Phil Popham, le pilote assure le virage électrique de Lotus

Arnaud Martin

À la tête de Lotus depuis octobre 2018, Phil Popham compte sur l’électrique pour relancer la marque emblématique. Il espère aussi largement augmenter les ventes du constructeur britannique.

Rachetée en 2017 par le groupe chinois Geely, la prestigieuse marque de bolide Lotus se cherche un nouveau souffle. Celui-ci sera électrique. L’heure est venue pour l’une des plus célèbres marques au monde de se repenser. Pour cela, l’entreprise qui ne dispose toujours que d’un seul site de production en Grande-Bretagne vient de multiplier les annonces marquantes. La plus importante est celle du lancement prochain du modèle Evija, un bolide 100% électrique. L’innovation est d’autant plus attendue qu’elle est la première nouveauté depuis dix ans pour le groupe.

Le profil
  • 1965: Naissance à Redditch au Royaume-Uni
  • 1988: Diplôme en management et début chez Land Rover
  • 1998: Passage durant deux ans chez Volkswagen
  • 2013: Il devient directeur marketing de Jaguar Land Rover
  • 2014: CEO de Sunseeker
  • Octobre 2018: CEO de Lotus Cars

Si la technologie sera différente sous le capot, Evija sera de la trempe des voitures de la marque britannique. "Ce sera la plus puissante voiture commercialisée du monde. Deux mille chevaux et de 0 à 297 km/h en moins de neuf secondes, une vitesse de pointe de 320 km/h. C’est un bout d’ingénierie phénoménal", souffle-t-on du côté de Lotus. Il faudra donc revoir sérieusement l’activité de l’entreprise. Pour transformer la ligne de production mais aussi l’agrandir. Car la marque aimerait aussi, en parallèle, voir plus de Lotus sur les routes. Alors que les ventes ne dépassent habituellement pas les 2.000 véhicules par an, Lotus ne serait pas contre l’idée de passer la barre des 5.000 voitures produites. L’ambition pourrait ainsi pousser les actionnaires de Lotus à investir des millions, notamment dans la construction d’un nouveau site de production.

Pour accomplir tous ces défis, les nouveaux propriétaires comptent sur Phil Popham. Ce Britannique de 53 ans est à la tête de Lotus depuis le mois d’octobre dernier. L’homme est convaincu par l’intérêt de l’électrification des voitures. "À long terme, chacun de nos nouveaux modèles pourra être complètement électrique. C’est là que le marché va, du côté de la technologie comme des tendances de consommation. Donc il faut y être", expliquait le patron à l’agence AFP. Le PDG y croit tellement qu’il préfère sauter l’étape du modèle hybride qui, selon lui, n’est pas adapté aux voitures de sport en raison du poids supplémentaire qu’apporte la technologie.

L’électrique comme moteur

L’homme est convaincu par l’intérêt de l’électrification des voitures. "Il faut être dans la technologie électrique. Elle fait partie du futur. Dans un avenir proche, toutes nos voitures intégreront une dimension électrique", a-t-il déclaré récemment à l’AFP.

Fan de foot, un peu moins de Twitter

Phil Popham est connu comme un fan de l’équipe de football West Bromwich Albion. En témoigne son compte Twitter. Activé depuis 2012, il compte 12 abonnements, 22 abonnés et un seul tweet. Il concerne son équipe favorite.

Made in Land Rover

Phil Popham est évidemment un fin connaisseur du secteur. En réalité, l’automobile, c’est même presque toute sa vie professionnelle. Après ses études de management à l’Université Ashton de Birmingham, il rejoint le groupe Land Rover où il avait effectué un stage. Il restera près d’une vingtaine d’années, multipliant les postes, notamment à la tête du marketing et de la direction, passant dans une série de régions différentes dont l’Afrique du Sud et l’Amérique du nord.

En 1998, il quitte toutefois temporairement le groupe pour le concurrent Volkswagen. La pause dans son expérience ne durera toutefois que deux ans. De retour chez Land Rover, Phil Popham continue à gravir les échelons, passant par la direction de la Grande-Bretagne avant de reprendre la direction générale en 2005 de Land Rover. Son ascension ne s’arrête pas là. Le Britannique est ensuite en charge de la vente pour le groupe Jaguar Land Rover, puis du marketing.

Sa longue expérience au sein du groupe s’arrête définitivement en 2014. Il passe alors du bitume à la mer et devient le CEO de Sunseeker, une entreprise spécialisée dans la construction de yachts de luxe. Désormais spécialiste de l’automobile et du luxe, la combinaison était visiblement parfaite pour convaincre la direction de Lotus.

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