utilisateurs.

Une demande de taille – s’inscrivant dans une lutte menée par Vladimir Poutine contre l’extrémisme et le terrorisme au sein de la Mère Patrie – quand on sait que l’application compte quelque 200 millions d’utilisateurs actifs de par le monde, en croissance annuelle de plus de 70% sur la plupart de ses marchés – sans générer de revenus par ailleurs.

Le profil
  • Né en 1984 à Leningrad, devenu Saint-Pétersbourg.
  • En 2006, il sort diplômé de la Faculté de philologie de l’université d’État et fonde le réseau social VK, sorte de Facebook russe.
  • En 2013, il lance le service de messagerie instantanée Telegram, alternative à WhatsApp.
  • En 2014, il quitte la Russie, invoquant des tensions avec les autorités.
  • En 2018, ces mêmes autorités demandent à la Justice de bloquer Telegram.

Critiqué à d’autres égards

Mais l’homme aux commandes en a vu d’autres dans sa récente conquête du web en terres de Dostoïevski et de Tolstoï. Et ce, pour des raisons similaires à l’attaque qu’il doit essuyer actuellement. Le nom du milliardaire Pavel Dourov a beaucoup circulé au moment des attentats de Bruxelles et de Paris. En cause, le fait que les terroristes à l’œuvre utilisaient son application, permettant de crypter les communications, pour s’échanger des informations.

À l’époque, l’Etat islamique y dispose de 78 comptes publics au moins, sans que rien ne soit fait pour les supprimer. Résultat, Theresa May, Première ministre britannique, avait été jusqu’à demander "une plus grande coopération" de la part de ce type de plateforme, lire une ouverture aux autorités compétentes.

Une position qui persiste aujourd’hui, ne rendant que plus dangereuse l’épée de Damoclès dont l’ombre plane au-dessus de Telegram, mais qui n’empêche pas l’homme fort de rester impassible: "Une telle menace ne portera pas de fruit. Nous nous battrons toujours pour la liberté et la confidentialité", déclarait-il encore récemment sur Twitter. D’ailleurs, il dit lui-même avoir une sainte horreur "de la bureaucratie, des polices d’Etat, des gouvernements centralisés, des guerres, du socialisme et de l’excès de régulation".

Facebook bis

Né en 1984, l’"enfant terrible de l’internet russe", comme certains le qualifient, est connu pour avoir fondé en 2006 le réseau social ultra-populaire par-delà l’Ukraine, VKontakte (VK), avec son frère Nikolaï, au sortir de ses études en philologie à l’université d’État de Saint-Pétersbourg.

En quelques années à peine, les deux hommes imposent leur plateforme comme un Facebook bis dans la région avec plus de 250 millions d’utilisateurs, avant de subir l’opprobre du Kremlin, dit-il, pour avoir refusé de donner l’accès aux profils des manifestants et opposants lors de la crise ukrainienne de fin 2013 à début 2014.

Contraint de s’exiler, le duo met alors sur pied le service de messagerie instantanée Telegram, alternative à WhatsApp en quelque sorte. Une revanche qui est aujourd’hui menacée de mort.

Vadrouille forcée

En 2014, il quitte la Russie pour de bon avec son frère, invoquant des tensions avec les autorités. À partir de là, il adopte un mode de vie nomade, louant des bureaux à gauche et à droite, de Paris à Bali en passant par Dubai ou encore les Maldives.

Milliardaire

Grâce à la vente, en 2015, de 12% des parts qu’il détenait dans le réseau social VK, l’entrepreneur obtient la coquette somme de 300 millions de dollars, d’après les chiffres qui circulent à l’époque.Quelques années plus tard, sa fortune est désormais estimée à 1,7 milliard de dollars, selon Forbes, ce qui fait de lui le 1.394e homme le plus riche du monde.

De noir vêtu

Steve Jobs, fondateur d’Apple, était connu pour son look reconnaissable entre mille, composé d’un pull noir à col roulé couplé à un jean bleu. Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, pour son t-shirt gris à manches courtes. Pavel Dourov, lui, est un adepte du noir intégral. De la tête aux pieds.

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